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André Mama Fouda: «Il faut veiller au respect des règles d’hygiène»

Le ministre camerounais de la santé publique a donné un point de presse ce mardi sur la situation du choléra dans le pays. Extraits…

Vous avez-vous-même dit dans votre propos liminaire que le choléra était la maladie de l’eau, pourquoi le gouvernement ne prend-il pas des mesures pour lutter efficacement contre le commerce de l’eau en sachet dans nos grandes villes?
Dans mon exposé, j’ai recommandé aux parents d’acheter des gourdes comme on le faisait souvent, et d’y mettre de l’eau propre pour leurs enfants. Le ministère de la santé publique n’a pas qualité pour interdire le commerce de l’eau sur le marché camerounais. Il y a un département ministériel pour cela. Mais je puis vous rassurer que la question est sur la table du gouvernement et bientôt des mesures seront prises par rapport à ce problème. Le problème va plus loin et concerne les jus de fruits dits naturels. Mais j’insiste sur le fait que les populations doivent elles même déjà prendre des mesures individuelles, en vertu du principe de précaution de chacun face à une situation dangereuse.

On a remarqué que depuis que cette nouvelle vague de choléra a refait son apparition, vous êtes toujours accompagné du ministre e la communication, pourquoi le ministre de l’eau n’est pas présent pas alors même que le vrai problème semble à son niveau?
Sauf erreur j’ai déjà eu à faire des points de presse avec le ministre en charge de l’eau. Aujourd’hui je suis avec le ministre de la communication, mais cela ne veut pas dire que l’autre ministre ne se sent pas concerné. Je voudrais qu’on comprenne qu’au Cameroun, nous n’avons pas encore atteint un niveau de développement qui nous permette de fournir de l’eau potable à tout le monde, pour le moment. Les choses se mettent en place progressivement. Il y a quelques jours on a inauguré le début des travaux de reconstruction d’une station d’eau qui pourrait détendre la situation de l’approvisionnement en eau de Yaoundé. Et si j’ai bien suivi le directeur général de la Camwater, ces travaux vont s’étendre à d’autres villes et localités. Donc vous voyez, le gouvernement veille aux bien être de ses populations. Mais je relève une chose, et c’est fondamental, les personnes ne respectent plus les points d’eau. Dans les villages, lorsqu’il y a une source, elle est presque sacrée. Mais en ville il y a des gens qui construisent par exemple des latrines non loin des puits. Ce que nous disons c’est que les latrines doivent être construites à bonne distance, ce sont là des initiatives de nature à mettre en danger les populations. Toujours sur la solidarité gouvernementale, je tiens à préciser que ce n’est pas parce que nous ne sommes pas visibles dans tout le Cameroun que nous ne travaillons pas. Il y a un décret présidentiel de 1982 qui organise la lutte contre le choléra au Cameroun et depuis mai, il y a toute une commission de lutte contre cette maladie qui travaille.

Comment respecter les consignes de se laver régulièrement les mains lorsque l’eau manque dans nos villes?
Le manque d’eau est un problème réel, mais cela ne justifie pas qu’on ne se lave pas les mains. Quoi qu’il en soit, nous avons des puits, des sources ou tout autre point où nous pouvons acquérir de l’eau. Ce qui est important, c’est qu’on respecte la procédure de potabilisation de l’eau. Chacun peut traiter l’eau, il suffit de la bouillir, ou de la traiter comme on peut avant de l’utiliser. Je recommande aux gens de ne pas être pressés, lorsqu’il faut utiliser de l’eau. Il faudrait prendre le temps de bien traiter son eau avant de la consommer.

Dans certains quartiers, la communauté urbaine pour des travaux de réparation de route dégage de la poussière. Ça ne pourrait pas être un vecteur de choléra?
Sauf erreur de ma part, il ne me semble pas que la poussière transporte le choléra. Mais bien sur c’est assez grave, parce qu’il n’y a pas que le choléra il y a d’autres risques encore plus graves. Vous savez ce n’est pas sérieux lorsque des commerçants viennent vendre leurs produits là où il y a la poussière. Les populations doivent éviter de faire leurs achats dans des endroits sales. Ce sont de simples mesures de précaution.

Nous avons fait le tour de certaines officines de pharmacie, même dans les hôpitaux, et on se rend compte que les produits de traitement du choléra manquent et d’un autre côté des personnels médicaux nous ont fait comprendre qu’elle ne bénéficiaient pas de protection. Qu’est ce que le ministère de la santé a prévu pour cela?
Je suis surpris qu’on dise que les produits de traitement du choléra manquent, parce que les stocks dont nous disposons sont énormes. Peut-être que lorsque vous êtes arrivé, ces pharmacies étaient en rupture de stock. Mais en principe une fois que la prescription est faite, le produit contre le choléra est gratuit. Nous avons des partenaires qui nous fournissent suffisamment et je puis vous assurer qu’il y a suffisamment de produits contre le choléra. Et puis je ne voudrais pas qu’on stigmatise sur la guérison, il faut déjà se protéger. Il faut aussi savoir que le traitement contre le choléra n’est pas un vaccin. Si on guérit du choléra et qu’on continue d’avoir un comportement à risque, on va de nouveau être malade. Donc il est très important de se protéger déjà. D’un autre côté, nous insistons sur le fait qu’on peut déjà se prendre en charge soi-même. Dans la plupart des cas, les malades arrivent à nous au stade C, c’est-à-dire proches de la mort et c’est difficile pour le dispositif médical. Avant de se rendre dans les hôpitaux, on doit déjà se réhydrater pour rester conscient autant que possible.

Le ministre de la santé publique André Mama Fouda (au milieu) lors de la rencontre avec la presse le 22 mars à Yaoundé
Journalducameroun.com)/n


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