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26 février 2013: Journée difficile pour certaines organisations de l’opposition

Conférence de presse interdite, arrestation des responsables de la branche des fidèles l’UPC, les autorités de la région du littoral se sont montrées intransigeants

Le 26 février 2013, jour d’anniversaire des émeutes qui avaient secoué le Cameroun en 2008, aura été une journée difficile pour certaines organisations politiques du pays. des responsables de la branche des fidèles de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), le parti historique, ont été arrêtés et devraient être déférés ce mercredi 27 février 2013 devant un juge. Albert MOUTOUDOU, Secrétaire Général de l’UPC et Alexis NDEMA SAME président de l’UPC ont été conduits à la Brigade Territoriale de Bonanjo le quartier administratif de Douala, où ils ont été entendus au bureau spécial des recherches et des enquêtes criminelles par les Lieutenants Mbang Eto et Moussinga Stéphane. Après cette audition, le Lieutenant-colonel ZE a signé une garde à vue de 48 heures renouvelable pour motifs de « trouble à l’ordre public » et « organisation d’une manifestation illégale ». Des faits que réfute Hilaire Hamekoué, le responsable de la communication de ce mouvement. « Nous avons déposé une déclaration normale de manifestation et on n’a pas eu d’accord certes, mais aussi pas de refus. Or en la matière ce qui n’est interdit est permis. Deuxièmement, on nous reproche d’avoir voulu utiliser le jour d’anniversaire des émeutes, ce n’est qu’une pure coïncidence, notre but était de protester contre l’incompétence d’ELECAM, qui à deux jours de la fin des inscriptions annonçait seulement 4,5 millions d’inscrits, loin derrière les 8 millions qu’il avait brandit lors de l’élection présidentielle de 2011 », a fait savoir monsieur Hamekoué.
Viséo conférence de presse interdite du TRIBUNAL ARTICLE 53 à Douala le 22 février 2013

On ignore encore ce qui adviendra des membres de l’UPC qui sont aujourd’hui arrêtés. Une chose est certaine, les autorités semblent être frileuses à l’idée de laisser se dérouler une activité qui pourrait rappeler à la mémoire l’évènement du 26 février 2008. Le 22 février, une conférence de presse organisée au siège du MANIDEM à Douala a elle aussi été interdite. Le motif est le même, « trouble à l’ordre public ». Ses organisateurs crient à la manipulation et précisent que le point de presse avait pour but de revenir sur la détention de deux personnes, Enoh Meyomesse accusé de complicité de trafic d’or et Paul Éric Kingue, arrêté lors des émeutes, et chargé par la suite des affaires de détournements. Les autorités ont surtout en mémoire que c’est un enchaînement de faits, qui avait conduit à l’explosion de 2008. Le 7 février 2008, les conducteurs de taxis, de mototaxis et les transporteurs, sont surpris que le prix du carburant a augmenté sans information préalable. Dans un contexte marqué par la baisse du pouvoir d’achat, ils lancent un préavis de grève pour obtenir une baisse du prix du carburant. Après deux semaines de tractation, le gouvernement ne cède pas. Il maintient le prix du carburant et la colère des transporteurs augmente. A cette hausse de carburant efficiente, s’ajoute également une imminente hausse du prix du pain, qui fait monter la colère d’un cran et généralise le malaise. Le 23 février 2008, une manifestation du député Nintcheu du SDF est violemment stoppée par les forces de l’ordre ajoutant un peu plus à la colère notamment des jeunes. Le 26 février 2008 date du début de la grève, la machine est lancée et ne peut plus s’arrêter. Les jeunes sont dans la rue. Fous de rage, ils cassent et brûlent sur la chaussée les comptoirs de PMUC, les roues de véhicules. Les voies sont barricadées, la circulation est coupée. Les véhicules ne circulent plus. Dans les différents quartiers, c’est l’affrontement avec les forces de l’ordre. On enregistre, des morts, et des blessés graves.. D’autres villes s’embrasent, Bamenda, Limbé, Buea, Bafoussam, Loum, Djombé , Penja, Bafang, Yaoundé et les autres. Le bilan consensuel de ces événements n’a jamais été rendu public. Mais une chose est certaine, si les prix du carburant ont été gelées à la pompe, le prix des autres produits ont connu des hausses de près de 10% par rapport à 2008.

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