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Affaire Sitrafer: Rencontre infructueuse au ministère des transports

Les parties prenantes ne sont pas parvenues à un accord, un comité interministériel devrait se tenir sur le sujet mercredi 16 janvier prochain

Le ministre Robert Nkili en charge des transports, n’est pas parvenu à concilier les protagonistes de l’affaire qui oppose les employés de la Société de Transformation du Fer au Cameroun (SITRAFER), à leurs dirigeants. Les syndicats sont restés fermes sur leurs positions, l’obtention du paiement des cinq mois d’arriérés de salaires dus par leur employeur. Une revendication qui les a poussé en début de semaine à bloquer le chemin de fer entre Yaoundé la capitale du Pays et Ngaoundéré dans l’Adamaoua un peu plus au nord. Les observateurs se sont interrogés sur les objectifs de cette rencontre initiée par le ministre Nkili et surtout son opportunité, alors qu’un Comité Interministériel était déjà annoncé. Au cours de la rencontre, Jacques Bimaï le Directeur Général de SITRAFER a reposé les difficultés qui étaient les siennes. « Le chiffre d’affaire de notre entreprise est passé de près de 2,8 milliards à 600 millions de FCFA. Ajouté à ces soucis financiers, nous avons de grosses difficultés internes. Nous somme les victimes d’un abus de nos partenaires, et il y a comme une envie d’éteindre la SITRAFER », a déclaré le dirigeant. Un argument qui a déjà été évoqué à l’occasion de rencontres précédentes, mais qui avait été battue en brèche lors d’une assise avec le ministre du travail Grégoire Owona. Le partenaire CAMRAIL avait démontré preuve à l’appui, qu’il avait toujours honoré ses engagements auprès de la SITRAFER.

Le ministre Robert Nkili s’est voulu rassurant, notamment à l’endroit de monsieur Bimaï. « Il n’est pas question pour l’Etat de prononcer la liquidation de la SITRAFER » a indiqué monsieur Nkili qui a aussi invité les syndicats à faire preuve de patience. Ce n’est pas la première assise de la sorte sur ce dossier de SITRAFER. Septembre 2012, le ministre du travail a donné l’injonction à monsieur Bimaï, de régler au plus tard dans une quinzaine de jours, les 9 à 10 mois d’arriérés de salaires, revendiqués par ses employés. Toujours selon la position gouvernementale, une partie de ces salaires devait être payée au plus tard mercredi le 11 juillet prochain. La poursuite des tensions et des grèves est la preuve que les choses ne vont pas pour le mieux. Une chose intrigue dans cette affaire, c’est le fait que Monsieur Bimaï soit le seul à gérer la situation. SITRAFER selon des observateurs neutres, c’est un cas classique de « poule aux ufs d’or désormais boudée ». Créée en 2001, l’entreprise a pour ambition de répondre à l’exigence de concession faite à CAMRAIL de sous-traiter localement certains de ses travaux de maintenance sur la voie ferrée. Si le secteur privé est prédominant dans l’actionnariat, l’Etat du Cameroun y est présent depuis 2010 à 40,5% à travers son apport propre. Il reste difficile de comprendre que l’entreprise ait perdu la confiance de son principal client, la CAMRAIL, alors qu’il venait de consolider son capital.

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