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Crise anglophone: la mission du PM perçue comme de la «provocation»

Le Premier ministre camerounais, Philemon Yang. ©Droits réservés

Philemon Yang doit conduire une dĂ©lĂ©gation d’Ă©lite dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du 15 au 24 octobre afin de discuter avec les populations. Pour l’avocat Agbor Bala, cette visite ne saurait apaiser les tensions.

L’avocat Nkongho Agbor Bala a encore au travers de la gorge les violences exercées dans le Nord-Ouest et le  Sud-Ouest les 22 septembre et 01er octobre dernier. Pour lui, tout ceci ne serait pas arrivé si les autorités avaient laissé la population exercer son droit de manifester pacifiquement.

La gestion des évènements y relatifs continuent de faire l’objet de critiques et ce n’est pas Nkongho Agbor Bala, remis en liberté le 31 août dernier sur décision du chef de l’Etat, qui entendait rester silencieux. Il considère que la visite gouvernementale initiée dans les deux régions anglophones en vue d’un dialogue avec les populations est de la « provocation » et une « moquerie ». Ce d’autant plus, souligne-t-il, que des centaines de personnes ont été arrêtées arbitrairement, des dizaines d’autres ont été blessées par balles et de nombreuses autres ont perdu la vie.

Vendredi, 14 octobre, Le président de la République a enjoint le Premier ministre Philemon Yang, de conduire une délégation d’ «élites» anglophones chargée de discuter directement avec les populations anglophones pour trouver un consensus pour une sortie de crise. Le secrétaire général du cabinet du Premier ministre, Paul Ghogomu, a signé une décision pour former la délégation qui devrait aussi effectuer le déplacement. Plus de 200 noms y figurent, à l’instar de celui de Carl Enow Ngachu, l’Honorable Enow Tanjong…


Philemon Yang repart dans la partie anglophone du pays. Ses dernières descentes n’ont pas réussi à désamorcer la crise qui avait commencé par une grève des enseignants avant de s’étendre aux avocats et puis aux populations. Il avait mené des discussions avec les syndicats des enseignants et avocats en novembre 2016. N’ayant pu aboutir à un compris, ceux-ci ont décidé de poursuivre leur grève. Au mois de mars dernier, il est de nouveau reparti sur le terrain où il a échangé avec les autorités traditionnelles et religieuses, les syndicats, les parents d’élèves, des acteurs susceptibles de ramener la sérénité dans cette zone du pays. Là encore l’initiative n’avait pas eu d’impact réel.

Pour Nkongho Agbor Bala, cette autre initiative ne saurait faire avancer positivement la situation. Seule la libération de toutes les personnes détenues pourrait conduire à un certain apaisement.

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