Politique › Institutionnel

Affaire du PID: Enfin une réaction du gouvernement camerounais

Le ministre de la communication a tenu à apporter des précisions à la presse sur cette affaire d’escroquerie

Résurrection d’un vieux dossier
La famille présidentielle camerounaise indexée dans l’affaire du PID (Programme International d’Encadrement et d’Appui aux Acteurs du Développement), le ministre de la communication a démenti cette information. Face à la presse lundi 08 août Issa Tchiroma informe que dans un élan de colère, des victimes de cette affaire d’escroquerie ont décidé d’effectuer des marches de protestation devant l’ambassade de France et la présidence de la république, pour rentrer en possession des biens dont ils ont été dépouillés. Toujours selon le ministre de la communication, 12 000 personnes auraient été victimes de cette organisation soit en tant que fournisseurs, soit en qualité d’individus et entreprises confondus. Le gouvernement croit voir dans cette marche, une récupération par des personnes que le ministre Tchiroma dit être identifiées, et dont le seul but est de créer l’instabilité dans le pays. Par ailleurs, concernant la famille présidentielle que certains commentaires annonçaient impliquée dans le projet, le ministre de la communication fait savoir qu’en aucun cas un seul membre de la famille présidentielle n’a participé de près ou de loi à cette initiative. Il indique aussi que la justice a pris l’affaire en main, et qu’elle suivrait son cours.

Un acte de diversion ?
La presse a globalement été surprise par l’opportunité pour le gouvernement de communiquer sur cette affaire qui a alimenté l’actualité au mois de mai 2011. L’information nouvelle était que des victimes s’apprêtaient à marcher à la présidence et à l’ambassade de France. Mais ce fait divers ne fait pas vraiment l’actualité majeure dans la capitale. Or le ministre convoquant la presse, a parlé d’un sujet important et qui fait l’actualité au Cameroun. Pour certains journalistes présents, le gouvernement aurait tenté de faire une diversion, dans un contexte politique marqué par le revirement surprenant du Social Democratic Front de John Fru Ndi, qui prenant tout le monde à contre pied, demande aujourd’hui aux personnes de s’inscrire sur des listes électorales. Or jusqu’à vendredi 05 août dernier, le consensus dans ce parti d’opposition, était qu’il n’y aurait pas d’élection dans les conditions actuelles d’organisation. D’un autre côté, la communication du ministre de la communication intervient aussi le jour même où un texte du président Biya sur le vote de la diaspora a été rendu public. Le texte en question retire toute compétence effective à Elections Cameroon (ELECAM), et confie les pleins pouvoirs au ministère des relations extérieures et ses démembrements à l’étranger.

Quatre milliards de FCFA détournés par les présumés escrocs
Pour revenir à l’affaire du PID, le 13 mai dernier, quatre anciens gestionnaires de ce programme sont mis en détention provisoire à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. La justice reproche aujourd’hui encore à Jean Paul Ntede, Paul Ndzana, Onana Onguené et Joseph Marie Eloundou les faits de collecte illégale de l’épargne publique et de fonctionnement illégal d’établissement financier. Des sources introduites auprès du dossier indiquaient déjà que l’enquête serait suivie par la présidence de la république, et on comprend mieux pourquoi : l’Ambassade de France et la présidence de la république sont citées par les victimes. Pour l’ambassade de France au Cameroun, c’est tout tranché. Le service de coopération et d’action culturelle avait déjà démenti toute collaboration avec le PNEAAD/PID par le biais d’une affiche publiée dans ses locaux et invitant le public à la prudence dans ses relations avec ce programme. L’agence française de développement et la chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux, pourtant citées comme partenaire par le PNEAAD/PID, ont également démenti toute relation avec ce programme. Dans le même temps, nous avons adressé un courrier officiel au PNEAAD/PID le mettant en demeure de cesser de faire référence à la coopération française dans ses documents de communication sous peine de poursuites judiciaires. La semaine suivante, le programme avait changé son nom en PID et ôté toute mention de la France dans sa nouvelle brochure, pouvait-on lire dans un communiqué signé du 16 mars dernier et publié sur le site internet de l’ambassade. Initialement la structure, aujourd’hui PID, avait pris forme vers avril 2010 sous l’appellation de Programme National d’Encadrement et D’appui aux Acteurs du Développement (PNEAAD). Lors de son lancement, on a parfois vu des membres du gouvernement et des autorités administratives. Ces gens là sont aujourd’hui tellement malins qu’ils peuvent flouer tout le monde, je pense juste que les gens doivent comprendre que l’argent facile cache un piège, a répondu le ministre Tchiroma face à cette remarque. Les dommages pour les victimes auraient atteint la somme de 4 milliards de FCFA. Celui qu’on présente comme le cerveau de toute cette affaire est aujourd’hui en fuite.

Issa Tchiroma Bakary, ministre de la communication et porte parole du gouvernement camerounais
Journalducameroun.com)/n
À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut