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Affaire FIFA-FECAFOOT: L’Intégralité de la Communication du Ministre de la Communication, face à la Presse Mercredi 24 Juillet 2013

Par Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication

Monsieur le Secrétaire Général du Ministère de la Communication,

Monsieur l’Inspecteur Général,

Messieurs les Conseillers Techniques N°1 et N°2,

Madame, Messieurs les Inspecteurs,

Madame, Messieurs les Directeurs et Chefs de Divisions,

Chers Collaboratrices, Chers Collaborateurs,

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

Chers Invités,

Mesdames, Messieurs,

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue, à cet échange auquel je vous ai conviés, pour nous entretenir sur un sujet de l’heure.

Je suis d’autant plus à l’aise de vous recevoir dans ce cadre, qu’il s’agit d’une circonstance heureuse, qui concerne l’actualité sportive de notre pays.

Vous l’avez certainement compris, le sujet de notre conversation de ce jour porte sur la décision prise par la Fédération Internationale de Football Association, la FIFA, de lever la mesure de suspension provisoire, qui, depuis le 04 juillet dernier, pesait sur la Fédération Camerounaise de Football, la FECAFOOT.

La nouvelle étant donc connue depuis le 22 juillet dernier, date à laquelle la FECAFOOT en a été notifiée par le Secrétaire Général de la FIFA, Monsieur Jérôme VALCKE, le Gouvernement a pensé qu’il était important d’apporter à la presse les faits et circonstances ayant conduit à cette suspension, dans l’optique d’une meilleure compréhension du rôle que le Gouvernement aura été amené à jouer dans la gestion de cette crise.

Il s’agira ensuite de vous informer sur le processus qui aura permis de parvenir à cet heureux dénouement, grâce à une parfaite convergence de vues entre le Gouvernement camerounais et les instances de décision de la FIFA.

La mise sur pied du Comité de Normalisation et son fonctionnement effectif depuis le 22 juillet dernier constitue, quant à elle, le point de départ d’une refondation du football camerounais et d’une reconquête de ses lettres de noblesse.

D’abord en ce qui concerne le contexte et la genèse de la crise, qui a atteint son paroxysme avec la décision de suspension de la FECAFOOT par la FIFA, il y a lieu de rappeler que c’est le lancement du processus électoral, ainsi que les conditions de son déroulement depuis les Ligues décentralisées jusqu’au Comité Exécutif de la FECAFOOT, qui, de par l’ambiance délétère qui avait entouré ledit processus, est à l’origine de la situation de crise.

En effet, pour des raisons internes à la FECAFOOT relatives aux rivalités et aux dissensions liées à la conduite de ce processus électoral, de vives tensions se sont manifestées de part et d’autre. Ces tensions et rivalités se sont exacerbées au fil du temps, au point de perturber l’ordre public et de mettre en péril la paix et la stabilité sociales.

Après en avoir appelé, sans succès, à la raison les uns et les autres, dans le but de surseoir à ce processus et à le différer en raison de cet état de choses, le Gouvernement a dû prendre les responsabilités qui s’imposaient et user des pouvoirs de police administrative générale qui lui sont dévolus, comme dans tout État de droit, dans le but de préserver l’ordre public et la paix sociale.

Car, comment imaginer en effet, que des désordres, des troubles ou des manifestations de tous ordres, susceptibles de mettre en péril la vie sociale, puissent se dérouler dans un État digne de ce nom, sans que les autorités qui en ont la charge, prennent les mesures qui s’imposent pour, soit prévenir de telles situations, soit y remédier.

Voilà comment il faut comprendre cette intervention des pouvoirs publics, qui n’avait rien à voir avec le fonctionnement interne de la FECAFOOT, et qui ne pouvait donc constituer aucune ingérence dans les affaires intérieures de cette organisation.

Face à la persistance du climat de dissension en son sein, la FECAFOOT, qui avait décidé de faire tenir son Assemblée Générale Élective en date du 11 juin 2013, va, de son propre chef, solliciter l’appui du Gouvernement pour que des mesures de sécurité spécifiques soient prises à cet effet.

Pour répondre à la sollicitation de la FECAFOOT, une concertation a été organisée sous les auspices de Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Au terme de cette concertation, un consensus s’est dégagé sur l’impossibilité à mettre en place le dispositif sécuritaire nécessaire dans les délais qui s’imposaient ; d’où l’accord entre les différentes parties, sur la nécessité d’un report sine die de la date de tenue de l’Assemblée Générale Élective.

Plus tard, à la suite de la situation de vacance qui s’est produite à la tête du Comité Exécutif de la FECAFOOT, les instances dirigeantes de la FECAFOOT vont à nouveau solliciter la médiation du Gouvernement, pour concilier les différents antagonismes soulevés par la gestion de cette vacance.

L’idée de la mise en place d’un Comité transitoire est alors retenue et acceptée par les différents protagonistes de la FECAFOOT, à charge pour eux de le faire valider par leur Assemblée Générale.

Ces deux dernières péripéties indiquent clairement que le Gouvernement ne s’est jamais impliqué, ni de près, ni de loin, dans les décisions que la FECAFOOT avait à prendre, et que c’est toujours à la demande de celle-ci qu’il est intervenu en tant que facilitateur, et non en tant que décideur ou donneur d’ordres, tout comme il n’a jamais été question pour le Gouvernement de soutenir tel candidat ou tel autre à un poste quelconque de la FECAFOOT.

Et c’est dans ce contexte que va intervenir la décision du Comité d’Urgence de la FIFA, suspendant à titre provisoire la Fédération Camerounaise de Football.

Au vu de ce qui précède, il apparaît donc que, si nous sommes parvenus à ce niveau de la crise, qui a culminé avec la décision de suspension, c’est avant tout à cause des égoïsmes de certains de nos compatriotes, qui se sont obstinés à privilégier leurs intérêts personnels au détriment de ceux de la nation tout entière d’une part, et d’autre part, leur acharnement à instrumentaliser cette crise pour opposer le Gouvernement camerounais à la FIFA.

Conscient de cet état de choses, et en raison de l’importance que revêt le football dans la vie de notre pays, et son rayonnement à travers le monde, le Chef de l’État, Son Excellence Paul BIYA, ne pouvait demeurer indifférent à une telle situation.

Résolument à l’écoute de la Nation et de son Peuple tout entiers, et conscient de la peine que cette situation infligeait à ses compatriotes, le Président de la République a donc décidé de s’impliquer personnellement dans le solutionnement de cette crise.

Il a pour cela, dépêché une mission de haut niveau auprès de la FIFA, conduite par le Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, et composée du Ministre des Sports et de l’Éducation Physique et de l’Ambassadeur du Cameroun à Berne, en Suisse.

Le but de cette mission était de présenter à la FIFA toutes les dispositions du Gouvernement camerounais à coopérer avec elle dans le sens d’une normalisation durable de la situation, en lui présentant la vérité des faits, et dire sa disponibilité pour la recherche des solutions idoines à la reconstruction du football camerounais.

Une fois de plus, on a pu se rendre compte à quel point la discrétion, la méthode et l’efficacité de l’action personnelle du Président BIYA, auront permis de parvenir à des résultats fort probants, alors que notre pays se trouvait dans une position particulièrement délicate.

Cette levée de la suspension de la FECAFOOT, qui faisait planer de gros nuages sur l’avenir de notre football, est donc à mettre avant tout à l’actif du Chef de l’Etat en personne.

Le résultat positif auquel son entreprise aura abouti constitue à n’en point douter, un formidable pied-de-nez à tous ceux-là, qui voyaient déjà en cette mesure de suspension, l’opprobre et le déshonneur, une cruelle contre-performance pour le Cameroun.

Ce faisant, l’implication du Président de la République dans ce dossier aura permis de renouer les fils du dialogue avec la FIFA.

Aujourd’hui, c’est en toute sérénité que le Cameroun et la FIFA peuvent travailler en toute symbiose, la main dans la main, pour la renaissance tant désirée de notre football.

Qui ne se souvient pas en effet des prouesses de nos Lions Indomptables qui, pendant de longues années, ont enflammé le monde entier et propulsé notre pays, voire notre Continent, dans la cour des plus grands ?

Qui d’entre nous ne voudrait revivre ces exploits de nos ambassadeurs du football qui, à chaque fois, poussaient toujours plus loin les limites de nos espérances ?

C’est cette onde d’espoir que porte l’action que vient de mener le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA, et à laquelle nos partenaires de la FIFA ont été bien inspirés de faire écho.

C’est donc le lieu ici de saluer la réceptivité et l’ouverture dont les dirigeants de la FIFA ont fait preuve face à cette initiative du Gouvernement camerounais, qui leur aura permis de prendre connaissance de la réalité de la situation qui prévalait sur le terrain au Cameroun, et de statuer en conséquence.

Par la volonté constructive dont elle aura bien voulu faire montre, la FIFA vient d’offrir au football camerounais l’occasion de sa reconstruction et de sa refondation à long terme, à un moment où il en avait grandement besoin.

La Nation camerounaise tout entière lui sait gré de ce choix et de cette option.

À nous à présent de prendre notre destin en main pour cette refondation de notre football, dont la première pierre a été posée avec l’installation et la mise en service du Comité de Normalisation nommée par la FIFA, et comprenant des personnalités dont personne ne peut douter, ni de la compétence, ni de la probité, ni de la capacité à relever un tel défi.

Ce que le Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA attend à présent de la jeunesse sportive toute entière, c’est de prendre résolument pied dans cette nouvelle voie qu’il vient d’ouvrir, pour la refondation et la reconquête de la gloire d’antan de notre football.

Ainsi, les Lions Indomptables pourront-ils redevenir ce que jamais, ils n’auraient dû cesser d’être : c’est-à-dire le symbole vivant et la flamme ardente de notre unité et de notre soif d’émergence.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Le Ministre de la Communication,
Issa Tchiroma Bakary
Porte parole du gouvernement.

Issa Tchiroma, ministre camerounais de la Communication
cameroun-online.com)/n
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