Santé › Conseils pratiques

Abcès, furoncles, myosites : Gare aux mauvais soins

Notre reporter était au chevet d’un patient fortement éprouvé au Centre hospitalier universitaire de Yaoundé.

« Aujourd’hui, je réalise que nous les hommes, nous ne sommes rien. Tout peut nous arriver à tout moment ». Etudiant à l’université de Ngoa Ekellé, Pascal se dit dépassé par les événements. Il ne comprend toujours pas ce qui arrive à son petit frère depuis quelques semaines. Les muscles de la fesse de ce dernier tombent en morceau. « C’est arrivé lundi, lorsqu’il prenait son bain. Il m’a appelé par ce qu’à peine il touchait ses fesses que la chair s’en détachait », raconte t-il, médusé. Conduit à l’hôpital central, il est rapidement pris en charge et interné. Sur l’origine de ce mal, Bertrand Awono, l’aîné, raconte: « Il était au Nord où il faisait la classe de première. Il a eu un petit abcès à la fesse. On l’a conduit tour à tour à l’hôpital de Meiganga, puis à l’hôpital d’Obala. Seulement, en même temps, un guérisseur lui a placé un truc au niveau de la fesse ».

A ce jour, le patient a cessé d’aller à l’école depuis près de deux mois et demi à cause de ce mal qui aurait pu être évité. Selon le docteur Londji Gilles Martin qui s’occupe de ce cas, il s’agit « d’un remaniement nécrotique du muscle gluteal. Donc le muscle de la fesse a été transformé à cause de la présence des microbes. Une sicrose s’est alors installée à la place du tissu qui ça a été transformé en tissu fibrosé qui se nécrose très rapidement (qui s’effrite, ndlr). Il va donc falloir ouvrir toute la peau de la fesse et extraire tout le tissu malsain pour laisser le tissu sain émerger et retrouver sa structure d’antan « . Pascal est convaincu que le mal est d’origine mystique. Le docteur Londji, lui, pense autre chose: « C’est arrivé à ce stade parce que la prise en charge n’était pas celle qu’il fallait pour ce type de cas. C’est des médicaments traditionnels qui ont été appliqués sur un furoncle banal et puis ça a entraîné cette lésion ».

Les cas similaires abondent dans notre entourage. Ceci est soutenu par l’idée selon laquelle, le malade, bien qu’hospitalisé doit recevoir des soins traditionnels. Et la pratique est fortement répandue. Seulement, elle peut parfois déboucher sur des situations qui dépassent l’entendement. Et le docteur Londji de renchérir en disant: « Il faut aller à l’hôpital le plus tôt possible. Car on est jamais à l’abris d’une pathologie anodine comme on pense souvent ».

Docteur Londji Gilles Martin
journal du Cameroun)/n
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