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66ème Festival de Cannes: «GRIGRIS», le seul film africain en lice Par

Le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun présente l’Afrique au Festival de Cannes 2013 à travers son film grigris

Après le prix du jury obtenu en 2010 pour son film un homme qui crie, le réalisateur Franco-Tchadien présente ce 22 mai à Cannes pour son tout premier film numérique et surtout financé en grande partie par son pays d’origine, le Tchad. Grigris, est l’histoire d’un jeune handicapé et d’une jeune prostituée tournée au Tchad loin des préoccupations politiques actuelles. Le choix de l’espace largement en déphasage avec la portée de l’intrigue eu égard des enjeux politiques hautement sensibles de son pays. Mais Mahamat-Saleh Haroun reste lucide et traite avec lucidité d’un sujet peu commun au Tchad.

Malgré son handicap, Grigris le personnage central du film devient également, grâce à son métier de danseur, le centre du monde. Le film s’ouvre sur une image de show en boite de nuit de Ndjamena. C’est là où le jeune danseur handicapé gagne sa vie avec ses chorégraphies hors du commun. Une personne généralement en marge de la société qui devient l’angle focal de l’intrigue mais aussi du monde. A côté de ce jeune danseur, il y a aussi un autre personnage au destin hors du commun : Mimi, une jeune prostituée qui rêve de devenir mannequin. Toute chose quasi-impossible vu le contexte sociopolitique de son pays. Mais elle décide de sculpter elle-même son horizon. Son destin se croise avec Grigris lorsqu’elle se rend à l’atelier d’un photographe pour ses photos de candidature. Le tailleur-photographe s’avère être le beau-père de Grigris. Tout s’entremêle ! Amour et violence.

Pour payer les frais d’hospitalisation de son beau-père, Grigris se trouve obligé d’abandonner la danse et entrer dans un nouvel univers. Il embarque dans le trafic d’essence aux risques de sa vie afin d’obtenir les 700.000 FCFA réclamés à l’hôpital. Face à une situation irrésolue, les deux amoureux Grigris et Mimi se trouvent obligés de fuir la ville pour se réfugier dans un village de son enfance où Mimi remonte les origines françaises de son père. Elle jette ainsi le masque africain et devient «une femme comme les autres». Grigris retrouve aussi ses deux jambes. Mahamat-Saleh Haroun présente un nouveau Tchad, un quotidien loin des revendications et des discours politiques. Une vue rare de son pays d’origine où la réalité sociale n’est pas toujours ce l’on imagine.

Mahamat-Saleh Haroun, cinéaste tchadien
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