Politique › Institutionnel

Affaire du Chantier Naval du Cameroun: L’ex directeur général devant la barre

Un après sa mise en détention, le procès de Zaccheus Fordjindam et ses coinculpés s’est ouvert à Douala

Poursuivi pour détournement de deniers publics, l’ex DG du chantier naval était attendu au Tribunal de grande instance du Wouri où l’affaire devait faire l’objet d’une audience publique pour la toute première fois. Zacchaeus Forjindam sera donc sans aucun doute le personnage principal de cette autre affaire de détournement des fonds publics au Cameroun. A ses côtés on aura six autres co-accusés, dont Mme Njoh Moudio Rose, l’ex-Directeur Administratif et des Ressources humaines du CNIC. En plus du crime de détournement de deniers publics pour lequel il est principalement poursuivi, Zacchaeus Forjindam devra également répondre des faits de « complicité d’intérêt dans un acte », qui remontent eux aussi à l’époque où il officiait comme Dg du CNIC.
Lé début de ces audiences publiques lève un pan de voile sur les doutes qu’il y avait quant à la poursuite de l’affaire. On se souvient que les juges avaient dû gérer un état de confusion, notamment sur les pièces contenues dans le rapport du commissaire aux comptes, le juge d’instruction avait décidé de confronter les différentes parties. En la circonstance l’ancien directeur général du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) avait été opposé à trois personnes : Louis Claude Nyassa, le président du conseil d’administration (Pca), Antoine Bikoro Alo’o, le directeur général de l’entreprise et l’expert-comptable Charles Kooh II, par ailleurs commissaire aux comptes du Cnic.

Selon certaines sources, les accusations initiales portaient sur un montant global de 998 millions de Fcfa sur plusieurs exercices. Au cours de longues heures de confrontation, Louis Claude Nyassa n’aurait pas eu d’arguments solides pour justifier le déclenchement de cette affaire. Notamment sur la question de savoir pourquoi il a privilégié le rapport du commissaire aux comptes à celui du Contrôle supérieur de l’Etat. Pour leurs parts les avocats de la défense ont toujours rejeté les accusations formulées contre leurs clients. Il est resté constant à leurs yeux que les éléments de preuves versés au dossier d’accusation manquaient d’authenticité.

La partie civile n’a effectivement pas réussi à produire des originaux des pièces soutenant leurs allégations. Bikoro qui n’était pas en fonction au moment des faits, avait lui mis cela sur le compte de la gestion peu orthodoxe qu’il a trouvée. Charles Kooh II affirmait lui qu’il avait obtenu les photocopies à partir des originaux par l’entremise d’Antoine Njiande, le directeur financier de l’époque. De même, il serait resté sans voix lorsque le juge d’instruction lui a demandé s’il avait rencontré l’ex-Dg pour élucider les manquements de sa gestion avant d’aller faire des dénonciations judiciaires. Il faut indiquer que cette affaire porte sur trois volets et la responsabilité du préjudice. Le juge d’instruction aura finalement retenu contre Zacheus et compagnie les chefs d’accusation pou rune somme de près de 85 millions de francs. Ainsi s’ouvre un procès qui s’annonce aussi populaire que ceux ayant impliqués les autres cibles de l’opération dite Epervier à Douala et Yaoundé. Ce, d’autant plus que l’ancien Dg du Cnic bénéficie, depuis le déclenchement de ses déboires, des soutiens multiformes aussi bien des militants de base de son parti politique, le Rdpc, que des patriarches et des chefs traditionnels de la région du Nord-ouest dont il est ressortissant.

Zaccheus Fordjindam
africapresse.com)/n
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