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Affaire Skripal: May rĂ©unit son Conseil de sĂ©curitĂ©, Moscou rĂ©clame « preuves » ou « excuses »

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La première ministre britannique Theresa May rĂ©unit mardi son Conseil de sĂ©curitĂ©, après que Moscou eut exigĂ© la veille des « preuves » ou des « excuses » de Londres qui l’accuse d’ĂŞtre responsable de l’empoisonnement d’un ex-espion russe au Royaume-Uni.

« TĂ´t ou tard, il faudra rĂ©pondre de ces accusations infondĂ©es: soit fournir des preuves, soit prĂ©senter ses excuses », a dĂ©clarĂ© aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, tandis qu’Ă  Bruxelles les chefs de la diplomatie de l’Union europĂ©enne faisaient bloc derrière Londres, l’assurant de leur « totale solidaritĂ© ».

Tout juste rĂ©Ă©lu pour un 4e mandat avec un score Ă©crasant, le prĂ©sident russe Vladimir Poutine avait vivement rejetĂ© toute responsabilitĂ© dimanche soir, parlant de « grand n’importe quoi ».

Mais, tandis que le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, a Ă©voquĂ© de nouvelles sanctions contre Moscou, Theresa May a rĂ©itĂ©rĂ© ses accusations lundi en dĂ©clarant: « J’affirme que ce que nous avons vu montre qu’il ne peut y avoir d’autre conclusion que la culpabilitĂ© de l’Etat russe dans ce qu’il s’est passĂ© dans les rues de Salisbury », petite ville du sud-ouest de l’Angleterre oĂą l’ex-espion Serguei Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, ont Ă©tĂ© attaquĂ©s.

Mme May doit rĂ©unir Ă  nouveau le Conseil de sĂ©curitĂ© britannique mardi pour faire le point sur l’affaire.

Le prĂ©sident français Emmanuel Macron a appelĂ© lui « les autoritĂ©s russes Ă  faire toute la lumière sur les responsabilitĂ©s liĂ©es Ă  l’inacceptable attaque de Salisbury, et Ă  reprendre en main fermement d’Ă©ventuels programmes qui n’auraient pas Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s Ă  l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques » (OIAC).

« La rĂ©ponse de la Russie a dĂ©montrĂ© un mĂ©pris Ă©vident pour la paix et la sĂ©curitĂ© internationales », a commentĂ© pour sa part le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Otan Jens Soltenberg, « nous continuons Ă  demander Ă  la Russie de fournir des informations complètes sur le programme Novitchok Ă  l’OIAC ».

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki et la chancelière allemande Angela Merkel se sont entendu lundi pour que l’UE « donne une rĂ©ponse ferme et non seulement symbolique » Ă  l’affaire, a dĂ©clarĂ© M. Morawiecki Ă  Varsovie.

L’ex-agent double et sa fille ont Ă©tĂ© empoisonnĂ©s le 4 mars Ă  l’aide, selon les Britanniques, d’un agent innervant identifiĂ© comme appartenant Ă  la famille des agents Novitchok, dĂ©veloppĂ©s par la Russie. Ils sont toujours dans un Ă©tat « critique », selon la police.

– Absurde –

Des experts de l’OIAC sont arrivĂ©s lundi au Royaume-Uni pour rencontrer leurs collègues du laboratoire militaire de Porton Down, près de Salisbury, et de la police britannique. Ils doivent repartir avec des Ă©chantillons de la substance utilisĂ©e.

Ces prĂ©lèvements « seront testĂ©s dans les laboratoires internationaux les plus rĂ©putĂ©s », les rĂ©sultats devant ĂŞtre connus au mieux « après deux semaines », selon les autoritĂ©s britanniques.

« Que quelqu’un puisse penser qu’en Russie quelqu’un se permettrait de faire de telles choses juste avant l’Ă©lection et la Coupe du monde de football, c’est absurde, du grand n’importe quoi », a commentĂ© Vladimir Poutine.

« Nous avons dĂ©truit toutes nos armes chimiques sous la supervision d’observateurs internationaux », a-t-il affirmĂ©, assurant que la Russie Ă©tait « prĂŞte » Ă  « participer aux enquĂŞtes nĂ©cessaires ». « Pour cela, il faut que la partie d’en face (les Britanniques, ndlr) soit aussi intĂ©ressĂ©e. Pour l’instant, nous ne le voyons pas ».

La porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova, a elle suggĂ©rĂ© que d’autres pays que la Russie travaillaient sur les substances Novitchok.

« Ces pays, ce sont le Royaume-Uni, la Slovaquie, la RĂ©publique tchèque, la Suède. Au sujet des Etats-Unis, il faut aussi se poser la question », a-t-elle dit sur la chaĂ®ne Rossiya 24.

Des allĂ©gations fermement rejetĂ©es par la RĂ©publique Tchèque, la Slovaquie et la Suède lundi. « La Russie devrait plutĂ´t rĂ©pondre aux questions du Royaume-Uni », a tweetĂ© la ministre suĂ©doise des Affaires Ă©trangères Margot Wallström. L’ambassadeur de Russie a Ă©tĂ© convoquĂ© au ministère.

– Nouvelles sanctions en vue-

Le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson, Ă  Bruxelles lundi pour chercher le soutien de ses homologues europĂ©ens, a qualifiĂ© « les dĂ©mentis de la Russie » de « plus en plus absurdes ».

La veille, il avait affirmĂ© que Londres disposait de « preuves que la Russie a non seulement cherchĂ© Ă  dĂ©velopper des agents innervants Ă  des fins d’assassinat ces dix dernières annĂ©es, mais a aussi fait des rĂ©serves d’agents Novitchok ».

En rĂ©action, le Royaume-Uni a dĂ©cidĂ© d’expulser 23 diplomates russes et de geler des contacts bilatĂ©raux. La Russie a rĂ©pondu en expulsant 23 diplomates britanniques et en ordonnant la cessation des activitĂ©s en Russie du British Council, un organisme faisant la promotion des relations culturelles et de l’Ă©ducation.

Boris Johnson a expliquĂ© que les individus « qui ont fait fortune grâce Ă  la corruption et en lien avec le Kremlin, avec Vladimir Poutine » pourraient devoir expliquer l’origine de leurs biens situĂ©s au Royaume-Uni, sous peine de saisies.

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