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Agriculture au Cameroun: Les cultivateurs font avec ou sans pluie

Avec la tombée des premières grandes pluies sur le Cameroun a commencé la période agricole

La question du changement climatique a pris de l’importance dans les médias occidentaux, mais dans de nombreux pays en développement comme le Cameroun par exemple, ce sujet fait rarement la une des journaux et la population. Pourtant les agriculteurs demeurent relativement mal informés des implications de la dégradation des climats à laquelle est exposée leur activité. C’est pourquoi avec la tombée des premières grosses pluies au Cameroun, les paysans des vaste espaces agricoles du Cameroun se sont rués vers les champs. Cela a été le cas par exemple des populations de Santchou, aux confins de la Menoua et du Moungo, qui ont pris la route des champs. Il faut dire que dans son ensemble, la pratique agricole au Cameroun si elle occupe 60% de la population active, reste assez rudimentaire. Avec le retard des pluies qui participe d’après certaines thèses scientifiques des variations climatiques au plan mondial.

La pluie est indispensable dans cette activité, car certains en profitent pour labourer et bénéficier d’un sol souple. Las d’attendre les pluies, certains avaient anticipé. En cultivant et en semant dans la poussière. La délivrance arrive avec la première vraie pluie qui s’est abattue sur la région de Foumbot, et toute la berge droite de la rivière Noun. Ces aléas du climat ne sont pas pour contribuer au remplissage du panier de la ménagère qui se vide de plus en plus en raison de la hausse des prix consécutive à une baisse proportionnelle de l’offre. A l’antenne de l’institut de recherche agricole pour le développement basé à Foumbot, un assistant de recherche affirme que ces pluies qui traînent contribuent à mettre les paysans dans l’inconfort. Les cultivateurs qui ont déjà beaucoup de peine à trouver les engrais pour nourrir le sol qui se fatigue au fil des années qui doivent gérer une moisson en baisser, et des réserves qui s’épuisent dans les greniers, doivent en plus gérer la rareté des pluies.

Dschang
Journalducameroun.com)/n

Certains ont pris l’option de passer outre les caprices de la météo ou mieux encore de s’en imprégner pour mieux s’organiser. C’est le cas de certains d’entre qui ont bénéficié d’une formation sommaire de Damien Lentier. Cet agronome français se présente comme un passionné de l’agriculture. La formation qu’il donne permet aux paysans de faire pousser leurs semences, en attendant l’arrivée des pluies. En écoutant les groupes qu’il réunit et forme, il a constaté que leur souci actuel n’était pas le problème d’engrais, mais l’absence des pluies. C’est ainsi qu’il s’est penché sur les problèmes d’eau. Il a une stratégie simple : Conserver le plus d’eau dans la partie fertile du sol. Pour cela les sols argileux sont les plus recommandés, puisqu’ils conservent facilement une bonne quantité d’eau. Les déchets d’animaux fertilisent le sol, et les déchets herbacés qui sont mis sous terre pendant la période de labeur conservent facilement une bonne quantité d’eau. Dans sa théorie, il conseille aux cultivateurs habitués au mélange des cultures, de se spécifier à certaines plantes à cycle court, mais résistantes. Le haricot, le mil et le soja, résistent mieux que le maïs par exemple. Les plants de macabo absorbent plus d’eau que les ignames. En formant des groupe de 10 personnes, il les encourage aussi à se mettre ensemble, pour creuser des puits d’eau et arroser facilement leurs plantes au moins trois fois par jour. La plante qui est mise sous terre doit pour grandir, disposer de sa ration d’eau et de sels minéraux. Elle ne doit pas être pour longtemps, exposée au soleil. C’est pendant la phase d’évaporation, que la plante perd le plus d’eau. Partisan de l’action, Damien Lentier pense qu’au lieu d’attendre sur place, les cultivateurs de ces zones rurales qui ne vivent que du fruit de la terre doivent fournir des efforts, en attendant que des moyens techniques plus appropriés soient aménagés, pour contourner le manque des crues à l’avenir.

Champs de maïs à Kongsamba
Journal du Cameroun)/n

D’autres ont opté pour l’anticipation c’est le cas de ce cultivateur de la région de l’ouest. Pour y faire il procède à la canalisation, certes primitive, du ruisseau qui coule dans son domaine. Malgré son maigre débit, l’eau est régulièrement déviée avec une pelle et stockée pour arroser les champs, en temps de besoin, grâce à des lignes creusées à la main entre les parcelles et des trous d’environ 50 cm de profondeur forés sur des intervalles de 3m. De la sorte, il dispose d’assez d’eau pour cultiver de manière cyclique des espaces de maïs, à coté de ses plants de bananier plantain. Mais en dehors de ces initiatives individuelles qui ne sauraient juguler le déficit alimentaire vers lequel cours le Cameroun, il faudrait une véritable implication de l’État.

Champs de thé à Limbé
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