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Joint au téléphone depuis la Belgique, le PCA de la CMC a accordé une interview exclusive à Jdc

On ne vous a pas beaucoup entendu depuis la décision de la cour suprême qui réhabilitait la Cmc. Dèjà, comment avez-vous accueilli ce revirement de la justice?
Je me suis réservé jusqu’à présent, et je vais continuer à observer cette réserve parce qu’on ne commente pas les décisions de la cour suprême, car c’est la plus haute juridiction en matière juridique au Cameroun. Elle a dit le droit, et nous devons appliquer tout simplement. Pour moi, beaucoup doutent encore de l’Etat de droit au Cameroun, mais cet Etat est en marche. C’est la victoire, pas de la Cameroon music corporation (Cmc), pas nécessairement de la culture camerounaise, mais d’abord la victoire du droit, de l’Etat de droit. C’est important aujourd’hui que les Camerounais croient en leur justice. Je pense que pour une institution, on doit lui dire bravo, et sans polémique aucune, nous devons aussi encourager et remercier le chef de l’Etat d’avoir impulsé ce mouvement de démocratie qui est en marche au Cameroun.

Il existe actuellement deux sociétés de gestion de droit d’auteur, à savoir la socam et la Cmc. Que dites-vous de cette coexistence?
Sans faire preuve de mauvaise langue, je pense que les gens ne savent peut-être pas ce que c’est qu’une ordonnance de la cour suprême. Je dis encore, la cour suprême a ordonné, elle a dit le droit, et elle a suspendu deux décisions importantes du ministère de la Culture. La première décision, c’était sur le retrait de l’agrément de la Cmc. Plus grave encore, c’est que la même cour suprême a suspendu la décision 0089, laquelle décision mettait en place un comité ad hoc qui a procédé à la convocation d’une assemblée générale extraordinaire soit disant constitutive du 7 juin 2008, et de tous ses effets. Ça veut dire que cette décision étant suspendue, tout ce qui a conduit à la naissance d’une pseudo société fictive, est suspendue. Ça veut dire aussi qu’aujourd’hui au Cameroun, il y a une seule société de droit d’auteur de gestion des uvres musicales, c’est la cameroon music corporation, sans polémique aucune.

Cela fait un moment que Sam Mbende n’est pas au Cameroun. On constate que les artistes de votre bord ont un peu de mal à s’organiser pour pouvoir fonctionner.
Je ne crois pas qu’il y ait un manque de ferveur de la part des artistes, à la limite, le rôle de Sam Mbende en tant que président du conseil d’administration (Pca), comme je l’ai toujours dis, ce n’est pas de gérer la société au quotidien. Je ne suis pas à la tête de cette entreprise, c’est le conseil d’administration qui est à la tête de l’opération juridique, de l’opération d’exécution. C’est-à-dire que, dans les instances de la Cmc, il y a l’assemblée générale. Ce sont d’abord les artistes qui sont les patrons, et après, il y a le conseil d’administration, non pas M. Sam Mbende. Après, il y a la direction générale qui s’occupe au quotidien des problèmes. Donc, y a les combats que mènent sur le terrain les artistes comme Ronz, Ama pierrot, Jene Njento.ils sont sur le terrain, ils sont actifs pour faire triompher leur droit, et pour expliquer à l’opinion public ce qui se passe actuellement. Ils n’ont pas besoin de Sam Mbende, mon absence ne se fait guère ressentir.

Sam Mbendé
Journalducameroun.com)/n

Il y a des récriminations de la part de certains artistes qui bien que membres de la Cmc, dénoncent le fait de ne pas percevoir leurs droits quand bien même ils sont diffusés sur les différentes chaînes. Que va-t-il se passer à présent, maintenant que la Cmc est réhabilitée?
De quelles récriminations s’agit-il? De quels artistes? Actuellement, vous pensez que le droit d’auteur se porte bien au Cameroun ? A partir du moment où il n’y a pas de droits de reproductions mécaniques, il y a la piraterie partout, il n’y a même pas de gestion collective. Paris n’a pas été construit en un jour. Nous ne disons pas que la Cmc, c’est la solution idéale pour la musique camerounaise, mais sachons quand même dire les choses. Ça fait 40 ans que les droits d’auteurs ne marchent pas au Cameroun, et ce n’est pas la faute à Sam Mbende, ni à la Cmc. Alors, tous ceux qui ont fait des récriminations en 2008, auraient dû le faire depuis pratiquement 1970. Toute chose a besoin de tolérance, nous avons besoin de progresser ensemble, mais dans la tolérance et le respect mutuel, et reconnaître que quand des gens ont fait un pas, reconnaître qu’ils ont fait du bon travail. Il y a encore beaucoup à faire au niveau de la Cmc, je ne vais pas revenir sur le bilan de la Cmc, qui depuis 40 ans que les droits d’auteur existent au Cameroun, on a pu quand même faire des repartions en 3 ans de l’ordre de 1 milliard de FCFA. Je mets quiconque au défi de me dire quelle est la société de droit d’auteur qui a fait mieux. La Socadap est actuellement en faillite, la Scaap est pratiquement dans l’illégalité, elle n’a pas convoqué jusqu’à présent, une assemblée générale élective, la Sociladra ne marche pas. Voilà la vérité aujourd’hui, quand on parle de droits d’auteurs, il ne faut pas que cela se limite seulement à la musique. Le ministère de la Culture en réalité, ne peut être jugé que par l’ensemble de la culture, mais j’ai comme l’impression que ces gens se focalisent uniquement sur le droit d’auteur pour la musique, on dirait que pour juger l’action du ministère de la Culture, il faut absolument que ce ministère s’implique dans les problèmes des musiciens qu’ils n’ont jamais réglés depuis 40 ans.

Que va-t-il concrètement se passer maintenant?
On ne peut tergiverser sur la décision de la cour suprême, elle va s’appliquer par tous les moyens, je dis bien, par tous les moyens, ce n’est qu’une question de temps. Nous ne pouvons pas nous amuser avec une haute instruction. Elle a décidé, nous allons faire appliquer le droit. Il y a des préalables, il faut que nous soyons indemnisés par l’Etat.

A quand votre retour au Cameroun?
Il est imminent. Je voudrais juste ajouter qu’il y a quelques jours, il y a des artistes qui sont allés s’aligner, il y en a qui ont pris 15 000f CFA, le maximum, c’étaient 100 000 FCFA, personne n’a parlé, mais je vous dis qu’à la Cmc, les montants allaient jusqu’à 3 millions de FCFA, les artistes comme Ronz ne touchait pas, pas moins de 700 000 FCFA quand il y avait une répartition de droit d’auteur. Les artistes sont allés prendre 20 000F CFA, je n’entends pas de récrimination. A la limite, on peut se dire aussi que lorsque vous donner à manger à un chien dans un plat, il refuse, il mange sur le sol, c’est sa condition.


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