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Affaire Bakassi: Le Cameroun et le Nigéria encouragés

La communauté internationale salue notamment le calme avec lequel les deux pays ont surmonté le dernier risque de déclenchement de conflit sur la décision de la CIJ

La communauté internationale salue aujourd’hui la décision du Nigeria de ne pas faire appel de révision de la décision de la Cour Internationale de Justice (CIJ), qui en 2002, a accordé au Cameroun la souveraineté sur la presqu’île de Bakassi. « La décision du Nigeria de ne pas faire appel du jugement de la Cour Internationale de Justice (CIJ) sur la souveraineté sur la presqu’île de Bakassi facilitera la bonne mise en uvre du jugement de la CIJ », a déclaré jeudi le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors d’un point de presse. « La France appelle les deux parties à travailler ensemble à la bonne mise en uvre de la décision de la Cour », a-t-il ajouté. L’ONU pour sa part a encouragé les deux pays et félicité leurs engagements dans la mise en uvre pratique de la décision. Le Secrétaire Général Ban ki Moon, « a félicité l’engagement des gouvernements des deux pays à honorer leurs obligations » et « a également félicité la Commission mixte Cameroun-Nigeria pour ses efforts louables dans la mise en uvre de cette décision », a indiqué le porte-parole Martin Nesirky lors d’une conférence de presse mercredi 11 octobre. « En réglant leur différend frontalier de façon pacifique, le Cameroun et le Nigeria ont donné un exemple positif à tous les pays confrontés à des défis similaires à travers le monde » a-t-il ajouté. L’ONU encourage aussi les deux pays à s’entendre sur les 200 kilomètres de territoires frontaliers restants, afin de mettre fin au processus de délimitation.

Cette année le Cameroun célèbre le 10ème anniversaire de cette victoire judiciaire mais aussi la communauté internationale qui pour la première fois a mené à bien un processus judiciaire de résolution de conflits frontaliers. Précédemment administrée par le Nigeria, la péninsule de Bakassi a fait l’objet pendant des décennies d’un contentieux territorial entre ce pays et son voisin, le Cameroun. Un arrêt de la CIJ en date du 10 octobre 2002 en a attribué la souveraineté au Cameroun, décision que le Nigeria a accepté dans les accords de GreenTree en 2008. De nombreux experts du droit public international sont d’avis qu’en réglant leur différend frontalier de façon pacifique, le Cameroun et le Nigeria ont donné un exemple positif et surtout créé un précédent judiciaire pour tous les pays confrontés à des défis similaires à travers le monde. Il y a pourtant quelques jours, sur la pression de son Senat, le président Nigérian a accepté le principe de mettre en place un comité censé examiner les possibilités qui devaient conduire à introduire une demande de révision de la décision de la CIJ. Le gouvernement fédéral nigérian est finalement parvenu à la conclusion qu’un nouveau recours judiciaire serait négatif pour la diplomatie nigériane et surtout que les nouvelles preuves évoquées pour soutenir l’initiative, n’était pas significatives. A Bakassi pourtant, et loin des bureaux, une contestation est née et se nourrit progressivement par les attentes non résolues, des 300 000 personnes vivant sur la presqu’île, et se sentant nigérians dans l’âme. Conscient de cela, l’ONU invite les deux pays à examiner les besoins socioéconomiques, humanitaires et sécuritaires des populations affectées par le processus de démarcation, y compris dans le secteur de Bakassi, et de mettre en uvre des mesures de confiance et de favoriser la coopération transfrontalière. En face, le Nigéria ne fera peut-être pas appel, mais ses dirigeants ont clairement indiqué qu’ils useraient de toutes les « voies diplomatiques », pour soutenir leurs anciens administrés.

Le Cameroun et le Nigéria encouragés pour la résolution du conflit de Bakassi


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