2008/2011: 3 ans d’incompétence et de duplicité du ministère du commerce

Le réseau associatif des consommateurs de l’énergie réagit à l’anniversaire des émeutes de la faim

Il y a trois (03) ans jour pour jour, plus précisément au mois de Février 2008, le Cameroun connaissait les toutes premières émeutes de la faim de son histoire. A l’occasion de ce triste anniversaire et au nom du Mouvement consommateur national, le RACE (Réseau Associatif des Consommateurs de l’Energie) a choisi de faire un bilan succinct de l’action gouvernementale dans la lutte contre la vie chère, notamment en mettant en relief, la perfidie du MINCOMMERCE (Ministère du Commerce) depuis ces évènements.

Comme tout le monde le sait, aux lendemains de cette révolte sociale inédite, du reste vertement matée dans le sang, le gouvernement avait relativement vite réagi. Malheureusement, hormis l’augmentation de 15% des salaires des fonctionnaires, le train de mesures contre la pression inflationniste décidé le 07 Mars 2008 par le Président de la République lui-même, n’a jamais été réellement suivi d’effets.

Et pour cause, les relais administratifs, dont le premier est le MINCOMMERCE, chargés d’appliquer ces directives gouvernementales, ont gravement failli à leurs missions ; obligeant l’immense majorité des consommateurs à continuer à souffrir le martyr en silence, à la fois confrontés à une inflation exponentielle et à la baisse implacable de leur pouvoir d’achat.

Pour expliquer la pénurie chronique des produits de consommation de base et la hausse vertigineuse des prix des denrées observées ces derniers mois dans nos marchés, le MINCOMMERCE dirigé par M. Luc Magloire MBARGA ATANGANA, n’hésite pas à invoquer des raisons faciles telles que la crise alimentaire mondiale, les aléas de la production agricole locale, la cherté du fret maritime, le surexposage dans les ports des marchandises importées et bien d’autres arguties saugrenus.

Bref, Monsieur le Ministre du Commerce s’est volontiers fait le porte-voix des importateurs et autres producteurs. Il s’est notamment illustré par son incapacité notoire à prononcer et appliquer la moindre véritable sanction contre les nombreux opérateurs économiques véreux, passés maitres dans l’art de la filouterie douanière, de l’arnaque et de la spéculation à outrance.

Et pourtant, nonobstant l’absence d’un statut légal du consommateur, l’article 3 de la loi N°90/031 du 10 Août 1990 régissant l’activité commerciale au Cameroun dit clairement ce qui suit : « L’activité commerciale doit s’orienter vers l’amélioration de la qualité de vie ainsi que la satisfaction des besoins du consommateur, tant au niveau des prix que de la qualité des biens et services offerts. ».

Malheureusement, depuis sa nomination au gouvernement, le 08 décembre 2004, M. Luc Magloire MBARGA ATANGANA a choisit tout bonnement d’ignorer cette disposition législative, se bornant à servir sans vergogne les intérêts des opérateurs économiques au détriment des consommateurs. Tous les droits sont pertinemment reconnus aux opérateurs des différentes filières commerçantes, le soutien aux usagers se limitant uniquement à une litanie de discours démagogiques et autres annonces médiatiques pompeuses.

Ces pratiques indues font peser de lourds soupçons de collusion d’intérêts maffieux entre les opérateurs économiques indélicats et quelques fonctionnaires du MINCOMMERCE, alimentant parallèlement un fort sentiment d’injustice chez les consommateurs.

Le RACE dénonce cette duplicité manifeste et l’incapacité avérée du Ministère du Commerce à satisfaire aux attentes des consommateurs. Et pour tous ces manquements graves, nous demandons la démission de M. Luc Magloire MBARGA ATANGANA.

Toutefois, si la gestion calamiteuse et l’incompétence caractérisent l’Administration en charge du Commerce, ces 02 facteurs seuls ne suffisent pas à justifier l’échec évident du gouvernement à assurer le bien-être du consommateur.
A la fourberie et aux défaillances du MINCOMMERCE, il faut ajouter des causes plus objectives telles que l’inexorable perte de notre souveraineté alimentaire, les mauvaises orientations économiques, l’inertie endémique, la corruption et l’absence d’une vision prospective du gouvernement de la République sur les questions relatives à la consommation.

Cela dit, devant l’autisme apparent des pouvoirs publics, sourds aux cris de désespoir des millions de consommateurs, notamment ceux issus des catégories populaires, on peut dire, sans risque de se tromper, que le décor est à nouveau planté pour une nouvelle flambée de violences contre la vie chère au Cameroun.

Plus qu’hier, tous les consommateurs Camerounais exclus et laissé-pour-compte du système économique sont debout. Avec détermination, ils s’opposent à une société inamovible qui méprise leur dignité et ignore leurs droits fondamentaux.
Cette propension à une action énergique est renforcée par le succès retentissant des récents soulèvements populaires sur fond de revendications sociales en Tunisie et en Egypte.

Pour éviter un nouveau chaos à notre pays, à l’instar de celui survenu en Février 2008, il est temps que les politiques prennent toute la mesure de cette situation potentiellement explosive et apportent une réponse juste et durable à la demande sociale actuelle.
Dans le cas contraire, nous avons la ferme conviction que les mêmes causes produiront fatalement les mêmes effets.

Paul Gérémie BIKIDIK
Journalducameroun.com)/n


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