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20 milliards d’emprunt obligataire dans la Zone CEMAC

L’initiative est de la Société Financière Internationale

Une initiative de la SFI
Le 10 novembre dernier a eu lieu la cérémonie de lancement d’un emprunt obligataire dans la zone CEMAC, une initiative de la Société Financière International (SFI). La cérémonie a été célébrée avec solennité, en présence du ministre camerounais des Finances, de la vice-présidente de la Société financière internationale pour l’Afrique, du directeur général de la Banque internationale pour l’épargne et le crédit (BICEC), et d’autres acteurs du marché financier dans la sous-région. De manière concrète, l’émission d’obligations est de 20 milliards FCFA. Le nombre d’obligations de 2 000 000, ce qui ramène le prix d’une émission à 10 000 FCFA. 750 000 émissions ont été réservées pour le Cameroun. L’emprunt s’adresse aux investisseurs de la zone francs Cfa et arrive à maturité dans 5 ans à un taux de 4,25%. Le calendrier de l’emprunt obligataire prévoit les souscriptions sur la période allant du 23 au 27 novembre 2009. Pour la date d’acquisition effective, elle est fixée au 7 décembre prochain.

Soutenir les PME
L’objectif déclaré de l’emprunt est de permettre une dynamisation de l’entreprenariat privé, une des missions de la SFI, au travers des mécanismes souples d’accès au financement. Ces fonds sont destinés à être réinvestis au profit de l’Afrique centrale. Il est question de développer le secteur des petites et moyennes entreprises (Pme) au Cameroun par le biais d’un prêt à une institution financière, de financer directement des projets, d’appuyer le secteur des Pme au Congo au moyen de prêts à long terme, en vue de faciliter les crédits d’investissement. Une autre part de l’emprunt sera consentie à long terme à une institution financière de la République centrafricaine pour faciliter la relance du secteur de la production et les PME.

Une répétition pour les marchés financiers la zone CEMAC
Fait peu courant et même rare, l’emprunt sera émis en monnaie locale, ce qui devrait permettre, au-delà de son objectif initial de Financement, d’accélérer le développement du marché financier régional, d’initier les intervenants du marché local aux standards et pratiques de classe internationale. Lazare Essimi Menye, ministre des Finances, affirme que cette initiative marque « le début d’un chemin qui, pour l’avenir, va donner la possibilité aux pays de la zone CEMAC de développer leurs économies ». « Cet emprunt arrive au moment où la bourse de Douala réalise des progrès remarquables » rajoute-t-il. Il a fallu trois ans de négociations pour voir cet emprunt obligataire émis.

Les experts de l’intermédiation financière sont sceptiques
Les experts de l’intermédiation financière trouvent cette ultime démarche assez spécieuse. Un emprunt obligataire trouve toute sa pertinence dans un contexte de confiance totale entre le secteur privé et l’Etat. De toute évidence le rôle de la SFI semble se limiter à l’apport de la caution morale. Une vision trop simple de la capacité du secteur privé de la sous région à anticiper sur les difficultés futures. Les récentes dérives des institutions financières de la sous région (BEAC et BDEAC), ont diminué le crédit moral que leur accorde le secteur privé sous-régional. Le scandale des milliards détournés à la BEAC reste une illustration trop récente. D’un autre coté si une large communication a été faite sur le taux d’intérêt dont bénéficieront les soumissionnaires, rien n’est dit sur les risques encourus dans l’opération. Pire, rien n’est dit sur la protection juridique des soumissions, dans un contexte où le droit des affaires se heurte encore aux considérations d’ordre public. Enfin les délais prévus pour effectuer les opérations sont très courts et à moins d’en avoir été informé à l’avance, les soumissionnaires n’auront pas le temps matériel d’apprécier l’offre.
Ces derniers temps les mouvement militants contre les pratiques de ré endettement des Etats par les institutions financières internationales ont amené ces dernières à se servir du prétexte de la relance du secteur privé pour faire le marché de la dette, via le financement des initiatives de petits et moyens échelons.

Financer les initiatives, crédo de la SFI
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