Politique › Institutionnel

Affaire des biens mal acquis: Les Médias camerounais partagés

Tour d’horizon d’une semaine bien agitée auprès de l’opinion et des médias au Cameroun.

Le communiqué publié le 24 juin dernier par le Comité catholique contre la faim et pour le développement (Ccfd) et repris par certains médias français d’abord et camerounais par la suite a suscité un réel échange de points de vue durant toute la semaine. Cette organisation non gouvernementale française il faut rappeler a produit un rapport dans lequel il pose le problème de l’origine de certains biens appartenant à certains présidents dont le président camerounais. Il est question notamment celle de la « Villa Isis » sur la Côte d`Azur, qui appartiendrait à son fils, Franck Biya « . Et il reprend aussi une information publiée il y a 12 ans par l’Evénement du Jeudi qui estimait  » la fortune du président camerounais et de sa famille approche les 70 millions d`euros (soit environ 46 milliards de francs Cfa) « .

Dans l’ensemble la presse les réactions médiatisées ont eu les tendances habituelles. Les média sous-tutelle publiques ont fait bloc pour défendre le chef de l’Etat. Dans le Cameroon-tribune de vendredi, le ministre de la communication a signé communiqué où il présente l’organisation comme une structure peu crédible et qui s’est appuyé sur des faits peu fiables. Une réaction qui a été renforcée par des sorties médiatiques multiples du parti au pouvoir dont le président est le chef. Ainsi il aura finalement fallu plusieurs concertations pour parvenir au communiqué de presse parvenu dans les différentes rédactions et signé du secrétaire général du Comité central du Rdpc René Emmanuel Sadi. Entre les partisans d’une non réaction et ceux qui souhaitaient que le Rdpc prenne une position forte en apportant son soutien à son président national, la décision a été difficile à prendre. Finalement suite à un accord on a assisté à l’intervention de Grégoire Owona, le secrétaire général adjoint du parti sur les ondes d’une station locale durant le week-end et même celle de Christophe Mien Zok, le directeur des Organes de presse, de l’information et de la propagande (Dopip) sur le plateau d’une chaîne de télévision à Douala, et de bien d’autres programmées.

Sur le communiqué ayant sanctionné les débats René Sadi souligne que [… Le chef de l’Etat et président national du Rdpc, fait l’objet d’attaques infâmes de la part des médias nationaux et étrangers ainsi que d’organismes dits de lutte contre la corruption et les détournements de biens publics], le secrétaire général du Rdpc a exprimé ce qu’il appelle l’indignation et la réprobation des militantes et des militants du Parti face à ces amalgames et ces contrevérités destinés… à nuire. René Emmanuel Sadi regrette en outre que ces man uvres surviennent au moment où, fort de l’appui du peuple, le président de la République a engagé le pays dans une croisade contre la corruption et les atteintes à la fortune publique et de louer un homme dont la probité, l’intégrité et le patriotisme sont reconnus.


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Dans leur ensemble, la presse privée s’est montré très rigoureuse sur le sujet. Le quotidien Mutations de lundi matin évoque la réaction du gouvernement en parlant de réaction contradictoire. Il fait resurgir un fait évoqué par le site internet du journal français l’express, qui revient sur le prêt de 40 millions de francs français (soit 4 milliards de francs CFA) remboursables en 99 ans octroyé par le chef de l’Etat à l’Ordre souverain du temple initiatique (Osti). Sur ce dernier point, l’Express indique que Interrogée… la présidence (de la République du Cameroun ndlr) nie toute relation avec les templiers et assure n’avoir jamais consenti un tel prêt. Mais le journal a décelé un problème quand il fait savoir que l’Osti lui-même sollicité… ne conteste pas avoir reçu 40 millions de francs français de Paul Biya. L’actuel responsable de l’association, Yves Jayet, nous indique même, par courriel, que ce prêt fait l’objet de remboursements importants comptabilisés chaque année depuis 1999.

Dans les autres journaux l’affaire a été gérée comme un scandale. Mais seulement la recette ne semble pas avoir marché. Et du coup la dramatisation effectuée par certains organes n’a pas eu plus d’impact que les interventions du parti ou du gouvernement. Dans un débat sur une chaine de télévision installée à Douala, un intervenant faisait remarquer que le gouvernement tout comme le parti réagit toujours de manière puérile. Il a fort bien rappelé une réaction analogue du Cameroun face au rapport d’Amnesty international sur la corruption. Un démentie énergique qui sera suivi deux ans après par une reconnaissance de la corruption comme problème de fonds au Cameroun

Certains journaux ont par ailleurs mentionné le caractère superflu de ces révélations qui sont un secret de polichinelle au Cameroun et qui deviennent rapidement des scandales de plus. Mais pour une certaine opinion bien avisée, cette agitation a eu pour but d’écarter les camerounais du vrai objectif du rapport qui était celui de démontrer la responsabilité des pays occidentaux dans le pillage des pays sous développés.


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