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Analyse de la crise en zone CEMAC: Echec de l’intégration économique

La baisse des taux par la BEAC amène à s’interroger sur la situation économique de la sous région

En fin 2008 la situation économique des pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale était présentée comme étant bonne. Sur le plan macroéconomique, les experts faisaient état d’une hausse du produit intérieur brut (PIB) réel de l’ordre de 5,8 % contre 4, 4% en 2007. L’union monétaire de la sous région faisait elle état d’une poussée du niveau général des prix se situant à 4,2 % contre 1,6 % en 2007. S’agissant de la monnaie et du crédit, la CEMAC a enregistré un accroissement des avoirs extérieurs nets du système monétaire de 19,9 % sur 12 mois jusqu’au 31 juillet dernier, mais d’un recul de 31,8 % du crédit intérieur net. Dans le même temps, la sous-région a enregistré une hausse de 21,6 % de sa masse monétaire (M2) avec un raffermissement de 93,99 à 100,29 % du taux de couverture extérieure de la monnaie.

Interrogé sur l’impact attendu de la crise financière internationale sur l’économie de la zone Franc, le président en exercice du Comité ministériel de l’UMAC, avait déclaré que le pouvoir financier dans certains domaines s’était accru en Afrique centrale. Il avait aussi indiqué que l’effondrement du système financier américain n’ébranlerait pas la zone Franc. A ce stade, les ministres des finances étaient parvenus à la conclusion que la stabilité financière et monétaire de la Zone reste solide, tout en relevant que le ralentissement de la demande mondiale et le niveau actuel des prix du pétrole pourraient impacter négativement sur l’activité et l’emploi.
Les experts se demandent aujourd’hui comment la situation a pu passer de maitrisée à compliquée. Pour de nombreuses études, les causes sont à rechercher non pas dans la crise économique internationale en elle-même. La situation économique des pays de la zone CEMAC assez fragile y est pour une grande partie. S’il est vrai que comme l’a presenté le communiqué de la réunion ordinaire du Comité de politique monétaire de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC), tenue le 29 juin dernier à Douala, les causes sont liées à la baisses de recettes genérés ar les matières premières, d’autres raisons évidentes ont contribué à cette escalade.

Pour ce qui est de l’espace économique d’Afrique centrale, les causes pourraient se retrouver dans l’absence d’une intégration effective des économies. Des études récentes ont démontré que les initiatives sous-régionales en Afrique centrale, n’ont pas aidé à améliorer la situation économique des pays membres ni à assurer la croissance durable et la libéralisation. La part du commerce intra régional dans le commerce total reste très inférieure dans l’activité économique. Ainsi, la CEMAC n’est pas parvenu à dynamiser les échanges à l’intérieur de son espace économique, avec la part la part du commerce intra régional la plus basse de tous les autres mécanismes d’intégration économique d’Afrique, soit moins de 2 %. D’un autre coté, il y’a des problèmes économiques et institutionnels à surmonter.

Les obstacles économiques incluent la forte dépendance de la plupart des pays membres vis-à-vis de l’exportation de produits de base, les règles d’origine strictes émanant des programmes de libéralisation du commerce et des infrastructures déficients. Les problèmes institutionnels comprennent notamment les tracasseries administratives et certains obstacles physiques, par exemple péages routiers, frais de transit et tracasseries administratives à la frontière et dans les ports. Ces obstacles majorent les coûts de transport et nuisent à la fiabilité des livraisons. D’autres problèmes sont dus à l’absence de coordination et d’harmonisation des politiques et des réglementations au niveau sous-régional, à la non-application des engagements pris et à l’appartenance des pays à des entités multiples.
Nombreux sont ceux qui suggèrent de plus en plus que la réponse de l’Afrique centrale face à la crise mondiale réside plus dans le renforcement des mécanismes d’intégrations économiques sous régionale et dans une plus large mesure régionale, que dans des manipulations monétaires en vue de favoriser des investissements en mal de débouchés.


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