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Afrique du Sud: l’inquiétant « cluster » de la prison d’East London

C’est l’un de ces fameux « foyers » de l’épidémie de coronavirus tant redoutés par les autorités sud-africaines. En quelques jours, pas moins de 55 détenus et 25 gardiens de la prison d’East London, dans le sud du pays, ont été déclarés positifs, à la grande inquiétude de leurs familles.

Ayanda Botha est même plus que préoccupée. Elle redoute le pire pour son neveu, incarcéré dans le centre pénitentiaire de cette ville.

« C’est une bombe à retardement », lâche-t-elle à l’AFP. « Aucune distanciation sociale n’est respectée dans cette prison, absolument aucune. Comment voulez-vous empêcher que la maladie se propage ? »

Souvent surpeuplées et insalubres, les prisons constituent l’un des nids favoris du Covid-19, qui a infecté plus de 2 millions de personnes et en a tuées au moins 145.000 dans le monde. Au point que de nombreux pays n’ont pas hésité à les vider en partie, à grands coups d’amnisties ou de remises de peine.

L’Afrique du Sud est le pays africain le plus touché par l’épidémie, avec plus de 2.600 cas dont 48 mortels.

Mais elle n’a pas libéré, pour cause de pandémie, un seul de ses 160.000 détenus incarcérés dans ses 242 établissements pénitentiaires.

Seules deux prisons ont pour l’heure rapporté des cas d’infection entre leurs quatre murs.

Le ministre de la Justice Ronald Lamola a préféré traiter la plupart des infections sur place.

Les détenus de la prison d’East London les plus malades ont bien été hospitalisés, mais les autres ont été isolés dans des cellules individuelles. Les gardiens malades ont, eux, été placés en quarantaine hors du site.

« Nous avons une confiance totale en l’efficacité de nos mesures », a assuré cette semaine le ministre Lamola, « elles permettront de libérer nos prisons du virus ».

– ‘La peur dans le regard’ –

La prison d’East London, qui accueille plus de 300 détenus et emploie quelque 80 salariés, a été entièrement désinfectée. Et comme dans tous les autres établissements du pays, les autorités y ont suspendu les visites aux détenus et renforcé leur campagne de dépistage.

Pas de quoi toutefois rassurer Ayanda Botha. « Même en faisant plus de tests, je ne suis pas convaincue qu’ils réussiront à contrôler tous les prisonniers », déplore-t-elle.

A East London, c’est un gardien qui a introduit dans la prison le Covid-19, contracté lors de funérailles dans la ville voisine de Port-Elizabeth.

Le ministère a assuré étudier des mesures pour prévenir ce type de contaminations à l’avenir.

Deux autres cas d’infection pénitentiaire ont été officiellement recensés dans la même province du Cap-Oriental, dans le centre de détention de Saint-Albans.

Leur confirmation a causé un vent de panique dans les cellules. « Les détenus ne l’ont pas pris à la légère, ils ont vraiment peur », a confié sous couvert d’anonymat à l’AFP une animatrice sociale qui intervient dans l’établissement. « J’ai vu la peur dans les yeux de certains d’entre eux. »

« Vu la surpopulation, ça peut se propager très rapidement. Le personnel pénitentiaire a adopté des mesures d’urgence pour l’empêcher », a-t-elle ajouté en mentionnant la distribution de masques et de gants aux détenus.

« Le dépistage a été intensifié aussi bien à East London qu’à Saint-Albans », insiste l’animatrice. « Le personnel comme les détenus sont testés dans des pièces séparées et toutes les règles d’hygiène sont appliquées. »

Incarcéré à Saint-Albans, le frère de Mavuyi Themba a été testé positif au nouveau coronavirus. Il est inquiet mais fait confiance au personnel pour protéger les détenus.

« Je vois le travail qu’ils font pour lutter contre la maladie et je suis plutôt optimiste », assure M. Themba à l’AFP. « Il y a beaucoup de monde là-dedans, mais les gardiens font de leur mieux pour isoler les malades et appliquer les règles d’hygiène. »


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