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Le réalisateur Narcisse Wandji annonce son 1er long métrage « Sadrack »

Le film qui est en cours de production abordera la question de la maladie d’alzheimer. Selon le réalisateur, le projet est inspiré d’une expérience vécue par sa grand-mère.

Avec 13 courts métrages à son actif et un documentaire, le réalisateur Narcisse Wandji nous a donné l’occasion de revisiter son parcours dans l’univers cinématographique. L’auteur de « Walls« , un film primé au festival du Court-métrage de Douala et aux Écrans Noirs l’année dernière, a profité pour nous révéler son prochain projet qui est un long métrage dont le titre est « Sadrack ». De ses débuts dans le cinéma à sa vision du septième art au Cameroun, Narcisse Wandji s’est entièrement livré à notre rédaction.

Journalducameroun.com : Pouvez vous nous présenter brièvement votre parcours ?

Narcisse Wandji : Disons que je suis titulaire d’un baccalauréat obtenu au lycée classique de Bazou, une bourgade située à 45 min de la ville de Bagangté. J’y ai fait tout mon cursus secondaire. Puis je suis entré à l’université de Yaoundé 1 ou j’ai obtenu une licence, puis un master en Arts du spectacle et cinéma ; et maintenant je suis en deuxième année de thèse.

Comment s’est passé votre intégration dans le monde professionnel ?

J’ai eu un parcours assez particulier. Après mon bac en 2002, je ne suis pas allé directement à l’université. Entre mon père qui voulait que je sois prêtre et ma mère qui voulait que je fasse d’autres type d’études genre droit, sociologie … j’ai passé deux ans à la maison, à réfléchir sur ce que j’allais véritablement faire au supérieur. Ensuite, j’ai eu une cousine qui a obtenu son baccalauréat deux ans après moi, et elle est venue à la maison avec une brochure de l’université sur laquelle il y avait marqué la filière Arts du spectacle et cinéma. Et tout de suite cela a été le déclic. Il faut dire qu’au lycée javais déjà été au club théâtre. J’étais habitué à la scène. Mais mes parents eux ils voyaient que j’avais passé tout mon secondaire à jouer ; car, pour eux, le club théâtre et autres c’étaient de l’amusement et ils voulaient que je passe a quelque chose de plus sérieux.

Je me rappelle qu’à l’université, lorsque je remplissais la fiche d’inscription, il y avait deux choix de filières à faire, et moi javais mis la même filière deux fois, au grand étonnement du conseiller d’orientation. Mais malgré ses insistances, je ne l’ai pas changé.

On peut dire que la passion est née depuis le lycée…

Oui. Absolument. Bien que je dois préciser que le théâtre que je faisais au lycée et le cinéma c’est deux choses bien différentes. Je sentais comme un appel, il n’y avait pas deux façons de voir. Et même mes camarades de classe voyaient comme moi que je ne pouvais pas faire autre chose de mieux.

Pouvez-vous nous raconter comment votre premier projet cinématographique a vu le jour ?

Disons que j’ai eu un enseignant formidable, le professeur Soh qui nous faisait pratiquer le métier, ce qui m’a donné les clés du terrain. Cependant, la véritable étincelle est intervenue lors de la 10e édition des Ecrans Noirs. Il y avait une conférence organisée en marge du festival et elle était modérée par le journaliste Juan Gomez de RFI, un des médias partenaires de cette édition du festival. A cette époque, la catastrophe de Mbanga Mpongo venait de se produire ; et je me souviens que j’avais demandé à monsieur Basseck ba Khobio, le promoteur du festival Écrans Noirs, qui il laisserait comme héritier si jamais il venait à partir dans un accident comme celui de Mbanga Mpongo.  Il s’en était suivi un échange houleux à la fin duquel il m’a lancé la phrase «Va donc faire ta part de film qui viendra révolutionner le monde ». C’est ainsi que je suis reparti avec de la rage et de l’envie ; et quelques temps après, en dehors du film école qui nous était demandé, je sortais «Capron» (Cameroon pronostics). L’histoire d’un homme férue des jeux de hasard qui gagne une forte somme d’argent. Ensuite il égare son ticket. Ce ticket va se balader de mains en mains pour finalement revenir à son propriétaire.

On était en 2008, mais je l’ai finalement fait monter en 2010. C’était mon tout premier projet, et c’est lui qui m’a fait comprendre qu’on pouvait gagner sa vie grâce au cinéma.

De 2008 à 2017, vous êtes devenu l’auteur de 13 courts métrages, un documentaire, quel est la leçon la plus importante que vous pouvez transmettre de ce riche parcours ?

C’est une question à laquelle je risque ne pas avoir une réponse. Car à chaque fois que je réalise un projet, je découvre, je me découvre et surtout j’apprends. Les projets s’enchainent mais ne se ressemblent pas. Je préfère parler de manière générale. Le métier que nous faisons aujourd’hui m’a fait comprendre qu’en fait,  on ne fait pas du cinéma. Je viens à peine de commencer. Beaucoup diront qu’il a fait 13 courts métrages, mais c’est aujourd’hui que je comprends que je suis sur la voie. On croit connaitre mais ce n’est jamais assez. Il faut toujours aller plus loin. Le piège c’est de se laisser absorber par les compliments.

Cela dit j’ai la ferme conviction que si on fait bien on peut s’en sortir et ça je crois que c’est la plus grande leçon que j’ai retenu. Si tu fais mal tu ne pourras pas t’en sortir. Il faut bien faire. Comme dans tous secteurs de la vie. Le cinéma c’est un métier qui demande qu’on comprenne ses canons et non pas qu’on fasse du remplissage. Il est vrai que l’on peut tolérer certaines choses vu que les moyens et la formation sont encore approximatifs chez nous. Cependant il est nécessaire de toujours avoir à l’esprit de se démarquer.

Donc en résumé il faut de l’endurance et il faut bien faire.

Le problème majeur que soulèvent de nombreux cinéastes camerounais de nos jours est celui des financements. Pensez-vous que sur ce point le bout du tunnel soit proche ?

S’il y a une chose qu’on peut reconnaitre et qu’on doit saluer au Cameroun c’est la production. Ceux qui ont été à la cérémonie d’ouverture des Écrans Noirs l’ont entendu, le Cameroun a inscrit 100 films au dernier Fespaco. Sur les 100 films, je puis dire que ce sont des films qui n’ont pas reçu de financements ou de soutien. Ce qui veut dire que les cinéastes camerounais parviennent à trouver des solutions pour exister. Preuve que bien que la situation ne soit pas la meilleure, on parvient tout de même à faire avec.

Nous aimerions avoir un fonds à nous comme au Sénégal. Cela s’accompagne d’une vision et d’une politique. A ce niveau, c’est l’Etat qui peut apporter une réponse adéquate car il faut un cadre sain, régulé qui permette à la profession d’évoluer. Il peut y avoir une ou deux  personnes qui émergent mais tôt ou tard elles se feront rattraper par les réalités. Je pense qu’il faut une véritable politique d’impulsion du cinéma, par rapport à des objectifs bien précis qui ont été fixés à l’avance. Il y a quelques mois j’étais à Buea à l’invitation de l’État du Cameroun par le biais de son ministère de la Culture. Il était question de sortir de là avec un plan triennal de relance du cinéma. Nous avons travaillé, nous avons soumis un plan à l’État. Maintenant on attend de voir. C’est très bien que ce type de rencontre soit initié par le sommet. Cela montre qu’au moins il y a une prise de conscience de ce que ce secteur d’activité se doit d’être revalorisé.

Que pensez-vous des relations entre les acteurs du cinéma ?

Dans le secteur il y a une absence criarde de solidarité, beaucoup de jalousie. Finalement c’est comme partout ailleurs, on peut dire que c’est très humain. Il faut avoir ses objectifs et ses ambitions et il faut travailler pour y parvenir

Je ne pense pas au cinéma en tant qu’individu, mais plutôt en tant que clause qui peut faire grandir une nation. C’est pourquoi toutes mes actions en faveur du cinéma ce ne sont pas des projets individuels mais collectifs. Il faut être solidaire du cinéma camerounais, il faut être patriotique dans la pratique du cinéma. J’ai par exemple demandé au délégué du festival Écrans Noirs pourquoi un film camerounais n’avait pas été programmé à la cérémonie d’ouverture du festival. C’est vrai que cela a déjà été fait dans le passé, mais pour moi ce devrait être quelque chose de systématique pour permettre au grand nombre de regarder nos productions locales.

Lorsqu’on va par exemple au Festival de Durban, qui a 32 ans d’existence, c’est toujours un film sud-africain qui ouvre le Festival ; qu’il soit en compétition ou pas. C’est le protectionnisme dans l’art. Après on comprendra qu’il y a les questions de qualité, ou alors on ne veut pas avantager certains films en compétition, mais moi je parle d’esprit. Quelle est la vision  que l’on a de notre propre cinéma ? Nous devons être les premiers à donner de la valeur à notre art. Bien que les guerres fratricides et l’hypocrisie ne nous aident pas.

Quelle est votre actualité professionnelle ?

Actuellement je suis en train de travailler sur mon long métrage «Sadrack». On a déjà fait le casting et présentement on fait des repérages. C’est en cours…je ne peux malheureusement en dire plus.

 Merci Narcisse Wandji

C’est moi qui vous remercie.

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