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30 ans de renouveau en économie: L’éternelle promesse des années Biya

Il avait fait des promesses en 1982, il a fallu 30 ans pour débuter les réalisations dans un Cameroun qui avait entamé sa construction

Pour plusieurs camerounais, les années Biya sur le plan économique donnent lieu à des avis divers : Le vide pour ceux qui ont vécu durant les 25 ans du régime Ahidjo. Un régime qui a connu la construction d’une économie en développement. En face il y a la misère progressive pour les 30 ans des années Biya qui donne rendez-vous en 2035 pour accéder à l’émergence. Dans la plupart de ses discours, le président, au contraire de ses collaborateurs, ne rejette pas cette contre-performance en matière économique. C’est fort de cela qu’il a annoncé son mandat actuel, le sixième depuis 1982, sous le signe de grandes réalisations et du chemin vers l’émergence. Aujourd’hui la moindre infrastructure construite ou à construire fait l’objet de grandes annonces à l’adresse d’une population qui dénonce des conditions de vie difficiles dans l’un des Etats les plus corrompus au monde. Plus de 60 des collaborateurs de Paul Biya, dont certains les plus proches, sont en prison pour avoir officiellement détourné de l’argent public. Lorsqu’il arrivait en 1982, Paul Biya avait placé sa présidence sous le règne de la rigueur et de la moralisation. Il promettait de mettre en place un cadre transparent de la dépense publique. Entre 1982 et 1994, la dette publique a atteint les 110% de la richesse globale produite. Officiellement on invoque la détérioration des termes de l’échange, c’est-à-dire la baisse des cours des matières premières qui avait ponctionné les ressources de l’Etat. De nombreux observateurs estiment pourtant que les difficultés de conjoncture qui étaient inévitables, sont devenues des catastrophes du fait de l’imprécision et des choix macroéconomiques peu pertinents, dans lesquelles se mêlaient politiques et intérêts de rente.

Absence de prévision…
Les choses n’ont pas beaucoup changé et aujourd’hui les liens entre la classe des affaires et celle de la politique sont encore marqués par des compromis et des alliances, qui détruisent les fondements même de l’économie moderne comme l’égalité devant la compétition. Les difficultés économiques sont si nombreuses et si complexes, qu’on a du mal à s’y retrouver. Quelques points permettront d’aborder la question. Le gouvernement se dit fier du succès de la réforme du secteur bancaire. Or aujourd’hui 3 banques se partagent 86% du marché et les établissements de micro finance sont aussi nombreuses qu’incompétentes. Autre succès présenté, la réforme fiscalo-douanière à travers la mise en place d’un guichet unique et le succès du service des douanes. La vérité est que le Guichet Unique en 10 ans n’a pas encore amorcé son véritable rôle, réduire les délais de passage au port de Douala et on note des améliorations dans le secteur des Douanes. La lutte contre la corruption est l’un des objectifs les plus controversés et les plus critiqués des années Biya. Le gouvernement a multiplié la création des organismes et autres sigles de luttes contre la corruption en lieu et place d’une réelle réflexion sur les facteurs d’alimentation de cette gangrène. De phénomène sociologique, elle s’est transformée en pratique naturelle dans un environnement où les gens refusent de changer. Dans ce panier on retrouve, l’insolence de la richesse de quelques-uns et le profond incivisme des fonctionnaires convaincus d’obtenir juste rétribution de leurs services en lieu et place de charges afférentes à leur mission de service public.

. Et débrouillardise
En 2011, s’appuyant sur le rapport Doing Business, le gouvernement ne manquait pas de mettre à l’actif de son bilan l’amélioration du climat des investissements. Le dernier rapport de référence est moins encourageant. La pression fiscale demeure un problème, l’accès au crédit est très limité, l’import et l’export très contraignants et la création de nouveaux emplois reste limitée. Les défenseurs du gouvernement refusent pourtant toute critique. Or, rien qu’en 2011, les importations ont dépassé les exportations de 1079 milliards de FCFA. Preuve que face à une population qui a des besoins, le tissu économique local a du mal à satisfaire la demande tant en quantité qu’en qualité. En matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, les chiffres sont aussi alarmants. Le taux de pauvreté monétaire est de 39,9% de la population et l’indice de développement humain indique que nous avons 10 millions de personnes qui vivent avec moins de 500 FCFA par jour. En matière agricole, le gouvernement affirme qu’en 2010, soit 28 ans après qu’il ait pris le pouvoir en pleine révolution verte, le secteur a contribué en 19% de la richesse du pays. Une aberration pour les économistes. Car 79% de la main d’ uvre y est consacrée. Ce qui veut dire que le segment le plus actifs de l’économie, produit le moins de richesse.

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