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Affaire du bébé volé: La justice prend le gouvernement à contrepied

Elle a ordonné l’exécution d’une reconstitution des faits, avec des suspects et les victimes, démentant les positions antérieures de certains ministres

Le ministère public et les présumés coupables cités dans l’affaire dite du bébé volé, se sont retrouvés à l’hôpital gynéco-obstétrique mercredi 08 janvier 2012, sous le couvert de la population, mais aussi d’un fort dispositif de sécurité de la police camerounaise. En présence du procureur de la République près le Tribunal de Grande instance du Mfoundi, Jean Fils Ntamack, trois suspects, le visage voilé, ont revisité ce qui se serait passé en cette journée d’août 2011, où le bébé de la jeune fille a disparu. Les présumés coupables, dont une jeune fille et deux hommes, ont tout recommencé devant la délégation du procureur de la République et de la Police judiciaire, de l’entrée de la structure jusqu’à la maternité. Quelques personnes ont été interpellées comme suspects et entendues dans le cadre du dossier. Il m’a semblé utile de procéder à la reconstitution des faits, le but étant de croiser les informations, de vérifier sur le terrain leur véracité, de manière à les confronter au scénario possible tel qu’il a pu se développer sur le théâtre des opérations, a précisé le procureur. Selon lui, cette étape de la procédure judiciaire a été enrichissante, autant pour les représentants du ministère Public que toutes les parties prenantes. Je suppose que chacune d’elles aura tiré d’importantes leçons pour la suite de la procédure, a indiqué le magistrat aux quelques journalistes présents sur les lieux.

À l’extérieur du périmètre de sécurité, la tension était palpable. À la fin d’une reconstitution dans l’hôpital et qui a été menée hors de vue de la presse, le procureur a dit avoir recensé beaucoup d’informations qui seront utiles pour la suite de l’information judiciaire. À ce jour, il n’existe pas de véritable version officielle de l’affaire du bébé de Vanessa Tchantchou. Mais en optant pour une reconstitution des faits, la justice à mis en mal la position du gouvernement dont certains de ces représentants ont fait des déclarations surprenantes sur le dossier. M. Issa Tchiroma, ministre de la communication a déclaré le bébé mort et enterré, s’appuyant sur la thèse médicale qui voulait que né prématuré, le nouveau né ne pouvait survivre. Madame Bankang Bock, ministre des Affaire sociales a dit que le bébé ne pouvait avoir été volé et le ministre Mama Fouda de la Santé publique a dit ignorer complètement jusqu’à l’éclatement médiatique qu’un bébé aurait été volé dans un des hôpitaux de la capitale.

L’affaire a pris une nouvelle tournure, lorsque des organisations de la société civile ont pris l’affaire en main avec eux des hommes politiques. Il y a six moi, Vanessa Tchantchou, 17 ans (à l’époque), rentre à l’hôpital gynéco obstétrique de Yaoundé, pour y accoucher son enfant. L’enfant disparaitra au bout de quelques jours, sans que l’on ne puisse lui donner une explication cohérente à cette situation. La presse qui a relayé l’affaire croit savoir que l’enfant aurait été volé pour être remise à une magistrate pour adoption, dans le cadre d’un trafic d’enfant. Vanessa elle a décidé de ne pas partir de l’hôpital tant qu’elle ne voyait ni son bébé, ni son cadavre. Lorsque j’étais enceinte, j’ai subi la honte, l’humiliation de mes amis et du quartier. J’ai été stigmatisée, et lorsque enfin j’accouche, on me vole mon enfant, comment voulez vous que je puise laisser cette affaire comme cela, je préfère mourir, aurait déclaré la jeune fille, selon des informations rapportées par un journaliste ayant suivi l’affaire dès le début. Les conclusions de l’enquête sont très attendues.

La jeune mère veut voir son bébé, mort ou vivant
JDC)/n



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