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2010 au Cameroun: Une année au bilan très mitigé aux regards des attentes

De nombreux chantiers non engagés, le sport improductif, un bilan social lourd et la politique sauvée par le cinquantenaire des armées

De nombreux efforts à fournir pour l’économie
2010 aura été une année pleine d’espoir à ses débuts. Le président venait d’annoncer une série d’évènements qui devaient marquer la célébration des cinquantenaires des indépendances du Cameroun, les étudiants devaient recevoir une bourse spéciale, une grande fête du monde rural devrait être organisée, et enfin 2010 était aussi l’année du début des démarrages des grands travaux. Pourtant, l’année a été dure, très dure même. Sur le plan économique, la conjoncture a poussé le gouvernement à réajuster le budget. « Une pratique normale », a fait savoir le ministre Essimi Menye en charge des finances. Dans le même temps, les chiffres de l’institut national de la statistique sont inflexibles. Le dernier recensement général fait état de près de 10 millions de chômeurs, le secteur informel est trop important, la part des investissements camerounais est assez réduite. De bonnes notes cependant au plan de la diplomatie économique, de nombreuses initiatives ont été accueillies au Cameroun. Des missions économiques turques, françaises et allemandes ont visité les uns après les autres, le Cameroun. De bonnes nouvelles dans l’exploitation minière. Une concession a été donnée pour l’exploitation des diamants, l’entreprise Bolewen quant à elle annonce la découverte d’importants gisements de pétrole. L’économie aura aussi été marquée par deux extrêmes. La mort tragique de la quasi-totalité du conseil d’administration de Sundance ressources, une importante entreprise australienne en négociation avec le Cameroun pour l’exploitation du fer de Mbalam. Les dossiers sont en stand by. Une bonne nouvelle en toute fin d’année, la réussite par le Cameroun de son tout premier emprunt obligataire. Fait unique pour être soulevé, la somme de 200 milliards de francs CFA aura été pour la première fois levée en zone FCFA.

Au plan social, l’actualité a été dominée par la célébration des cinquantenaires. Beaucoup d’ambitions, mais au final, l’évènement sera resté une fête de l’élite. De nombreux camerounais ne comprennent toujours pas ce que signifie Africa 21, du nom de la rencontre d’experts en vue de réfléchir sur la situation de l’Afrique. Le concours du logo a prêté à controverse, des travaux initiés sur cette base sont aujourd’hui aux arrêts, et le bilan financier de la célébration reste inconnu. Sur le plan de la liberté de la presse, la mort d’un journaliste, Bibi Ngota, a relancé le débat sur la liberté de la presse au Cameroun et fait chuter le Cameroun dans le classement de Reporters sans frontières. L’actualité socia aura aussi été marquée par l’affaire des biens mal acquis, avec pour la première fois l’indexation de Paul Biya le président camerounais. En fin d’année, un tribunal de Paris a reçu la plainte d’une association camerounaise. L’année sociale 2010 a aussi été marquée par de nombreux échecs, le plus important étant celui du comice agro pastoral. Plusieurs fois reporté. Un communiqué de la présidence l’annonce finalement pour le 17 janvier prochain. Toujours au plan social, l’année 2010 a été celle des pénuries. Manque d’eau, rareté de certaines vivres sur les marchés et surtout pas de sucre. Enfin l’épidémie du choléra. Une des plus meurtrières que la Cameroun ait connue ces dernières années. Près de 800 morts, selon des sources onusiennes et un tâtonnement de l’Etat, qui s’est à chaque fois laissé devancer et n’a pris les bonnes décisions qu’en dernier ressort.

Le lion politique relancé à Bamenda, les lions sportifs dans les cages
Sur le plan politique, l’année aura été riche d’évènements avec notamment le débat sur ELECAM, l’organe en charge de la gestion des élections au Cameroun. Sa légitimité a été fortement contestée. La présidence le reconnait à demi mot. Un texte de dernière minute sauvera l’institution. Toujours sur le plan politique, le come back de Paul Biya à Bamenda. L’armée aidant, il en profité pour clarifier sa vision du Cameroun anglophone. Nous ne pouvons faire sans les anglophones a-t-il dit. Au plus haut de l’actualité politique, la rencontre entre Paul Biya et son rival depuis 20 ans John Fru Ndi. Le dernier point de l’année 2010 concerne le sport. Aucun titre majeur remporté sur la scène internationale. Les débâcles des lions en coupe d’Afrique des nations en Angola et en coupe du monde font encore débat. Au final, de nombreux scandales, dans une ambiance d’ésotérisme, d’égo et de lute d’influence. Les lions finissent avant-derniers du tournoi. Par la suite on apprend que de grosses sommes d’argent ont été distribuées. Les remboursements n’ont pas été suivis et le rapport reste attendu. Enfin sur le plan sportif, Mbango Françoise, la championne camerounaise d’athlétisme, jette l’éponge et décide de devenir française. Trop d’intrigues, trop de problèmes personnels. Une note positive, Eto’o est consacré pour la quatrième fois meilleur joueur africain, et remporte pour la deuxième fois consécutive le triplé, championnat, champions league et coupe d’Italie.

La rencontre Fru Ndi Biya restera l’acte politique fort de 2010 au Cameroun
PRC)/n


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