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Afrique Centrale: le Redhac s’insurge contre les crimes et violations des droits humains

Par le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac)

Le réseau des Défenseurs des droits humains en Afrique centrale «Redhac» vient de commettre un livre qui illustre les exactions aux droits humains en Afrique centrale. Nous publions ici le propos liminaire de Me Alice Nkom, présidente du Conseil d’administration au cours de la conférence de presse de présentation de l’ouvrage.

Violations sur les sans voix
Permettez-moi de vous dire, que le plaisir reste toujours celui des Membres du Redhac chaque fois que l’occasion nous est donnée de nous réunir autour de la question «Droits Humains» et plus encore lorsqu’il s’agit des violations faites à l’endroit de ceux qu’on appelle communément «La voix des sans voix», et dont les journalistes forment un maillon essentiel. Comme ce fut le cas en 2014 pour la présentation du livre du Redhac intitulé: «Les droits humains et les états de l’Afrique centrale: situation des Défenseurs et Perspectives Démocratiques pour le XXIe Siècle». Le Redhac a encore travaillé sans relâche et tient à vous présenter aujourd’hui le Fascicule Intitulé: «Crimes graves et violations des droits humains en Afrique centrale».

Crimes dans les zones à conflits armés.
L’objectif de ce travail qui a duré 10 mois était de réaliser «documenter les crimes graves des Droits Humains commis dans les zones à conflits armés et dans les pays considérés à «hauts risques» en Afrique Centrale» ceci pour un plaidoyer auprès des Institutions nationales, régionales et internationales pour la lutte efficace contre l’impunité qui se traduit par la poursuite des bourreaux devant une justice équitable et impartiale, accompagnée d’une juste indemnisation et réparation des victimes. 6 pays sur 8 que couvre le Redhac appelés pays cibles ont fait l’objet de cette recherche. Il s’agit de: (la République Centrafricaine, la République Démocratique du Congo, la République du Cameroun, la République du Congo, la République du Tchad et la République du Gabon).

Six pays concernés.
Ce fascicule rend compte, témoigne et dénonce les crimes graves des Droits Humains commis dans les 6 pays. Les cas ont été documentés par les points focaux du Redhac à travers les interviews des victimes et de certains bourreaux. Notamment en:

République du Congo Brazzaville: séquestration, torture, traitements inhumains et dégradants.

République Démocratique du Congo: viols, crimes rituels, mutilations, assassinats des bébés. Tout ceci a été commis d’une part: par les services de sécurité gouvernementale (FARDC, PNC, ANR, T2 région,) et d’autre part, par les groupes armés étrangers (FDLR, ADF/NALU) et nationaux (FPC, FDDH, APCLS, NDC, NYATURA), en toute impunité.

République du Gabon: Crimes rituels, vente des ossements humains et cannibalisme en vue de conserver le pouvoir ou son rang social.

République du Tchad: Traite des personnes (femmes et enfants) en particulier, viols des filles mineures en toute impunité avec la complicité de certains agents de sécurité.

[b République Centrafricaine: Exécutions sommaires accentuées depuis le coup d’Etat du 23 Mars 2013, Assassinats des adolescents, viols des femmes et enfants (filles et garçons).

République du Cameroun: Homophobie ambiante, actes de tortures commis en toute impunité par certains chefs traditionnels, bavures policières et abus de pouvoir, insécurité provoquée par la secte Boko Haram.

Contexte.
Pendant des décennies un arsenal répressif à caractère politique, juridique et judiciaire a été mis en place par de nombreux chefs d’Etat dont la longévité au pouvoir est inédite créant ainsi un déni de droit de la part de ceux-là même qui doivent en principe assurer la protection des populations. Cette situation se caractérise par:
Certains pays en Afrique Centrale (République Centrafricaine, République Démocratique du Congo) sont plongés dans de troubles ethnico-politiques. Dans ce contexte, les populations perdent leurs biens, les familles perdent les êtres chers, les femmes sont violées, les enfants sont enrôlés comme des soldats.

L’insécurité provoquée par la montée de la secte Boko Haram qui multiplie les attaques meurtrières au Cameroun et au Tchad a amené les gouvernements de ces pays à restreindre d’avantage les libertés. Il y a un risque réel de blocage de toute forme d’Alternance et de bonne gouvernance dans ces pays.

Par la prise pour cible des populations en utilisant les crimes rituels comme moyen de conservation du pouvoir et/ou de leur rang social(Gabon).

«Non-Etats» dans les «Etats de Droits»
Cette situation crée les «Non-Etats» dans les «Etats de Droits» car, ses crimes graves des droits humains sont davantage commis pendant ces moments difficiles. Ces crimes d’ailleurs restent très souvent impunis par les arrangements des politiques et rebelles au détriment des victimes en quête de réparation et vivant avec les traumatismes physiques, psychologiques et matériels.

Les défenseurs qui dans ces conditions essayent de rappeler à l’Etat le respect de ses engagements de protecteur des Droits Humains et des libertés individuelles, et de l’autre et aussi de dénoncer pour condamner avec sa leur dernière énergie les exactions commises par tous les groupes armés rebelles et/ou les terroristes sans foi ni loi qui sèment la terreur, sont très souvent pris à partie par chacun de ces groupes lorsque cela arrange ces derniers. Alors même que ces défenseurs ne font qu’être aux côtés des populations désemparées et peu éduquées pour tenter de les arracher à l’indifférence, à l’abandon et à l’oubli.

Recommandations.
Après avoir planté le décor ci-dessus, le Redhac a fait des recommandations aux institutions suivantes, (voir page 20 à 22): Chefs d’Etat de l’Afrique Centrale; Commissions Nationales des Droits de l’Homme et des Libertés; la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples; les mécanismes Onusiens des droits humains; la société civile et aux bailleurs de fonds.

Ce fascicule sera remis aux autorités de tous les pays de l’Afrique Centrale concernées par la recherche, il sera également présenté à la 57e Session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui se tient en Novembre 2015, pour une prise de conscience et une action urgente et durable de la part de toutes les parties concernées, avec un leadership fort des Etats de l’Afrique Centrale pour la LUTTE EFFICACE CONTRE l’IMPUNITE et pour que cela ne se reproduise plus jamais en Afrique Centrale.

Ce fascicule ne représente qu’un échantillon de la recherche qui a été faite par les points focaux du Redhacrelatif à la documentation des crimes graves des droits humains en Afrique Centrale. Il doit servir d’exemple.

A vous Défenseurs des Droits Humains, Journalistes, Nos vaillants soldats, Héros sur le champ de bataille contre la secte Boko Haram qui sème la terreur, nous disons courage, vous n’êtes pas seuls!!!

A vous, Madame la Directrice Exécutive du Redhac au Cameroun: mention spéciale pour le courage et la détermination, ainsi que l’esprit de sacrifice dont vous faites preuve pendant cette période où vous totalisez pas moins de 5 agressions de votre domicile et de vos bureaux devenus la cible de violentes violations de la part d’individus de grande lâcheté, couverts d’une impunité qui insulte tout Etat de droit qui aspire à l’émergence.

Sachez que le monde entier observe et exhorte l’Etat du Cameroun à assurer votre protection et celle du statut de défenseur des Droits de l’homme consacré par la loi internationale onusienne.

non, 3 fois non à l’impunité, oui pour un Etat de droit.!


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A SAVOIR

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