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Agriculture: Près de 10 milliards de FCFA pour le Cameroun

Ce financement est prêté par le fonds international de développement agricole

31 900 ménages visés par ce nouveau volet de financement
Le fonds international de développement agricole (FIDA) a accordé le 28 octobre dernier un prêt de près de 10 milliards de FCFA à la République du Cameroun. Ce montant est censé contribuer à l’amélioration des conditions de vie et des moyens d’existence des populations rurales pauvres dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, du Nord-Ouest et de l’Ouest du pays, selon une annonce faite par l’organisme de développement rural des Nations Unies. L’accord de prêt pour le projet d’appui au développement des filières agricoles (PADFA) a été signé le 18 octobre par Louis Paul Motaze, ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’aménagement du territoire et Kanayo Nwanze, Président du FIDA. L’initiative est justifiée par le fait que le Cameroun importe d’importantes quantités de produits alimentaires, ce qui le rend vulnérable face aux chocs dus aux prix extérieurs. Pourtant, le pays est doté d’un fort potentiel qui pourrait lui permettre de satisfaire la demande de produits alimentaires et d’améliorer les conditions de vie de sa population rurale qui représente plus de 80% des pauvres du pays. Ce projet financé par le FIDA a spécialement pour objectif d’accroître la production de riz et d’oignons, à en améliorer la conservation, la transformation et la commercialisation. Il vise aussi à renforcer les capacités techniques et organisationnelles des petits producteurs. Les deux parties signataires espèrent que l’accroissement de la production agricole devrait entrainer une réduction des importations des denrées alimentaires et aussi éventuellement une augmentation des exportations. 31 000 ménages vivant dans les régions concernées par le projet sont directement visés. Avec ce nouveau projet, le FIDA en est à la neuvième opération financée au Cameroun, pour un investissement total de près de 58 milliards de FCFA ayant bénéficié à plus de 560 000 ménages.

Déjà 9 programmes similaires et des résultats mitigés
Les résultats sur le terrain restent cependant assez mitigés. La politique de soutien aux petits agriculteurs semble avoir montré ses limites. Il y a quelques semaines, le ministre Motaze attirait l’attention du patronat camerounais sur la nécessité de s’investir dans l’agriculture. Nous sommes près à accompagner des projets de leurs conceptions jusqu’à la mise en place des moyen de son exploitation, laissait entendre Monsieur Mbeng, conseiller technique du MINEPAT. De nombreux observateurs ne sont pas totalement d’accord avec cette politique qui vise à aller chercher des financements à l’extérieur, pour soutenir l’agriculture locale. Ils considèrent ce choix comme étant le premier pas vers l’importation, tant décrié par le gouvernement. Seulement un peu moins de 3% du budget du Cameroun sont réservés à un secteur agricole et rural, qui pourtant contribue à près de 33% du produit intérieur brut de l’économie nationale. D’un autre côté, lorsque des projets existent comme c’est le cas pour le Cameroun, ils ne sont très souvent pas à l’abri des scandales de corruption. Cela fut le cas pour la filière maïs, lorsque des acteurs de la société civile camerounaise ont réussi à démontrer que 60% des financements accordés à ce secteur avaient été détournés, alors que le maïs est la céréale la plus importée au Cameroun. Enfin le pays s’apprête à organiser une grande fête agro-pastorale. Coût estimé de cet évènement, 15 milliards de FCFA, soit l’équivalent du tiers des financements accordés par le FIDA sur l’ensemble de ses neufs programmes au Cameroun, et qui seront dépensés en un peu moins d’une semaine: Les problèmes de l’agriculture camerounaise sont aujourd’hui devenus plus complexes qu’on ne l’imagine et qu’on se doit de faire preuve de beaucoup d’imagination et d’inventivité pour les solutionner. Et c’est là le véritable défi du développement de notre agriculture estimait dans une interview accordée au quotidien Le Jour, Bernard Djonga, un des plus actifs défenseurs des droits des agriculteurs au Cameroun.

La culture des oignons concernée par le Fida

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