Société › Faits divers

Affaire du PID: Des ex dirigeants en détention provisoire

La justice camerounaise leur reproche les faits de collecte illégale de l’épargne publique et fonctionnement illégal

Accusés de collecte illégale de l’épargne
On le sait depuis vendredi 13 mai dernier, quatre anciens gestionnaires du Programme international d’encadrement et d’appui aux acteurs de développement (PID), font aujourd’hui l’objet d’une détention provisoire, à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. Il est reproché à Jean Paul Ntede, Paul Ndzana, Onana Onguené et Joseph Marie Eloundou les faits de collecte illégale de l’épargne publique et fonctionnement illégal d’établissement financier. Des sources introduites auprès du dossier indiquent aujourd’hui que l’affaire préoccupe au plus haut point et que l’enquête serait suivie par la présidence de la république, en raison de l’évocation de la France et du gouvernement camerounais comme partenaires lors du lancement de l’organisation. Les autorités camerounaises ne se sont pas prononcées sur le rôle qu’elles auraient ou pas joué dans la mise en place de cette organisation. Pour l’ambassade de France au Cameroun, c’est tout tranché. Le service de coopération et d’action culturelle a démenti toute collaboration avec le PNEAAD/PID par le biais d’une affiche publiée dans ses locaux et invitant le public à la prudence dans ses relations avec ce programme. L’agence française de développement et la chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux, pourtant citées comme partenaire par le PNEAAD/PID, ont également démenti toute relation avec ce programme. Dans le même temps, nous avons adressé un courrier officiel au PNEAAD/PID le mettant en demeure de cesser de faire référence à la coopération française dans ses documents de communication sous peine de poursuites judiciaires. La semaine suivante, le programme avait changé son nom en PID et ôté toute mention de la France dans sa nouvelle brochure, pouvait-on lire dans un communiqué signé du 16 mars dernier, et publié sur le site internet de l’ambassade. Initialement la structure, aujourd’hui PID, avait pris forme vers avril 2010 sous l’appellation de Programme National d’Encadrement et D’appui aux Acteurs du Développement (PNEAAD)

Les difficultés du programme incriminé ont débuté depuis décembre 2010. Des dirigeants de l’organisation devenue entre temps PID avec le logo de la coopération française en moins sur ses prospectus, ont fait l’objet de plaintes. Les adhérents se plaignaient du train de vie des dirigeants alors qu’ils ne recevaient pas encore les promesses annoncées. Au sein même de l’organisation, des divergences sont apparues. Ayant compris que la mission d’assainissement que nous nous sommes assignée était contraire à la logique de prédation qu’ils y ont installé, ils ont tôt fait d’enlever tous les ordinateurs qui avaient les données. Pis, la dette due aux prestataires n’est pas pour l’instant quantifiable en attendant que l’un des cabinets approchés s’en occupe, car ici nous faisons face à un enchevêtrement de marchés fictifs et de surfacturations énormes. A titre d’exemple, il y a des stylos à bille vendus à 100Fcfa qui sont taxés au PID à 700Fcfa faisait savoir Martin Biwole, un des dirigeants, dans une interview accordée au journal Mutations. Les observateurs jugent la qualification judiciaire des faits assez complexe. Selon le témoignage des personnes proches du dossier, le programme a vu le jour sous la bienveillance de l’association camerounaise des acteurs du secteur informel. Ses promoteurs disaient uvrer en partenariat avec la coopération française et le gouvernement du Cameroun, pour le développement économique des acteurs du secteur informel moyennant certaines conditions. Notre ambition est de voler au secours des acteurs du développement à travers l’encadrement, la formation et le financement des projets, tout cela en droite ligne de la politique gouvernementale dont le cheval de bataille est la lutte contre la pauvreté et le chômage, facteur d’instabilité et de délinquance, affirmait-on du côté de L’organisation. Tout au long de l’année 2010, l’organisation a connu une forte extension. Le PID disposait déjà de 14 antennes et 25 agences dans les dix régions du Cameroun. Ses responsables soutiennent aujourd’hui qu’ils employaient 801 personnes. Dans un contexte où une loi encadre les activités de crédit, on en est encore à se demander comment une telle structure a pu voir le jour et vivre pendant plusieurs mois impunément au Cameroun.

L’ambassade de France dans un communiqué avait démenti toute implication avec ce projet camerounais
ambafrance-cm.org)/n


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