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Afrique Centrale/Politique monétaire: Des réformes annoncées

Leur portée reste inconnue, mais la Banque centrale a annoncé vouloir occuper une plus grande place dans les activités économiques de la sous-région

A l’issue de la session du 28 mars 2012 de son Conseil de politique monétaire, le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), a fait savoir entre autres informations, que la réforme de la politique monétaire sous régionale avançait. Le Comité de Politique Monétaire (CPM) a pris acte de l’état d’avancement des réflexions par rapport à la réforme de la politique monétaire de la BEAC et validé les grandes orientations formulées dans le cadre du séminaire de présentation de cette réforme, a fait savoir Lucas Abaga Nchama. La portée et les axes de cette réforme annoncés restent inconnus du grand public. Mais interrogé sur la question, M. Nchama a fait savoir que de manière globale, il sera question entre autres, d’envisager une adaptation des instruments d’intervention de la BEAC, en vue de la placer au-dessus de la chaine des prêteurs.

Le gouverneur de la Banque Centrale de la CEMAC a évoqué comme raisons et pêle-mêle, la faiblesse du marché interbancaire et la difficulté pour les banques de se faire refinancer sur placement de certains titres publics. Ce qui semble théorique pour les profanes et pourtant un gros problème de financement pour les économies de la sous-région. De manière globale, les établissements financiers d’Afrique centrale offrent le même type de produits financiers, à des degrés divers. Il en résulte que les banques prêtent très peu entre elles. D’un autre côté il est aussi admis que les titres obtenus dans le cadre des opérations d’emprunts obligataires ont du mal à s’échanger sur le marché secondaire. Cela crée une situation de grippage pour le marché financier et de l’efficacité du crédit à l’économie. De nombreux observateurs s’interrogent pourtant sur la pertinence d’une telle réforme au niveau de l’Afrique centrale. La question du prêteur en dernier ressort débute avec la crise de liquidité à laquelle a été confronté le système bancaire international en 2008. En Europe par exemple, la politique menée par la Banque Centrale depuis le début de cette crise, a mis à jour, ce rôle non prévu par les textes, de banquier de dernier ressort, intervenant par des moyens non-conventionnels, systématisant les financements «collatéralisés» et les rachats de dettes souveraines, et cela est devenue une réalité solide et durable.

Le siège de la banque centrale à Yaoundé

Réforme oui mais doit être adaptée
En Afrique centrale à priori, les fondements du système financier sont demeurés stables en raison d’une gestion rigoureuse. D’un autre côté, les banques sont sur liquides et recourent très peu aux mécanismes de refinancement. Au dernier semestre 2010, le montant global de refinancement sollicité dans la sous-région était de 13 milliards de FCFA pour un plafond effectif de 51 milliards. Les banques sont donc solides et pourtant certains segments productifs de l’économie de la sous-région ne parviennent pas à accéder aux financements. L’Afrique centrale vit ainsi une crise du crédit avec pourtant un système financier présenté comme solide. Cela a emmené certains observateurs à se méfier d’une réforme qui serait inspirée de la zone économique partenaire européenne, qui comme la zone franc est obligée de faire face à une crise monétaire avec des risques d’impact sur plusieurs pays. L’Afrique centrale se doterait ainsi d’un instrument préventif. Pourtant une réelle réforme de la politique monétaire de la BEAC est une nécessité impérieuse. Parmi les suggestions qui reviennent, les aspects des statuts de l’institution en rapport à la politique monétaire doivent évoluer. Le vrai objectif des banques centrales dans le monde est de soutenir la possibilité pour leurs économies de conserver ou conquérir de nouveaux marchés (compétitivité) fait remarquer Babissakana, un ingénier financier. En Afrique centrale tout est plutôt fait pour que la monnaie demeure stable, face à son partenaire européen notamment. Un objectif que des experts jugent inopportun. Les dysfonctionnements ne se voient pas encore parce que les ventes du pétrole sont encore bonnes. Imaginez ce qui arrivera le jour où il n’y aura plus de pétrole. En plus il ne faut même pas attendre ce jour-là. Alors que ceux qui travaillent dans la filière pétrole ont de grosses ressources, ceux qui occupent d’autres segments, notamment l’agriculture, et qui sont les plus nombreux, sont aussi les moins nantis fait remarquer Bernard Ouendji, un ancien haut cadre des finances au Cameroun.


Journalducameroun.com)/n

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