Société › Faits divers

Affaire Vanessa Tchatchou: Des condamnations et toujours pas de bébé

Deux personnes ont pris des peines d’emprisonnement à l’issue du procès en instance, mais la jeune maman ne sait toujours pas ce qu’est devenu son bébé

Trois personnes ont été condamnées jeudi 18 octobre 2012 à des peines d’emprisonnement, pour leur implication présumée dans le vol du bébé de la jeune Vanessa Tchatchou, dont le drame avait ému une partie de l’opinion publique au Cameroun. Jocelyne Alabi Ngbwa, principale accusée de l’affaire et poursuivie pour enlèvement de mineur ayant entraîné la mort de ce dernier a pris 25 ans de prison ferme. Son amant, Djadja Pamen Siranho et son ami Abialina Charles s’en sortent chacun avec 20 ans d’emprisonnement ferme. Dans cette affaire, seul un des vigiles en poste à l’hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé et poursuivi dans le même dossier pour complicité, été acquitté. Tout en reconnaissant que Monsieur Zoa Martin a facilité la sortie du bébé, te tribunal lui a aussi fait bénéficier de la circonstance atténuante de bonne foi. Alabi Ngbwa s’était présentée comme une maman en détresse, s’étant trompée de chemin et ayant sous la main un bébé décédé qu’elle et ses complices conduisaient à la morgue de l’hôpital Général de Yaoundé. Jocelyne Alabi Ngbwa avait reconnu sa culpabilité. Lors des débats, son avocat a indiqué qu’au moment des faits, elle n’avait ni prémédité son acte, ni l’intention affirmée de faire du mal au bébé enlevé. Elle voulait simplement simuler un accouchement pour reconquérir son amant qui l’abandonnait. La défense avait aussi plaidé pour l’excuse atténuante et le circonstance personnelle de minorité et trouble psychologique. Un argumentaire qui n’a pas ému le collège des juges.

Le verdict laisse cependant deux groupes de personnes insatisfaits. Le premier est celui des complices présumés de la jeune Jocelyne. Selon les avocats de Charles Abialina et Djadja Pamen Siranho, ils ne sont que des victimes d’une farce sagement montée par la principale accusée qui a plaidé coupable. Ils se disent prêts à se déployer et à continuer de clamer leur innocence en appel. De son côté, Vanessa Tchatchou elle aussi reste sur sa position. Bien avant le verdict, elle et son avocats se sont désistés depuis le 04 septembre expliquant que la piste explorée par le tribunal ne permettait pas de parvenir à l’identification des vrais coupables de vol du son bébé. L’intellectuel Patrice Nganang n’a pas hésité à parler de catastrophe juridique. « Ce ne sont pas les coupables qui sont condamnés mais des innocents pauvres, analphabètes et ils payent pour ce statut qui est le leur. Ils payent pour les riches, les réseaux qui n’ont jamais été inquiétés, interrogés, démantelés! J’interpelle en premier les hommes d’Églises et les responsables des différentes religions qui s’expriment au Cameroun, j’appelle la société civile. Nous devons arrêter de protéger ces lobbies au détriment de la famille et de la valeur humaine. Nous savons tous que les coupables sont à l’extérieur », a-t-il commenté avant d’ajouter, « Je suis triste pour ceux qui sont en prison mais je le suis encore plus face à la décrépitude de notre système judiciaire ». Il y a un peu plus d’un an, la jeune Vanessa Tchatchou accouche d’un bébé jugé prématuré. Quelque temps plus tard, elle n’aura plus de nouvelle de son enfant et refuse de sortir de l’hôpital. Au passage le Directeur de l’hôpital a été démis de ses fonctions. Pour la jeune Vanessa le combat se poursuivra tant qu’elle n’aura pas de nouvelles de son enfant.

Une marche avait été organisée pour faire avancer le procès
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