Culture › Musique

Abus sexuels sur les enfants au Cameroun: Des artistes pour sensibiliser

Sous la houlette de l’association « La Colombe », de nombreuses voix s’élèveront au cours d’une soirée pour décrier le mal

Le choix des artistes musiciens et humoristes pour diffuser ce message n’est pas un fait du hasard. « Ces artistes étant des personnes très souvent écoutées par leur fans, nous avons décidé d’utiliser cette voie pour atteindre notre objectif » explique Blanche Ongmessom, présidente de l’association nationale de prévention concernant la pédophilie et l’aide aux victimes, dénommée « La Colombe ». Cette dernière a donné une conférence de presse ce mardi 22 mars 2011 à Douala, en prélude à la soirée de clôture de la campagne « Préservons nos enfants », cette année à sa deuxième édition. Campagne qui a pour but d’après l’association, de « conscientiser les populations et décideurs sur les méfaits des abus sexuels faits sur les enfants ».

La soirée aura lieu le mercredi 30 mars prochain au Castel Hall de Bali à Douala, et connaitra la participation de près d’une demi-douzaine d’artistes camerounais de divers registres et tous engagés, chacun à son niveau, pour des causes sociales. Prince Ndedi Eyango, ambassadeur du Fond des Nations Unies pour le bien-être des jeunes et des femmes depuis 2010 et qui en janvier dernier a reçu le prix de l’action sociale et paix attribué par le ARK James Inspiration award. A ses côtés, il y aura la reine de c ur reconnue Queen Eteme, actuelle marraine de l’ « Empire des enfants », un centre d’accueil pour enfants de la rue et orphelins, basé à Dakar au Sénégal. Elle qui pendant dix ans fut la marraine de l’Organisation internationale de lutte contre la drépanocytose (OILD). Autres artistes invité à cette soirée de sensibilisation, le rappeur Krotal, réputé pour ses textes évocateurs, ainsi que le chanteur Marsi et le groupe No Name Crew pour la première partie. Aussi, la « copine nationale » Major Asse sera là pour arroser la soirée de notes d’humour. Un appel à don sera lancé lors de la soirée pour « récolter des fonds afin de venir en aide aux enfants victimes d’abus et actuellement sous la responsabilité de l’association » fait savoir la présidente, avant de poursuivre que « la Colombe n’a pas de véritable soutien depuis 2006 qu’elle existe. Je suis pratiquement la seule à m’investir, tant financièrement que physiquement ». « Certes un concert ne suffit pas pour éradiquer ce phénomène, mais nous ne pouvons pas rester les bras croisés à ne rien faire, il faut agir, d’où mon implication dans cet événement » affirme pour sa part Prince Eyango au cours de la conférence de presse.

Les chiffres de l’exploitation sexuelle des enfants au Cameroun
Ils sont plus de 4000 victimes de cette pratique au Cameroun, d’après les résultats d’une étude menée par le Centre international pour la promotion de la création (CIPCRE) et transmis dans le document remis à la presse ce mardi. D’après le document, « 36% des victimes ont moins de 13 ans. 30% de ces enfants sont de sexes masculins, ce qui les expose à l’exploitation homosexuelle. Le phénomène est national avec 4% dans l’Adamaoua, 7% pour le centre et l’Est, 12% à l’Ouest, 8,5% au Sud. Les régions anglophones enregistrent à elles seules 89 des 329 victimes camerounaises, soit 27,1%, suivies par les régions septentrionales à hauteur de 107 victimes, soit 32,4% ». L’on apprend par ailleurs que ces victimes « qui travaillent sept jours sur sept rapportent chaque jour douze 12 millions de FCFA à leurs ravisseurs ».
C’est donc au regard de tous ces chiffres pour le moins alarmant que « La Colombe » appel au soutien de tous les maillons de la société sans exception, afin de pouvoir combattre ce phénomène qui malheureusement avance à grand pas dans notre pays.

Le 30 mars à Douala, de nombreuses voix s’élèveront contre l’exploitation des enfants au Cameroun
Journalducameroun.com)/n



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