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Afrostream, le Netflix africain, annonce sa fermeture

Le Camerounais Tonje Bakang, fondateur de cette plate-forme, évoque des problèmes de trésorerie.

Le 13 septembre dernier, l’entreprise de vidĂ©o Ă  la demande, Afrostream, a annoncĂ© l’arrĂŞt de la commercialisation de son service d’abonnements, deux ans après son lancement. La fin d’une aventure entrepreneuriale plusieurs fois citĂ©e en exemple pour les jeunes startuppeurs, qui plonge ses consommateurs issus de 24 pays africains, et de 5 pays europĂ©ens, dans des interrogations.

Afrostream est, en effet, une plate-forme digitale visant la promotion des films et séries africaines, afro-caribéennes et afro-américaines. A l’origine, la startup commercialise un service de streaming légal par abonnement, proposant plus de 2000 heures de contenus disponibles sur les ordinateurs, téléphones, tablettes de plus de 12 millions de foyers en France.

Très vite, la formule intĂ©resse et le service Ă©tend sa zone de couverture. D’abord au Royaume-Uni et en Belgique, puis au Luxembourg, en Suisse, au BĂ©nin, au Burkina Faso, au Cameroun, au Congo, au Gabon, en GuinĂ©e-Bissau, au SĂ©nĂ©gal et au Togo.

Les mĂ©dias internationaux sont conquis par cette initiative. Paris Match consacre Tonje Bakang roi du netflix africain, Forbes est en admiration devant les performances du camerounais de 35ans, Tf1 s’associe Ă  la plate-forme pour proposer des contenus africains sur son site MyTf1.

Dans la foulée, Afrostream lève 4 000 000 de dollars (1 820 000 000 francs CFA) auprès des investisseurs pour développer ses différents services. Elle gagne 10 000 abonnés et devient la référence en matière de distribution de contenus digitaux du continent.


Le rĂŞve a malheureusement pris fin et l’entreprise, jadis modèle d’entreprenariat, a dĂ» mettre la clĂ© sous la porte. Comme causes, Tonje Bakang Ă©voque le retrait du principal investisseur du projet, alors que l’entreprise s’apprĂŞtait Ă  faire une 2ème levĂ©e de fonds. L’entreprise accuse aussi le coĂ»t de l’addiction aux contenus piratĂ©s, qui imposent une concurrence dĂ©loyale aux services de vidĂ©o payante. ConsĂ©quence directe, l’entreprise n’a jamais pu avoir un retour sur investissements.

« J’aurais voulu emmener mon projet plus haut, plus loin mais ça ne marche pas toujours comme prĂ©vu. Donc j’accuse le coup, je marque une pause… Pour mieux redĂ©marrer ! » affirme Tonje Bakang, qui pense nĂ©anmoins avoir gagnĂ© beaucoup de choses de cette aventure. Pour la suite, l’entrepreneur semble avoir trouvĂ© sa reconversion : « Des centaines de porteurs de projet, inspirĂ©s par mon parcours, voient en moi un mentor. Il me tient Ă  cĹ“ur de nourrir leur passion pour l’entreprenariat et l’innovation« , conclue-t-il.

 

 

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