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Afrique du Sud: Tensions après l’assassinat d’un nazi

Eugène Terre Blanche sera inhumé vendredi 9 avril. Le leader afrikaner dénonçait le «pouvoir communiste noir». Il aurait été tué pour salaires non payés

Eugène Terre’Blanche, fondateur de l’AWB (Mouvement de résistance afrikaner) a été assassiné par deux de ses employés, dans sa ferme de Ventersdorp (nord-ouest du pays). Selon les premières informations, il n’avait pas versé leurs salaires de 300 rands/mois (30 euros). Les deux ouvriers agricoles, âgés de 15 et 28 ans ont été présentés à un juge. Ils ont accusés d’effraction, de meurtre, de tentative de vol et d’atteinte à la dignité de la personne. Les suspects, remis en détention jusqu’à la prochaine audience le 14 avril, ont quitté le palais de justice sous les cris. Les militants de l’extrême droite blanche, qui s’étaient rassemblés devant le tribunal, avaient déserté les lieux. Par crainte de débordements, un important dispositif policier avait été déployé devant le tribunal.

Ce meurtre a ravivé les querelles raciales dans un pays encore marqué par l’apartheid. En effet, l’homme avait longtemps été un leader d’extrême droite, champion de la suprématie blanche. En son temps, cette faction politique avait recours à tous les moyens pour tenter d’empêcher la chute de l’apartheid puis, l’avènement d’une Afrique du Sud non raciale et démocratique. Le mouvement avait adopté un emblème très proche de la croix gammée de Adolf Hitler, composé de trois sept renversés, symboles de la victoire finale du Christ, et surmonté d’un aigle nazi.

En 1993, il avait organisé une série d’attentats meurtriers avant les premières élections multiraciales de 1994. Auteur de diatribes enflammées contre le «pouvoir communiste noir», Terre’Blanche, cette année-là, menaçait: Si Mandela ne nous donne pas notre volkstaat (territoire blanc), nous combattrons jusqu’à conquérir l’ensemble de l’Afrique du Sud.

Pour apaiser la situation, les autorités ont lancé un appel au calme et demandé aux leaders politiques de tout faire pour maintenir l’unité du pays. Le ministre de la Police, le commissaire national et la chef du gouvernement provincial ont rendu visite à la famille de la victime. Le président Zuma a invité ses compatriotes à ne pas permettre aux agents provocateurs de profiter de la situation en alimentant la haine raciale. A ce jour, aucun incident ne s’est produit. Cependant, les tensions demeurent et des débordements sont à craindre demain vendredi, jour de l’enterrement d’Eugène Terre’Blanche. L’AWB, qui existe toujours, l’a promis: Nous déciderons plus tard comment agir pour venger la mort de M. Terre’Blanche.

Eugène Terre Blanche, le leader afrikaner assassiné
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