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Affichage publicitaire Ă  Douala: une pollution visuelle et mentale

Par Alphonse Ayissi Abena, Président national de la Fondation camerounaise des consommateurs

Lettre ouverte à Fritz Ntonè Ntonè, délégué du gouvernement à la CUD

Monsieur le DĂ©lĂ©guĂ© du Gouvernement, l’affichage publicitaire constitue non seulement une pollution visuelle (participant de beaucoup Ă  la ville « Douala moche ») mais Ă©galement une pollution mentale, avec des consĂ©quences sur la santĂ© publique et l’environnement.

La situation de l’affichage publicitaire est un vĂ©ritable scandale dans la ville de Douala. Rien ne semble pouvoir enrayer le gigantisme qui est maintenant de rigueur. Nous assistons, impuissants, Ă  l’accaparement de l’espace public au profit de quelques-uns. Avec la multiplication aberrante des panneaux 6Ă—4, la saturation visuelle avec l’arrivĂ©e des bâches de plusieurs centaines de mètres carrĂ©s sur les façades d’immeuble ainsi que des Ă©crans gĂ©ants Ă©nergivores, notre regard est en permanence parasitĂ© par la rĂ©clame commerciale.

De plus, certains dispositifs représentent un encombrement sur les trottoirs et donc un obstacle à la circulation des passants et plus particulièrement des personnes à mobilité réduite.

Actuellement, La pollution visuelle due à ces publicités intempestives est une vraie préoccupation en matière de protection du paysage. Est-il nécessaire de signaler que nous payons tous la publicité ? Telle une taxe masquée, elle est incluse dans le prix de tous les produits que nous achetons.

Cependant, une redevance est versée par les régisseurs à la CUD, à quoi sert- elle vraiment ? Notre ville manque de tout: aires de jeux pour enfants, terrains de sport, salle de spectacle et bibliothèques.

A la libertĂ© d’information commerciale, qui s’est transformĂ©e en un droit au matraquage et au harcèlement, la Fondation camerounaise des consommateurs oppose la libertĂ© de non-rĂ©ception pour nos concitoyens. La publicitĂ© est lĂ©gitime, mais elle ne doit pas ĂŞtre imposĂ©e. Chacun devrait avoir le choix d’accĂ©der ou non Ă  cette information. L’espace public est un bien commun, c’est un lieu d’Ă©change et de rencontre qui ne peut ĂŞtre privatisĂ©.

Monsieur le DĂ©lĂ©guĂ©, la rĂ©glementation sur l’affichage publicitaire inscrite dans la loi N°2006/018 du 29 dĂ©cembre 2006 rĂ©gissant la publicitĂ© au Cameroun est laxiste, vous pouvez agir concrètement pour que le territoire de votre communautĂ© urbaine ne soit plus le terrain de jeu des afficheurs publicitaires.

Il nous semble que le caractère rĂ©sidentiel et agrĂ©able d’une ville est inversement proportionnel au nombre de panneaux publicitaires qui sont imposĂ©s Ă  la vue des rĂ©sidents ou des visiteurs.
Gandhi disait « celui qui voit un problème et qui ne fait rien, fait partie du problème ».

Voici nos propositions pour lutter contre la pollution visuelle, la privatisation de l’espace public, pour protĂ©ger les enfants et les Ă©coles, pour lutter contre le gaspillage Ă©nergĂ©tique et la pollution Ă©mis par ces dispositifs publicitaires, pour retrouver la beautĂ© de notre ville et reconquĂ©rir les espaces pĂ©ri-urbains:


-Interdiction de l’affichage publicitaire aux abords des Ă©coles
– La limitation des Formats des panneaux publicitaires Ă  16 m²
-L’enlèvement des panneaux publicitaires scellĂ©s ou installĂ©s sur les trottoirs
– Limitation de la publicitĂ© lumineuse : contrĂ´le de l’intensitĂ© lumineuse des dispositifs, notamment dans le cadre des Ă©conomies d’Ă©nergie et afin d’Ă©viter les pollutions nocturnes
– Limitation de la densitĂ© des dispositifs publicitaires dans la ville : en instaurant une inter-distance minimale de 200 m
De plus en plus de villes dans le monde bannissent les panneaux publicitaires de leurs villes pour des raisons esthĂ©tiques et d’amĂ©lioration du cadre de vie. Vous aussi, vous pouvez agir pour diminuer l’affichage publicitaire dans votre ville. Soit en ne renouvelant pas les contrats avec les afficheurs, soit en adoptant un Règlement Local de PublicitĂ© très restrictif.

EspĂ©rant une rĂ©ponse favorable de votre part, nous vous prions de croire, Monsieur le DĂ©lĂ©guĂ©, Ă  l’assurance de notre respectueuse considĂ©ration.


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