Personnalités › Success Story

Alain Ouombléon-Guédou débarqué du club camerounais Coton Sport!

Retour sur le parcours de ce chantre du football qui commence l’aventure camerounaise par un hasard

Agé de 37 ans, il était à la fois le manager général et l’entraîneur de Coton sport de Garoua. Son adjoint, Haman Gabriel, le remplace jusqu’à la nomination d’un nouveau coach. Une destitution qui fait suite à la double élimination du club de Garoua au stade des 8es de finale de la Ligue des champions et de la Coupe du Cameroun. Ajoutez à ces échecs, le fait que Coton Sport risque de na pas être sacré cette année pour la dixième fois et pour la septième année consécutive. A deux journées du championnat, c’est Tiko United qui tient en effet la corde avec six points d’avance sur Coton Sport, son poursuivant immédiat

Comme son compatriote Alpha Blondy, C’est à Dimbroko en Côte d’Ivoire qu’Alain Ouombléon-Guédou voit le jour le 19 mai 1972. Il est l’aîné d’une famille de 5 enfants du côté de sa mère, et de plusieurs autres du côté de son père polygame. Il passe son enfance en Côte d’Ivoire jusqu’en 1980, où il immigre en France pour des raisons familiales, je vivais avec un des mes oncles qui avait épousé une française, pour des raisons professionnelles, ils sont rentrés en France. Comme je vivais avec eux, ils ont souhaité m’avoir. Un an plus tard, je les ai rejoints en France et c’est le début de tout. En 1980, il pose ses valises à Bongolle, petite ville de campagne située à une centaine de kilomètres de la capitale Paris.
Après les classes préparatoires en Côté d’Ivoire et 2 ans passés à conjuguer sport -études dans sa ville d’adoption, il intègre le centre de formation de Nantes en juillet 1987. Il obtient en 1990 son baccalauréat G3 option Technique commercial à l’institut nantais des études sportives (l’Ines), établissement privé du centre. Il commence également le cycle de Brevet de Technicien Supérieur (Bts) en action commerciale, mais ne suit les cours que pendant un an et demie car à l’époque, je commençais à intégrer le groupe professionnel à Nantes, et les études n’étaient plus trop compatibles avec les horaires d’entraînement de l’équipe professionnelle, affirme-t-il. Pour mémoire, son entrée à Nantes est le résultat d’un heureux hasard. Il se souvient : dans le petit village dans lequel je suis arrivé à 8 ans, je jouais avec mes amis au football de façon ludique jusqu’à ce que Nantes me remarque à travers les sélections régionales. Ce qui lui permet d’être remarqué et sollicité par plusieurs clubs : Nancy, Tours, Orléans, Bourges. Finalement, nous nous sommes décidés pour Nantes qui offrait plus de garanties pour la poursuite de mes études comme le voulaient mes parents L’effet d’enjaillement passé, le petit ivoirien doit faire face à la réalité. Déjà déraciné à 8 ans, il l’est encore à 15 ans puisqu’il quitte Bongolle et rejoint le centre de formation nantais. Ce ne fut pas chose aisée pour Alain Ouombléon-Guédou. La première année passée, l’aventure devient cependant agréable, et va durer 6 ans au cours desquels, sur le plan scolaire, il prend des cours aux côtés de ses amis et futures stars de football : Karembeu, Makélélé, Loko,.nous gardons toujours des relations privilégiées, déclare-t-il.

Alain Ouombléon-Guédou
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Début de Carrière chaotique
A 15 ans, il joue dans le championnat national cadet, puis rejoint la 3ème équipe de Nantes qui évolue en quatrième division, et la 3ème année, avec toute la génération des joueurs sus cités, il joue en équipe deuxième, dont la troisième division qui est la réserve directe de l’équipe de première division où il passe près de 4 ans avec quelques incrustions au sein de l’équipe première qui comptait à l’époque des champions du monde comme Burruchaga, Desailly, Deschamps, Gravelaine, bref pas mal de joueurs qui ont marqué l’histoire du football français, contrairement à Alain Ouombléon-Guédou. Et pour cause : une vilaine blessure au genou a été pour moi un handicape, et va faire qu’au moment où tous mes amis passent en première division, je suis en rééducation. Ce qui fait qu’en 1993, mon contrat n’est pas reconduit et je dois quitter Nantes. Doté d’un dynamisme et d’un optimisme hors pair, il rechausse un peu trop vite les crampons et rejoint en 1994 l’US Avranches Mont Saint Michel, équipe de 3ème division. Mauvais choix, car il ne réussi pas à s’adapter et après 1 an, il retourne dans la région nantaise. En 1996, il entraîne le Racing club d’Ancenis qu’il quitte 2 ans après, pour une autre équipe de 3ème division française en Corse dans le sud: l’As Porto-vecchio. Il est heureux de rester sur cette île de beauté, mais la lune de miel ne dure que 4 ans. Ses rapports avec les dirigeants du club se dégradent et une fois de plus, il fait ses valises en 2000 et retourne en métropole près de Marseille, au sein du club de CFA, le stade Beaucaire. Mais il faut croire que la malchance le suit de près, puisqu’une fois de plus, il est blessé comme à Nantes au niveau du même genou. Cette fois, c’en est trop ! À 29 ans, il décide de raccrocher définitivement les crampons car il faut savoir que cette blessure met 8 mois pour être guérie. Je rêvais encore de revenir au niveau professionnel, le niveau amateur était beaucoup compliqué. Donc, je décide d’arrêter le football, et de passer à autre chose. Désormais, il se voit sur un banc de touche. En 1995, il décide de passer ses diplômes d’entraîneur, loin de son pays d’origine où il n’y a plus mis les pieds depuis 1985. Après 10 ans, il retourne justement en côte d’ivoire, pays qui tarde pourtant, à lui ouvrir les bras. Alors qu’il est encore à Nantes, les dirigeants ivoiriens le convoquent pour disputer la coupe du monde junior en 1990 au Portugal, mais je n’étais pas très bien renseigné. Les dirigeants nantais me disent que si je pars en sélection, je vais devenir un étranger dans le championnat français, et comme il y a un quota d’étrangers, je pourrais ne pas jouer. Donc, je tourne le dos à la sélection ivoirienne. Ce choix, il le regrette aujourd’hui, mais pas de façon à me morfondre. Quand il arrête sa carrière de footballeur et obtient son diplôme d’entraîneur de premier degré, il fait une autre tentative pour entraîner en Côte d’ivoire. Optimiste, il débarque à Abidjan avec l’intention de rencontrer les patrons de football ivoirien, de se faire connaître pour éventuellement rendre service et vivre dans son pays. Cette fois, c’est la Côte d’Ivoire qui lui tourne le dos, et il retourne en France.

Match à Douala
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L’aventure camerounaise commence par un hasard
2001-2002, il entraîne l’Us Savenay, et coupe définitivement le cordon ombilical avec Nantes. Il part à Paris, n’a pas de club, mais en profite pour terminer son 2ème degré de diplôme d’entraîneur à claire fontaine. 2004, il entraîne le RC de Gonesse en 8ème division. Après 6 mois, Alain Ouombléon-Guédou tombe par hasard sur une annonce de la Kadji sport académie (ksa) qui cherche un entraîneur au Cameroun. Le patron Gilbert Kadji d’abord sceptique compte tenu de sa jeunesse (32 ans à l’époque), le recrute finalement. Le franco-ivoirien démissionne de l’aéroport Roissy Charles de gaulle où il s’occupait le soir de l’enregistrement des bagages, en complément de son job d’entraîneur. Après une semaine de travail, il est engagé par la Ksa. La 2ème semaine, il est nommé directeur technique de la formation et après 6 mois, devient le directeur technique du centre. Il dirige l’équipe première pendant 5 mois, et là survient un clash entre le patron et moi pour des problèmes sur lesquels je ne voudrais pas m’étendre ici. Nos avis divergent, déclare-t-il. Avril 2005, c’est la rupture avec KSA. Il quitte Douala pour l’Afrique du Sud, mais au bout d’1 mois, las d’attendre une réponse concrète, il retourne en France où il est recruté comme manager sportif de l’olympique club de Châteaudun, équipe senior qui évolue en 5ème division. Les résultats du club ne sont pas excellents, et il arrête tout. Il passe un an hors des stades, et en profite pour se perfectionner comme formateur des jeunes, jusqu’à ce que le destin lui donne un coup de pouce via un ami en 2008. Celui-ci lui parle des pays du Golf, et il va encore à l’aventure. En Arabie saoudite, il est nommé pour un an, entraîneur des moins de 15 ans d’Al Ahly Soccer Academy de Djedda. Alors qu’il est en congé en France auprès de sa famille, surprise! Coton sport de Garoua le contacte. Un club avec lequel il a toujours gardé de bons rapports depuis le match amical du 11 février 2003, Cameroun et Côte d’Ivoire en France (victoire des ivoiriens 3 – 0). Alain Ouombléon-Guédou se souvient : mon ami Manu Penda m’a présenté à l’encadrement des lions indomptables David Mayebi, Alim Konaté… Avec Alim Konaté, on est tout de suite sur la même longueur d’onde, mais je ne le revois pas jusqu’à ce que je me retrouve à Douala où on se croise au stade et on reprend contact. Au moment où je quitte Ksa, l’entraîneur de coton à l’époque Lamine Ndiaye me dit qu’il y a un projet de centre de formation à Coton et qu’il voudrait qu’on collabore le moment venu. Alain Ouombléon-Guédou veut en effet, être un formateur des jeunes, travailler sur le long terme et être jugé au bout de 3 ans, plutôt que d’être à la merci des résultats immédiats. Après le départ de Lamine Ndiaye, Coton le contacte une première fois, mais sa formation relative à l’obtention du brevet d’état d’éducateur sportif 2ème degré, ne lui permet pas de dire oui. Plus tard, Alim Konaté le contacte encore et lui propose de diriger Coton sport, suite à l’annonce inattendue du départ de l’entraîneur français Denis Lavagne, juste à la veille de la champions league africaine. Cette fois, il accepte et quitte le confort de Djedda pour le poste de manager général de coton. Il arrive à Garoua le 05 juillet 2008 où il prend les rênes du club. L’on a pensé que c’est une erreur de confier les clés d’un grand club à un jeune entraîneur qui n’a jamais entraîné à un haut niveau. Pourtant, il réussi l’exploit de qualifier coton pour la première fois de son histoire, pour la finale de la champions league, perdue face à Al Ahly d’Egypte. Le franco-ivoirien nominé dans la catégorie meilleur entraîneur de la saison 2008 par la Caf. Il ambitionnait cette saison, de hisser Coton dans les poules de la champions league africaine.

Non, non, pas c ur à prendre. c ur déjà pris, répond-il avec hésitation lorsqu’on évoque sa face pile. Côté cuisine : j’aime toutes les spécialités de chaque pays africains. Côté loisir : je suis un fan inconditionnel de Lucky Dube. Le coach Ouombléon-Guédou a un rêve : entraîner une équipe nationale, ou un très grand club africain ou européen.

Alain Ouombléon-Guédou
Rfi.fr)/n
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