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Alain Hermann Nyam Nguidjol: Une vie de kata et de Kumité

Le champion du Cameroun en technique et combat de karaté s’est construit un palmarès éloquent en France

C’est l’histoire d’un homme dont le père Adalbert Nguidjoé Nyam, magistrat, à pour ami Samuel Tchouanche, maître incontesté de karaté, plus connu sous le pseudonyme de «Mauvais Grain». C’est tout naturellement que l’avocat général auprès de la cour suprême de Yaoundé a confié son fils Alain Hermann Nyam Nguidjol, dès l’âge de six ans à son ami qui possédait à l’époque une école de karaté dénommée «Le Temple Noir». Mais Me Tchouanche mourra au début des années 90. Néanmoins, en quelques années d’initiation au Temple noir, le jeune Nyam Nguidjol a eu le temps d’être touché par le virus du karaté shotokan, par. «Mauvais Grain». Après sa disparition, grâce à Simon Mbassa, je me suis rapproché de la famille Ngara, qui possédait un club de karaté au lycée Leclerc que je fréquentais. Ensuite, entre 1992 et 1994, je me suis inscrit à Star Punch, un club de karaté fondé par Me Alexis Ndem. Après, j’ai intégré le club des Forces armées et polices, où j’ai eu comme maître Francis Kwenkeu, qui était assisté de Me Roger Nkono Adjaba. C’est sous la houlette de ces derniers que je bonifie mon karaté. Ils me font d’ailleurs découvrir le karaté occidental, dit moderne, fait de beaucoup de finesse, confie aujourd’hui Alain Hermann Nyam Nguidjol, qui aura 31 ans le 29 juin 2011.

A 19 ans, Alain Hermann Nyam Nguidjol est déjà ceinture noire de karaté 1ère dan. C’est que 13 années de pratique de kata (technique) et de kumité (combat) dans la recherche constante de la perfection a su séduire ses différents maitres. En 1999, c’est tout naturellement que le champion du Cameroun (kumité) des moins de 75 kg devient international. Non content de sa place de vice-champion d’Afrique de la zone 4 en 1999, du kumité par équipe, il se rattrapera un an plus tard sur ses terres à Yaoundé, en devenant champion dans sa catégorie. Mais mal préparé pour les Jeux africains d’Abuja en 2003, il sera éliminé en quart de finale. Après 5 titres majeurs de champion du Cameroun (3 kumité, 1 kata et 1 coupe du Cameroun par équipe), sa quête du savoir va le pousser à s’exiler vers la France, après son échec à d’Abuja. Une fois en Hexagone, il va continuer à concilier le karaté et les études (comptabilité) et glaner ainsi de nombreux titres, tant en individuel qu’en équipe. Pour sa première compétition, il est sacré champion du tournoi Fkmat. Passé après chez les moins de 80 kg, si il est sacré de nouveau champion du tournoi Fkmat, il n’obtiendra que la cinquième place en Coupe de France, en 2004 et 2ème place au tournoi international Hassan Fekak.

La même année, il est quart finaliste au championnat de France par équipe. Une position de quart finaliste qu’il occupera une fois de plus en 2005, avec la sélection de Paris (l’élite de Paris). La consécration n’arrivera qu’en 2006, quand il sera à la fois vainqueur de l’Open national d’Adidas et champion de la ville de Paris. En 2007, il rééditera l’exploit d’être champion de Paris au combat par équipe. Mais, une rupture des ligaments croisés du genou lors d’une séance entraînement (avec Me Gilles Cherdieu 5 fois Champion du monde) va l’empêcher de défendre les couleurs du Cameroun aux Jeux d’Alger, en 2007. Après sa blessure, à force de courage et d’abnégation, il reviendra plus fort, sous la houlette de son Professeur Me Attia Patrick (membre du collège des hauts gradés de France) et avec le soutien familial et de son grand ami et Me Alain Siekappen Kemayou, il obtiendra la reconnaissance de la Mairie de Paris qui lui décernera la médaille d’or de la ville de Paris et du Comité National Olympique et Sportif Français, en 2010. Ce qui restera à son avis le souvenir le plus frappant de ma vie de karatéka.

Reconversion
Pendant sa période de convalescence, l’ancien élève du Lycée Leclerc de Yaoundé, songe à sa reconversion. Devenu ceinture noire 2ème dan, en France, puisqu’il a du recommencer le passage de grade de nouveau, il se forme et obtient en 2009 le diplôme d’instructeur fédéral d’arts martiaux à l’Ecoles des cadres de Paris. Ce qui lui permet aujourd’hui d’être enseignant d’arts martiaux au sein de l’Ecole parisienne de karaté (assistant du Professeur) où il distille son savoir et sa grande expérience. La saison dernière ce club, au vu de son palmarès, était classé cinquième en France. Membre de la direction technique du collectif des karatékas camerounais de la diaspora et expert de la Fédération camerounaise de karaté, il va partager sa science lors de ses prochaines vacances au mois de juillet à Yaoundé avec la sélection nationale camerounaise de karaté qui sera en partance pour les Jeux africains de Maputo.

Après près d’un quart de siècle de pratique constante de karaté, le filleul de « Mauvais Grain » qui nourrit l’ambition d’avoir son propre club, afin que les jeunes suivent la voie: le do raconte sa passion pour cette discipline: Comme tous les enfants du Cameroun, j’ai tapé sur un ballon de football, notamment avec mes amis d’enfance comme Idris Carlos Kameni (le portier de l’équipe de Barcelone, Ndlr). Mais, je ne me sentais vraiment à l’aise qu’en Kimono. Je suis quelqu’un de réservé et le karaté me permet de décompresser. Me mouvoir sur un tatami m’apporte un plaisir énorme. Contrairement à ce que les gens pensent, le karaté n’est pas un sport violent. Il vous apprend à vous défendre mais il prône surtout des principes: la fidélité, la constance dans l’effort, le respect des autres, chercher la perfection de caractère. C’est une recherche constante d’harmonie entre le corps, l’esprit et le c ur.

Alain Hermann Nyam Nguidjol, le champion camerounais à la conquête des titres en France
Journalducameroun.com)/n

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