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7ème Art: Le Cameroun sera présent au festival de Clermont-Ferrand

«A silent killer», le documentaire du producteur Blaise Pascal Tanguy sera en compétition face à d’autres productions du monde

Blaise Pascal Tanguy, producteur de cinéma et de documentaire camerounais porte le plaidoyer contre les médicaments de la rue au Cameroun, au festival et au marché du film de Clermont-Ferrand qui se déroule du 27 janvier au 04 février 2012. Dans son documentaire « A silent Killer », l’artiste présente de manière crue la réalité du commerce des faux médicaments telle qu’elle est vécue au Cameroun. Le documentaire qui dure 52 minutes présente la vente de faux médicaments comme un marché bien organisé dans des espaces bien définis, aux sources d’approvisionnement très variables que sont les vols dans des officines de pharmacie, la commercialisation des échantillons médicaux, et parfois de sources aux origines complexes. Des produits tels que des vaccins, des sérums, des insulines, des héparines et d’autres produits sensibles à la chaleur sont détournés du circuit normal pour se retrouver dans le circuit informel.

Avec ce documentaire, le producteur veut marquer un tournant dans la production audiovisuelle au Cameroun. C’est un documentaire qui m’a coûté très cher et évidement je n’ai pas eu le soutien du fonds spécial du gouvernement à la production audiovisuelle. Mais c’est un documentaire qui me tenait à c ur parce que je regarde chaque jour des milliers de personnes s’empoisonner dans la complicité générale. Et le plus grave c’est que personne ne se rend compte du danger qui le guette a-t-il fait savoir.

Pour la réalisation de ce documentaire, les défis auront été nombreux. Le premier défi a été avec moi-même. De manière générale je ne me sentais pas concerné par les choses qui arrivaient aux autres. J’ai dû apprendre à comprendre les autres et à ressentir leurs difficultés. On ne peut pas projeter une image qu’on ne ressent pas soit même fait remarquer M. Tanguy. Parmi les autres défis, il fallait briser des tabous. Mais le réalisateur dit avoir l’habitude, il a très souvent porté à l’écran des questions dont on parle sous cape sur le continent africain en général. On retrouve dans son palmarès des productions sur la sexualité entre jeunes, la tromperie des charlatans, la pauvreté urbaine. L’une des réussites du documentaire est d’avoir pu faire parler les gens ou encore de faire jouer le rôle à des personnes. Un dernier défi a été la loi du silence qui caractérise l’Afrique. Le tournage a mis un peu plus de 2 ans, car j’étais obligé à chaque fois de tout arrêter pour réunir les fonds en travaillant comme salarié, aussi sur le terrain certains intervenants exigent des compensations financières difficiles pour nous de payer vus nos moyens réduits, explique le producteur.

Blaise Pascal Tanguy
JDC)/n

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