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Alexis Kwontchie parle des logiciels libres et de la certification Linux

Il est le responsable des Centre numérique francophones de Yaoundé I et II

«Préparation à la certification Linux LPI 101 et 102» c’est le thème d’une formation que vous (Bureau Afrique centrale et Grands Lacs de l’Agence universitaire de la Francophonie) organisez ce mois à Douala. De quoi s’agit-il exactement?
La formation que vous mentionnez est un atelier de renforcement des capacités dans le domaine des TIC – Technologies de l’Information et de la Communication – notamment dans le domaine de l’administration des systèmes informatiques équipés de systèmes d’exploitation libres, comme LINUX. C’est un atelier intensif qui dure 10 jours et qui est co-organisé par l’AUF et l’Université de Douala pour une vingtaine de participants. Cet atelier prépare et conduit éventuellement à une certification internationale du LPI (Linux Professional Institute) via des examens organisés le lendemain de la formation.

Qu’est ce qui a motivé la tenue de cette formation que vous précisez «intensive»; à quel niveau se situe le besoin exactement?
La place de l’Informatique dans notre vie quotidienne et dans celle de nos organisations est primordiale et incontournable. Les systèmes et réseaux informatiques qui équipent nos universités, entreprises, institutions sont tous intégrés de systèmes logiciels permettant de gérer leurs différentes ressources. Ce sont des «systèmes d’exploitation» (ou Operating Systems = OS, en anglais). Une catégorisation des OS en particulier, et des logiciels en général se fait suivant leurs différents degrés de «liberté»: d’utilisation, de partage, de modification. Ceux qui ont ces trois degrés de liberté sont dits «libres». LINUX est un OS libre réputé robuste, sécurisé, performant et en expansion dans nos organismes universitaires ou non. Sa maîtrise par nos professionnels des systèmes et réseaux informatiques est donc aujourd’hui un facteur clé d’efficience de nos infrastructures informatiques. Cette maîtrise doit être valorisée par une certification. D’où cet atelier qui prépare à cette certification de niveau 1 dans la classification du LPI. Je précise néanmoins que cet atelier seul ne suffit pas pour réussir aux examens de certification. Les participants doivent au préalable avoir une certaine expérience de la gestion des systèmes et réseaux fonctionnant sous Linux. Par ailleurs, l’AUF promeut l’utilisation des logiciels libres en général, que ce soit pour les logiciels d’exploitation comme Linux que pour les logiciels d’applications (par exemple en bureautique, navigation Internet, messagerie électronique respectivement avec Openoffice, Firefox, Thunderbird).

On imagine bien que ce type de formation s’adresse à un public particulier, quelle est votre cible?
Le public concerné est constitué de personnes responsables du développement et de la réalisation professionnels de systèmes et de réseaux interconnectés dans leurs organismes. Ce sont donc des informaticiens, administrateurs réseaux de nos universités, mais aussi des autres institutions (administration publique, ONG, organisations internationales, entreprises).

Quelles sont les personnes qui sont éligibles au programme?
A condition de remplir aux pré-requis de la formation et d’appartenir au public susmentionné, toute personne est éligible à ce programme, quelque soit son institution d’origine. Mais conformément à nos usages et à la convention de partenariat signée entre l’AUF et l’université de Douala, des quotas sont accordés par catégories de public: universitaires; administration publique, ONG et Associations; Entreprises, Organisations internationales et Bailleurs de fonds. Notez néanmoins que la formation qui débute ce lundi 6 septembre 2010 sera quasiment régionale voire internationale, avec des participants provenant d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale et un des formateurs provenant de France.

Les cours se dérouleront en salle ou sous forme de E-learning?
C’est une formation en salle, et non pas à distance.

Quel est le profil des personnes qui vont jouer le rôle de formateurs durant le programme et quel est leur profil en termes d’expérience?
Les formateurs sont non seulement aguerris dans la pratique quotidienne de Linux en réseau, mais ont surtout une expérience pédagogique dans la transmission des savoirs et savoir-faire des modules de cette formation. L’un d’eux est enseignant-chercheur et maître de conférence à l’université de Toulouse en France. Son travail quotidien et ses travaux de recherche s’appuient tous sur des logiciels libres. Par ailleurs il a déjà animé ce type d’atelier, notamment au Maroc. L’autre formateur est un jeune camerounais, administrateur réseau, qui a déjà animé des ateliers d’administration réseau sous Linux, a été formé pour être formateur à ce type d’atelier et a lui même déjà obtenu la certification à laquelle prépare cette formation.

Quelles sont les attentes par rapport à cette formation, notamment de votre côté?
Nos attentes sont simples: une appropriation optimale par les participants des notions enseignées, et ensuite un grand nombre de certifications obtenues à la suite des examens du 18 septembre 2010. En tout cas mieux que les 15% de réussite obtenues après les examens de certification de novembre 2007 et février 2008.

En marge de ce programme, existent-t-ils des programmes analogues, organisés par l’AUF et qui portent sur des domaines autres que le logiciel?
Les programmes de formation en salle de l’AUF sont répartis en 4 axes: Usages de base de l’Internet; Interconnexion de systèmes et de réseaux; Systèmes d’informations; Technologies éducatives. Chaque axe comprend plusieurs ateliers de formation.

Quelle valeur ajoutée peuvent espérer les participants au programme, notamment dans le cadre de l’amélioration de leur potentiel?
La valeur ajoutée minimale sera une meilleure utilisation et aussi l’acquisition de nouveaux savoirs et savoir-faire dans le domaine de la gestion de systèmes et réseaux sous Linux. Une autre valeur ajoutée essentielle est l’obtention de la certification LPI à l’issue des deux examens (LPI101 et LPI102) y conduisant. Ou tout au moins la réussite de l’un des deux examens, qui pourrait être complétée plus tard par la réussite de l’autre examen.

Pour terminer, un mot sur le bureau Afrique centrale de l’AUF?
A la suite d’une réforme entérinée par le Conseil d’Administration de l’AUF en mai dernier, il s’agit désormais du Bureau Afrique centrale et des Grands Lacs. C’est l’un des neuf bureaux régionaux de l’AUF, dont le siège est à Yaoundé et qui inclut une délégation Afrique des grands Lacs au Burundi. Ce bureau met en uvre les projets de l’AUF dans 11 pays, au travers de 10 implantations et campus numériques francophones (CNF) et à destination de 70 établissements membres, institutions d’enseignement supérieur et de recherche, dont 13 sont camerounais.

Alexis Kwontchie
Mutations)/n
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