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Albert Nguidjol: Le sport reste sa passion!

Après avoir servi au Cameroun, l’enseignant de sport creuse son sillon aux Etats-Unis d’Amérique

Albert Nguidjol a rejoint le Newark Public Schools en 2003. Il a été affecté au Rafael Fernandez Performing Arts School, qui est, en fait, une école où la musique et l’art occupent une place de choix dans les enseignements. Parallèlement, il est entraîneur de football et de volley-ball à Science Park High School, le Lycée le plus prestigieux de la ville de Newark sur le plan académique. A son arrivée à Newark, il se trouve que le football se pratiquait uniquement au lycée, et remarque que les enfants qui y jouaient n’avaient pas de culture footballistique de base. Il initie alors un programme de formation de base au niveau des écoles primaires. Ce programme qui a été mis en uvre il y a cinq ans, porte des fruits positifs aujourd’hui, eu égard à la position des équipes de Newark qui remportent de plus en plus de titres au niveau régional. Albert Nguidjol a par ailleurs été consacré entraîneur de l’année de l’Essex County en 2008, par le Star Ledger, un journal paraissant dans l’Etat du New Jersey.

Ses actions
Sur un plan spécifique et notamment à l’école où il enseigne, il met un accent particulier sur la formation physique mais il essaye également de développer l’approche qui veut qu’un esprit sain aille de pair dans un corps sain. Et comme beaucoup d’élèves de cette école sont issus des familles défavorisées, voire pauvres, de parents non ou sous-scolarisés, des familles non structurées ou mal structurées, la plupart des élèves sont élevés par des mamans seules, qui vivent seules et qui n’ont pour moyen de survie que l’aide sociale qui leur est octroyée, Albert Nguidjol a ajouté une touche particulière dans le programme d’éducation physique à l’école où il enseigne; ce qui a été une grande révolution, car il enseigne cette discipline en y associant la musique camerounaise et les autres variétés africaines. Car, pour beaucoup de ces enfants, le simple sourire qu’on leur procure est une thérapie sans prix, tant il est établi que certains de ces enfants sont plus en sécurité dans l’enceinte de l’établissement. La rue est réputée dangereuse, la famille même aussi n’est parfois pas un havre de paix. En effet, quand les enfants sont à l’école, ils sont comme dans un paradis qu’il faut meubler avec tout ce qui peut être attrayant pour eux. Avant, pendant et après un cours, il n’hésite pas à se mettre dans leurs peaux, jouer avec eux, à les taquiner, en rentrant dans leurs petits souliers, les faire rire, les distraire avec la musique. Il danse même aussi avec eux, et cela porte des fruits, parce que cela semble les marquer positivement, et les aide à développer leur leadership, leur sociabilité et leurs qualités individuelles. Une bonne réponse à l’intense et pressant besoin de la jeunesse américaine dans les grandes métropoles où les challenges sont importants. Par rapport à son background en football, il n’a plus, à ce niveau, de perspectives d’avenir sur le plan personnel, comme il aime à le dire, et notamment quand il se souvient de sa consécration en qualité de meilleur entraîneur, il est venu aux Etats-Unis pour partager le peu de connaissances et d’expériences dont il dispose avec les jeunes. Et sur le plan de l’enseignement, il n’a pas non plus l’ambition d’être le meilleur enseignant, mais pense plutôt donner le meilleur de ses connaissances à ses élèves. Pour son épanouissement personnel, il avoue être suffisamment éclairé car il a beaucoup de champs d’actions, qui vont bien au-delà de l’école, et son rêve est de voir ceux qu’il appelle affectueusement ses enfants contents et épanouis. Beaucoup, d’entre eux qui sont aujourd’hui au lycée ou à l’université n’hésitent pas à lui dire leur rêve de devenir professeur d’éducation physique, simplement pour lui ressembler affirment-ils. Cela a tout d’une marque de reconnaissance à nulle autre pareille

Albert Nguidjol, l’entraineur!
Christian NGALLE )/n

Camerounais et africain, une fierté
Premier immigré africain à se voir décerner l’American Dream Award, il est également membre du Conseil d’Administration de l’International Institute of New Jersey, où il est par ailleurs trésorier. Il est également ambassadeur de la paix de l’Universal Peace Federation, depuis 2007. Très présent dans les milieux du football, il entraîne en temps partiel, dans plusieurs programmes de jeunes, à l’instar de l’United Soccer Academy qui recrute tous ses entraîneurs en Angleterre, en Irlande et en Ecosse. Les étés, il entraîne à Westpoint, la célèbre académie militaire américaine située à New York et au Pingry School de Marinsville dans le New Jersey où il est le seul africain à entraîner dans ces programmes. Albert Nguidjol s’insurge contre la méconnaissance de l’Afrique aux Etats-Unis où on pense, à tort, que le vieux continent est une entité physique unique, voire un pays, qui n’est pas aussi grand que la ville de New York. Il n’hésite pas alors de prendre la peine d’expliquer à ses frères et s urs américains que l’Afrique est tout un continent, qui a des similitudes avec les Etats-Unis du fait de son étendue, mais aussi de la cinquantaine de pays qui font partie de ce continent. Quand il se fait alors appeler africain, comme pour illustrer son pays d’origine, il rétorque avec fierté qu’il est camerounais, et qu’en Afrique on retrouve tout aussi bien les camerounais que les nigérians, les kenyans, les zambiens, etc. Et il devient pédagogue d’un instant pour dire que les nationalités ci-dessus énumérées sont des états du continent africain. Son avis sur le rôle de l’immigré, il affirme que les africains sont stéréotypés du fait de la présentation de l’Afrique comme un lieu de grande misère et de pandémies, et qu’ils doivent démontrer que ce jugement est inexact. C’est donc l’occasion pour les africains, selon lui, de s’ériger en ambassadeurs de l’Afrique en posant des actes forts et significatifs. Au-delà du désir de l’amélioration de la condition individuelle qui semble être la motivation de chaque africain qui a choisi d’immigrer aux Etats-Unis, il suggère que les immigrés donnent à l’Amérique, ce qu’elle leur a donné à un moment de leur vie quand ils ont foulé le sol de ce pays; cet appel au surpassement et à l’excellence tient aussi du fait que les immigrés voient leurs enfants naître ici et ils y vivent. C’est donc aussi une façon de semer une graine qui, si elle est savamment entretenue, devrait prospérer.

Albert Nguidjol, l’homme!
Christian NGALLE )/n


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