Afrique : Le complexe permanent d’infériorité, l’exemple du Cameroun

Par Georges Njamkepo, expert consultant International

Les masques tombent enfin et chaque jour apporte sa part de révélations sur ce que pensent nos gouvernants quand il s’agit de la gestion du pays. Nous comprenons que finalement, les appels à l’unité nationale sont simplement des caches sexes pour conserver le pouvoir, des cris d’orfraies lancés en guise d’appels au ralliement, les « après moi le chaos. » balancés à l’emporte pièce et qui sonnent désormais violemment d’une seule et même voix comme un appel à la désunion nationale.

Nous en avons désormais la confirmation, il y a les camerounais à part et les camerounais à part entière, ceux qui dirigent le pays dévoilent progressivement leur stratégie de destruction de l’unité du triangle nationale et jamais ils n’ont eu la moindre intention de créer une véritable nation, juste se ménager des soupapes de sécurité pour qu’enfin le peuple les laisse tranquilles dans leur uvre de dévastation et de déconstruction nationale, de prédation et d’avantages indus sur l’économie du pays.

Nos lectures des dernières semaines appellent de notre part, plusieurs commentaires et des questions que nous nous faisons le devoir de livrer au grand public, étant entendu qu’il est inadmissible de rester silencieux face à la menace ethno-fasciste que certains veulent faire peser comme une épée de Damoclès sur la tête des camerounais.

Un silence coupable
Comment peut-il se faire que des grands commis de l’ETAT dont l’une des caractéristiques premières aurait dû être le devoir de réserve et le silence, puissent se vautrer dans le coin d’un bâtiment sur une des collines de la capitale, non loin du Palais d’Etoudi, siège des institutions, pour déverser des flots d’insanités sur le peuple camerounais qu’ils sont censés protéger, remettant ainsi en cause le principe même de la continuité de la vie dans la cité, excitant, encourageant et consommant de par le fait, une rupture entre la base et le sommet de la pyramide.

Si des propos de cette nature sont rapportés au grand public sans aucune réaction du gouvernement ou même de la plus haute autorité du pays, laissant leur silence coupable confirmer le contenu, s’ils se permettent de parler avec autant de libertinage et d’inconscience mais surtout d’aplomb sans pour autant être sanctionnés, le peuple camerounais aura noté que finalement ils disent tout haut ce que nombre de leurs collègues pensent, mais surtout, ils nous confirment qu’ils n’ont aucun compte à rendre à ce peuple sans qui ils ne seraient rien.

Alors que finalement dans leur posture d’homme d’état, ils savent que tout ce qu’ils disent sera un jour su et répété, comment ont-ils pu imaginer, sauf à passer pour des incultes, qu’avec les nouveaux réseaux de communication, leurs propos resteraient secrets tant il est vrai qu’un secret, dès que deux personnes le partagent, n’est plus un secret. Est-ce toujours pour obtenir les grâces de ces occidentaux qu’ils se croient obligés d’aller se confier, nous confirmant enfin le fait que c’est finalement aux occidentaux que revient la charge du choix de nos gouvernants.

Est-ce un complexe d’infériorité qui habite nos gouvernants, au point où, toute honte bue, ils s’en vont gaiement se vautrer dans les jupons et sur les genoux de l’ambassadrice des USA pour confier leurs peines et leurs angoisses, leurs appréhensions et leurs craintes et finalement leur incurie.
Madame l’Ambassadrice des USA, a-t-elle autant de pouvoir que cela, ou alors sert-elle tout simplement pour ces Ministres, de courroie de transmission et d’intermédiaire pour passer des messages à leur chef dont ils ont une peur bleue et dont les colères sont semble-t-il légendaires.

Il y a quelque chose de nauséabond dans ce qui se passe autour de nous, les dés sont pipés, on le savait, mais ça fait toujours un drôle d’effet de l’entendre vertement affirmé par les individus que l’on a souhaité créditer d’une loyauté certaine. et qui un jour justifieront leurs actes par le fameux complexe de la persécution qui les dispense de toute responsabilité face aux malheurs qui nous accablent. Pourquoi faut-il alors accuser les européens du carnage rwandais quand on sait que le ver était déjà bien agrippé dans le fruit et que la gangrène s’était métastasée ?

Un programme politique bien rodé : LA PAIX
Les appels incantatoires à la paix qui signifie en clair, appel à la médiocrité, sont devenus à chaque occasion d’élections locales ou nationales, le programme principal et le fil conducteur des apparatchiks du parti unique et unifié UNC/RDPC, comme si le pays avait un jour été en guerre, parce qu’ils savent que dans leur posture de prédateurs, il n’y a pas de quoi être fier, il y a vraiment beaucoup à redire sur ce que les gouvernants ont produit comme vide sidéral depuis bientôt cinquante ans.

Sortis de la paix comme programme principal, on entend de ci delà, des choses inertes comme la « lutte contre la pauvreté » sans vraiment savoir de quoi il s’agit. La lutte contre la pauvreté, un truc sans queue ni tête, une expression qui dit tout et ne dit rien du tout, vide de sens, vide de substance, en réalité, c’est ce que le douanier vous dit à votre descente d’avion l’aéroport international Rudolph Douala Manga Bell quand il vous soutire quelques cfa « .la lutte contre la pauvreté. mon frère !!! »

Caractérisé principalement par une vacuité abyssale, les programmes socioéconomiques de nos hommes politiques (opposition et pouvoir je les renvoie dos à dos) n’ont jamais eu l’étincelle, le sursaut patriotique, la vision qui puisse permettre au peuple d’accrocher leurs vies à un quelconque rêve.

Alors que les occidentaux s’attachent à se battre pour protéger et améliorer le bien-être des populations dont ils ont la charge, les africains se concentrent sur leur estomac, ils en sont encore à organiser des luttes fratricides avec machettes et sagaies, poisons et baguettes magiques, vaudou et incantations païennes en tout genre… le saut dans l’inconnu. Des vilains dont les cerveaux n’ont d’épaisseur que les mots qu’ils prononcent et qui traduisent ainsi le niveau de retard et l’absence de vision de ceux qui dirigent le Cameroun depuis le début de cette incroyable nuit cauchemardesque sans étoile qui a prévalu sur le continent durant les longues cinquante dernières années… La honte ne tue plus, ils ont réussi dans cette obscurité à force d’obscurantisme et de lavage des cerveaux, à faire disparaître l’idée du déshonneur et de l’infamie.

Des idées venues d’un autre temps.
Mais pour leur part, ceux qui ont publié ces télex de wikileaks savent aussi ce qu’ils poursuivent comme desseins. Ils essaient de nous concentrer sur un débat d’une autre époque déjà révolue depuis des lustres. Je suis de ceux qui pensent que le combat, le débat, la dialectique sont générationnels et que la bande de crétins et de requins, ce quarteron de vieux caïmans qui ont le pouvoir réel dans le pays, s’illustrent plus ainsi à cause de leur incapacité à prendre le pouls du monde qui les entoure.

Dans 10 ans (seulement 10 ans) que seront, les tribus perchées dans les montagnes de l’ouest, les bantous et autres fans et pygmées cachés dans leurs forêts, la grande famille des tikars, les bororos, les kirdis, les bassa, les bétis et ewondo, que seront ces tribus devenues, face au métissage et à la mondialisation, la lutte pour le leadership mondial à la recherche du contrôle des richesses et des sources d’approvisionnement en énergie étant désormais le cheval de bataille des derniers échanges discourtois à coups de kalachnikovs qui se sont déroulés sur la planète (Côte d’Ivoire, Libye.).

Par ici on défendait les dioulas contre les bétés par là il s’agissait des Toubous contre d’autres fantômes. Moralité, les occidentaux ont pris place dans la ville assiégée, pour dépecer l’animal à leur profit, chargeant les tribus, accompagnées du fameux HCR, de l’enterrement des morts pour que les restes n’empestent et n’attirent les mouches pendant leur pantagruélique repas…

Et nous continuons allégrement à parler et à deviser sur les anglos-bami, les dualas, les bétis et autres groupements familiaux qui pour se donner une existence aux yeux des autres procèdent par regroupements de ressortissants venus de leurs contrées lointaines, encourageant de par le fait, les propos malveillants volontairement violents, tenus par des individus qui n’ont de culture que celle de leur ventre et leur bas-ventre.

Je suis scotché.

Georges Njamkepo
Journalducameroun.com)/n


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