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A NEW YORK: Gisèle Alima, la grenouille qui voulait être un b uf

Un journal local revient sur « la vraie histoire d’une camerounaise qui voulait parler l’Anglais comme une Américaine »

Dans une vidéo publiée récemment sur le web, Patrice Nouma interviewe Gisele Alima jadis employée à la résidence de Martin Belinga Eboutou, du temps où il était ambassadeur représentant diplomatique du Cameroun auprès de l’Organisation des Nations unies (Onu). L’ancienne femme de ménage devenue Sans Domicile Fixe (SDF), connue dans les rues de Manhattan et de la capitale de l’Etat de New Jersey voisin, est visiblement mal en point. Le récit de ses mésaventures aura causé de l’émoi chez plus d’un. Gisèle Alima, sans fioriture, accuse celui qui l’a amené aux Etats†Unis d’Amérique de l’avoir mis dans de sales draps. La vidéo de Gisèle Alima suscite des réactions chez de nombreux internautes. Ils sont aussi nombreux à proposer leur aide et contactent Patrice Nouma, auteur de la vidéo, manifestement
devenu le bon samaritain. «Dans ma seule boite e†mail, il y déjà plus de 6700 contacts depuis la sortie de la vidéo», disait†il dans la soirée de vendredi dernier. Parmi les âmes de bonne volonté, il cite une certaine Kah Walah, président d’un parti politique d’opposition au Cameroun. Patrice Nouma dit avoir décliné toutes les offres d’aide. « Je n’ai pas envie qu’on fasse de cette affaire une récupération politique », dit Nouma qui poursuit:  » Belinga Eboutou devrait faire un effort pour régler ce problème rapidement. Nous lui donnons encore le temps d’arranger l’affaire à l’amiable ».

Si de toutes les nombreuses réactions, l’on n’en voit point qui viennent de New York, la ville où Gisele Alima vit son supplice, c’est parce qu’ici, son histoire est connue de toute la communauté camerounaise. Malade, l’épouse de Martin Belinga Eboutou, alors directeur du protocole à la présidence de la République, se rend toute seule dans un hôpital de Yaoundé. Une infirmière sera particulièrement attentive à son chevet. En quittant l’hôpital, l’épouse de Martin Belinga Eboutou veut se montrer reconnaissante. Elle demande à l’infirmière attentionnée de lui présenter l’une de ses s urs sans emploi, qui ne rechignerait pas à faire des travaux domestiques. L’infirmière débarque avec Gisèle Alima, sa s ur qui vit l’enfer d’un époux violent et détraqué. En plus du salaire, Gisèle Alima vient de gagner une ceinture de protection contre son mari, qui a désormais la police pour répondre à son fantasme diabolique.

Tralalas familiaux
En début d’année 1998, Martin Belinga Eboutou est nommé représentant permanent du Cameroun auprès des Nations unies. Il décide d’amener avec lui ses employés. Gisèle Alima,
Engoncée dans les tralalas familiaux, ne sera pas de la vague qui débarque à New York au même moment avec l’ambassadeur en mars 1998. Son arrivée aura lieu en septembre de la même année. Comme tous les autres employés, elle signe un contrat de travail d’une année avec le gouvernement camerounais, devenu désormais son employeur. Mais Gisèle Alima voit très vite New York comme une place où il n’est pas question de perdre son temps à faire des travaux de ménage, fut†il chez un ambassadeur. Elle exprime aussi à ses collègues son intention de ne pas retourner au pays natal sans parler l’anglais avec l’accent américain. Pour accomplir son rêve, elle veut fréquenter les lieux où il y a des Américains. Son rendement prend un coup. Elle déménage même de la résidence de l’ambassadeur. Elle y retournera quelques jours après et demandera pardon. Mais, elle semble plus que jamais avoir la tête ailleurs et ses efforts ne satisfont plus ici.

Lorsqu’il faut renouveler les contrats un an plus tard, c’est une fin de non-recevoir pour elle. Elle doit rentrer au Cameroun. Martin Belinga Eboutou lui signe un chèque et achète son billet d’avion. Puis il charge sa secrétaire particulière d’escorter Gisèle Alima à l’aéroport pour aider aux formalités d’usage. Mais Gisele Alima, qui avait depuis rejoint un copain, ne sera pas au rendez†vous de l’aéroport. Ce sera cinq bonnes années d’éclipse. Puis un beau matin, les employés découvrent une femme devant le portail de la résidence de l’ambassadeur Belinga Eboutou à New Rochelle. Gisele Alima est revenue. Elle parle un anglais fluide à l’américaine, mais elle n’a pas bonne mine. Elle dit être venue revendiquer ses droits. Martin Belinga Eboutou est en voyage. Il sera ensuite rappeler au Cameroun et est remplacé à New York par Michel Tomo Monthe. Après une autre éclipse, Gisèle Alima est devant la Représentation du Cameroun à Manhattan. Elle dit cette fois†ci être venue pour le renouvellement de son passeport. Michel Tomo Monthe, qui converse avec elle, lui dit que la représentation auprès de l’Onu n’établit pas de passeport. L’ambassadeur lui dit de voir du côté de Washington, où se trouve l’ambassade du Cameroun. Gisèle Alima se dit sans argent et Michel Tomo Monthe lui donne $200 pour les frais de transport. A Washington, on lui dit qu’un laissez †passer est idéal pour elle, puisqu’elle dit vouloir retourner au pays natal. Le passeport ou rien dira†t†elle.

Scandale
Après de longs mois, elle se pointe de nouveau à la Représentation du Cameroun à New York. Gisèle Alima semble cette fois†ci venue pour faire un scandale. Elle porte des sacs qu’elle dépose dans le hall de la représentation diplomatique. Voyant le nouvel ambassadeur Tomo Monthe débarquer, elle se place au travers de la porte. Michel Tomo Monthe retourne s’asseoir dans sa voiture. Gisèle Alima va aussi obstruer la voie à d’autres employés de la représentation du Cameroun auprès de l’Onu. Il s’en suit alors une altercation avec l’un des chauffeurs, Bruno Tonye, de regrettée mémoire. Appelée, la police enquête. Les forces de l’ordre new-yorkaises demandent à Gisèle Alima d’évacuer les lieux et de ne plus y mettre les pieds. Peut†être les policiers la trouvent en état d’ébriété. Elle doit entrer dans un hôpital.

Lorsque la forme semble être revenue, les autorités américaines entendent la rapatrier. Mais pour cela, il faut avoir l’identification complète de cette dame. Pour toute connaissance, Gisèle Alima donne le nom de Amombo Elisabeth, ancienne collègues restée en service à la résidence de New Rochelle, malgré le départ de Martin Belinga Eboutou. Mais, avant de laisser les enquêteurs américains parler au téléphone avec sa compatriote, elle s’arrange à parler en Beti avec cette dernière. Gisèle Alima demande qu’elle ne lâche aucune information sur elle. Désarmés, les enquêteurs américains doivent la laisser repartir.dans la rue. Et l’histoire de Gisèle Alima est à nouveau rangée. Jusqu’au jour où est publiée cette vidéo signée Patrice Nouma.

Gisèle Alima
Journal Intégration)/n



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