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50e anniversaire des éditions Cle, le directeur, le Pr. Marcelin Mvounda Etoa en parle

« Les éditions CLE ont simplement ouvert un champ nouveau aux africains qui ne faisaient pas de la théologie »

Que symbolisent 50 ans d’existence pour les Editions CLE ?
Cinquante ans dans la Bible, c’est l’âge du jubilé. Dans la croissance d’une entreprise, cinquante ans symbolisent l’expression d’une maturité avérée. Les éditions CLE fondée en 1963 ont exactement cinquante ans en 2013. Il s’agit là d’un événement qui n’est pas banal parce que les entreprises culturelles de la même nature que les éditions CLE n’ont pas une durée de vie illimitée. Si vous vous souvenez, Alioune Diop a fondé la maison d’édition Présence Africaine en 1947, malheureusement on peut constater jusqu’à ce jour que cette maison d’édition n’a pas la vitalité qu’on aurait souhaité pour la culture africaine. Donc, que les éditions CLE aient passé le cap des cinquante ans n’est pas quelque chose de banal.

Qu’avez-vous prévu pour la célébration de cet événement d’envergure internationale ?
Les éditions CLE sont une maison panafricaine, c’est la propriété des huit pays différents d’Afrique Centrale et de l’Ouest. Alors, la commémoration du cinquantenaire aura pour point d’orgue le mois de février 2014, mais six mois avant, c’est-à-dire à partir du mois de septembre, nous allons mettre toutes les activités que nous organisons sous le saut du cinquantenaire. Ce que nous avons entrepris jusqu’à présent c’est la promotion du cinquantenaire, c’est-à-dire la vente des ouvrages. Nous avons depuis 1953, depuis que nous existons, des ouvrages que nous publions, certains de ces ouvrages ont gardé toute leur valeur même si leur valeur marchande s’est déprécié. Ce sont ces ouvrages que nous mettons en vente promotionnelle auprès de tous les lecteurs, évidemment avec une attention particulière pour les étudiants parce qu’avec leur bourse réduite, ils peuvent profiter pour constituer leur bibliothèque. Nous avons été à Ebolowa, à Dschang, à Bafoussam aussi, en ce moment et ce depuis une semaine, nous sommes sur le campus de l’Ecole normale supérieure de Yaoundé, nous avons déjà un accord du Recteur de l’université de Yaoundé I, et nous envisageons nous rendre à l’Université de Ngaoundéré pour offrir aux étudiants la possibilité d’avoir les livres à très bas prix parce que les remises vont jusqu’à 70 pour 100 sur certains ouvrages.

Les éditions CLE ont changé leur ligne éditoriale. De la littérature évangélique à la paralittérature évangélique. S’agit-il d’un revirement ?
Il ne s’agit pas d’un revirement, mais d’une évolution historique. A l’origine, les éditions CLE ont été créées sous l’impulsion des églises d’Allemagne et des Pays-Bas. Puisque les africains découvraient la Bible, il était question de mettre en place des fiches d’exégèse biblique pour accompagner la lecture de la Bible. Par la suite, il y a eu un besoin des africains, surtout ceux qui sont sur le continent, de s’exprimer, de se faire entendre, de publier ce qu’ils avaient à dire. A cette époque, les maisons d’éditions parisiennes classaient systématiquement les écrivains africains, ceux qui étaient publiés sont triés sur le volet. Pour la petite histoire même Présence Africaine n’arrivait pas à publier tous les textes, Le Fils d’aghata Moudio qui fera le Grand Prix Littéraire africain de 1967, a dormit deux ans dans les tiroirs de Présence Africaine avant que son auteur Francis Bebey le rapatrie aux éditions CLE et ça a été un succès immédiat. Les éditions CLE ont simplement ouvert un champ nouveau aux africains qui ne faisaient pas de la théologie mais qui avaient quelque chose à dire, et je pense que ça a été une expérience heureuse car grâce aux éditions CLE, on a découvert les grands écrivains comme Henri Lopez, Francis Bebey, Engelbert MVENG et autres. Nous avons simplement élargi le champ de notre maison d’édition et aujourd’hui la littérature générale roman, poésie, nouvelle, théâtre et essais de tout genre anthropologie, sociologie et autres sont près de 70 pour cent des chiffres que nous réalisons.

Pr. Marcelin Mvounda Etoa, Directeur des éditions CLE

Journalducameroun.com)/n

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