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Alcoolisme : la difficile Ă©tape du sevrage

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Très souvent dans le déni, une personne alcoolo-dépendante ne cherche pas d’elle-même à sortir de sa situation. L’aide lui vient généralement d’un proche.

En 2003, l’Organisation mondiale de la santĂ© estimait Ă  environ 140 millions, le nombre de personnes souffrant de dĂ©pendance Ă  l’alcool dans le monde. Parmi celles-ci, seules 100 000 consultaient dans les centres de cure en alcoologie et 48 000 consultaient un mĂ©decin pour un sevrage. On comprend donc que le traitement de l’alcoolisme comporte un volet psychologique et un volet mĂ©dicamenteux.

Pour arriver à se libérer de cette addiction, il faut passer par plusieurs étapes dont celle du sevrage. Comme son nom l’indique, l’étape du sevrage consiste à stopper toute consommation d’alcool. Ceci peut se faire chez soi, avec un accompagnement médical proposé lors des consultations. Si la personne a une addiction forte et craint de ne pas y arriver chez-elle, elle peut demander à faire une cure de sevrage en milieu hospitalier. Les cures peuvent durer 7 à 10 jours, voire  4 semaines. Dans les pays occidentaux, les patients qui en sont à cette étape n’ont pas à payer de frais car ils sont pris en charge par la sécurité sociale.

Soutien psychologique

Le sevrage a pour premier objectif d’éliminer l’alcool du corps en arrêtant totalement sa consommation. Pour la personne dépendante, c’est  donc un challenge de taille à relever. C’est pourquoi il est important pour cette personne d’avoir recourt à un soutien psychologique après cette étape. En effet, l’alcoolo-dépendance cache souvent une détresse et une souffrance intérieure plus profonde voire parfois des troubles psychiatriques graves. Ces troubles émergent bien souvent au cours du sevrage. Aussi, il est primordial qu’une évaluation psychologique soit faite et qu’un suivi soit mis en place afin de les prendre en charge.


Après évaluation et dans le cadre d’un suivi régulier, on a parfois recours à des traitements médicamenteux, dans le but de soigner les troubles psychiatriques associés (antidépresseurs, anxiolytiques, antipsychotiques). La personne alcoolique pourra alors se retourner vers des associations sociales (Alcool Assistance, Alcooliques anonymes, etc.) pour la suite de son traitement. Ces associations ont une grande importance dans le processus de guérison de l’alcoolique, en ce sens qu’elles permettent d’évaluer la situation sociale de la personne.

Quid du Cameroun?

Le processus de guĂ©rison dĂ©rouler ci-dessus ne concerne pas le Cameroun. En effet, ce pays ne dispose pas vĂ©ritablement de centres qui accompagnent les personnes alcooliques dans leur processus de guĂ©rison. On n’entend parler d’alcoolisme que lors de la cĂ©lĂ©bration de la journĂ©e mondiale de lutte contre cette maladie. En 2017, un des cadres du ComitĂ© national de lutte contre la Drogue, affirmait Ă  une consĹ“ur: « Le ministère n’ayant pas les moyens de lutter contre la maladie alcoolique, nous avons pour mission, lors de la cĂ©lĂ©bration de la journĂ©e mondiale de lutte contre la drogue, d’insĂ©rer des programmes de sensibilisation aux mĂ©faits de l’alcool. Concrètement malheureusement, nous n’y pouvons rien. Nous avons tout juste une cellule d’Ă©coute et un psychologue qui s’occupe des patients atteints de cette maladie. »

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