Politique › Institutionnel

Affaire Marafa et coaccusés: Délibéré dans deux semaines

La décision est celle du juge Gilbert Schlick après que l’ancien ministre et les avocats de ses coaccusés aient prononcé leurs plaidoiries

Procès express.
L’affaire Marafa arrive à son terme, avec l’annonce par le juge Gilbert Schlick dans la nuit d’hier jeudi à ce vendredi 7 septembre 2012, de son délibéré le 21 septembre prochain. L’ancien ministre d’Etat accusé d’avoir participé au détournement d’une somme de 29 millions de Dollars US a simplement clamé son innocence. Monsieur le président, jugez-moi, et si tel est la loi, condamnez-moi, mais ne me condamnez pas pour détournement, je n’ai pas touché à un radis des 29 millions de dollars. Jugez-moi, et si tel est la loi, condamnez-moi, parce que je représente une menace pour un petit groupe d’individu subjugué par la quête du pouvoir aux relents de tribalisme. aurait fait savoir Marafa Hamidou Yaya, selon des propos rapportés par un journaliste proche de l’affaire. Tout au long de la soirée, les avocats de la défense se sont évertués à démontrer que l’accusation n’a pas apporté un début de preuve sur les accusations des détournements qui ont conduit à l’arrestation de monsieur Marafa, mais aussi de l’homme d’affaire et ancien directeur de la défunte Cameroon Arilines (CAMAIR), Yves Michel Fotso. Les avocats de la défense ont notamment critiqué les commentaires de l’accusation, interrogeant l’assistance sur les preuves qui ont été apportées jusqu’ici. Tout au long du procès, l’opinion en a appris davantage sur la célèbre affaire de l’avion présidentiel. L’accusation a exposé le fait qu’un compte bancaire que l’accusé Marafa a reconnu être le sien avait été la destination initiale d’un virement révoqué par les suisses, de 1,5 millions de Dollars. Une chose que Monsieur Marafa a aussi niée. Un premier jugement rendu sur cette affaire, a déjà permis d’acquitter Jean Marie Atangana Mebara, successeur de l’accusé Marafa au Secrétariat Général de la Présidence de la République (SGPR), mais de condamner Jérôme Mendouga, l’ancien ambassadeur du Cameroun aux États Unis.

Pour un verdict très attendu
L’ancien ministre et ses coaccusés ont plaidé non coupables depuis le début de cette affaire. J’ai été chargé de coordonner cette activité à travers un mode de financement précis et collégial, le SBLC (stand-by Letter of Credit) qui était un mode de financement innovant sécurisé qui n’a pas été respecté. Malgré cela, l’avion a été fabriqué, immatriculé, assuré, réceptionné techniquement, mais j’ignore pourquoi il n’a pas été livré au final expliquait Marafa lors de son premier interrogatoire par un des avocats de la défense. L’ancien ministre a aussi maintenu la position selon laquelle le Président de la République était au courant de l’affaire de manière constante. Je n’ai été qu’un simple exécutant. La seule personne qui avait le pouvoir de décider, c’est le Président de la République. On ne peut pas me donner plus de pouvoir que je n’en ai en réalité. De plus, je tenais le Président informé de tout le processus d’acquisition de cet avion, expliquera Marafa dans son contre interrogatoire. Coupable ou pas coupable, la date du 21 est très attendue et les spéculations se poursuivent. Dans certains médias, il a été dit que Marafa serait libéré et pas Yves Michel Fotso. D’autres plus proches du régime, ne doutent pas de la condamnation de celui que certains veulent porter aujourd’hui en héros national, après la publication de plusieurs lettres à lui attribuées, dans lesquelles les travers du régime ont été mis à découvert. De nombreux points de l’affaire n’auront cependant pas été examinés et bien expliqués. Des éléments comme la décision de la justice suisse relativement aux virements accusateurs, celle de la cour des faillites de l’Etat américain de l’Oregon dans laquelle il apparait clairement que le gouvernement camerounais savait exactement où était son argent, et avait cherché à le récupérer ou à obtenir une compensation par la voie judiciaire. Des faits qui tendent à disculper les accusés. Pourtant une question demeure concernant Marafa, celle de savoir pourquoi en sa qualité de patron de la police pendant des décennies, il n’a jamais ouvert une enquête sur le sujet et présenté des conclusions, vu qu’il a continué d’être informé du sujet un certain temps encore. Il appartient désormais aux juges d’évaluer les arguments des uns et des autres.

Marafa Hamidou Yaya dans l’attente du verdict de son procès
journalducameroun.com)/n

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