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Ange Aimé Sama Douala

Un « rebelle » à la tête de la fédération camerounaise d’athlétisme

Ses différentes prises de position concernant notamment la championne olympique Françoise Mbango, en même temps qu’elles divisaient l’opinion, suscitaient la curiosité sur sa personne. Le commun des camerounais se demande sur quoi il compte pour oser avoir des attitudes qui frisent parfois l’arrogance.

Après un refus de participer aux jeux africains d’Alger en Juillet 2007 et la veille du championnat d’Afrique d’Addis Abeba en avril 2008, qualificatif pour les jeux olympiques de Beijing 2008, Ange Sama crée la sensation en suspendant, pour indiscipline, des athlètes camerounais de référence dont Françoise Mbango, la championne du triple saut en longueur lors des jeux olympiques d’Athènes (Grèce) en 2000. Même si le motif semble soutenable, une telle sanction ne va pas de soi dans un pays ou la complaisance est banalisée. Cette décision en dit long sur la personnalité de son auteur.
Pourtant, c’est à la suite de plusieurs concours de circonstances que Ange Aimé Sama Douala est introduit sur les pistes d’athlétisme. « J’étais basketteur, explique-t-il, et la première fois ou je flirt avec l’athlétisme c’est lorsqu’à Douala, des voisins m’ont sollicité parce qu’il leur manquait une personne pour une course de relais 4x100mètres. On m’a prêté des chaussures de pointure 45 alors que je chaussais du 40. Ça été un fiasco ; j’ai vendu et je n’ai plus pratiqué l’athlétisme ». C’est plutard au collège de la Retraite de Yaoundé que le déclic se produira vraiment. Il révèle que : « Au temps du principal Belinga (1985), il y avait une émulation sportive et comme je battais les gens au 60mètres, un professeur d’éducation physique et sportive est venu me chercher en classe en disant toi, le fils de Douala tu vas courir ». Ange Sama se met donc à l’athlétisme sans pour autant abandonner le basket ball, son premier sport de prédilection. Il tourne définitivement le dos au ballon orange suite à ce qu’il qualifie d’injustice à savoir le fait de n’avoir pas été sélectionné pour les jeux africains alors que, pense-t-il, «il méritait une place ». « Le basket n’est pas toujours objectif »se révolte-il, «il faut souvent faire l’équilibre dans le groupe. Alors que l’athlétisme est un sport individuel, objectif et rigoureux ; On est seul face au chrono ».

Une certaine opinion pense qu’il tirerait son assurance du soutien de la famille présidentielle. Ange Sama se défend d’être parrainé par quelque haut dignitaire de l’Etat que se soit et affirme : « je suis ici (président de la fédération camerounaise d’athlétisme Ndlr) grâce à mon travail. Je suis un passionné ; quand j’ai une mission, je la mène jusqu’au bout ». Très peu de ses compatriotes croient cependant que « le travail, même bien fait », peut expliquer sa stabilité à la tête de la fédération malgré, comme il le dit lui-même, « qu’il y ait des gens au ministère qui ne l’aime pas et souhaite le débarqué ».
Les conflits avec le ministère des sports et de l’éducation physique (Minsep) ne manque pas. Lors des jeux olympiques de Pékin, le président de la fédération camerounaise d’athlétisme s’est opposé à la prise en charge de la s ur de Françoise Mbango en tant qu’entraîneur de la championne olympique estimant qu’elle n’a aucune qualification. « Sur la base de la charte des sports, c’est la fédération qui reconnaît la qualité d’entraîneur, précise-t-il ; la tutelle l’a préféré à un entraîneur reconnu par l’Iiaf alors qu’elle ne pouvait coacher les autres athlètes ». Ange Sama est méfiant envers les cadres du ministère des sports : « je n’ai pas d’amis au Minsep ; on me déteste. Quand j’arrive, on dit voilà le gars qui dérange ».

« On dit que je suis orgueilleux ; en fait je suis juste fier. Je me vante lorsque j’accomplis un acte positif comme se fut le cas cette année quand j’ai trouver du travail à « la reine des montagnes » ; sarah Etonè. Au contraire, je rase les murs après un échec » confie Ange Sama qui dit aborder chaque situation, non pas avec émotion, mais plutôt en restant « lucide et froid ». Il reconnaît q’après un coup, l’émotivité qu’il y a en chacun de nous se réveille mais il affirme savoir toujours raison gardé.
La difficulté ne semble pas effrayer « le fils de Douala ». Ange Sama pense que « les obstacles forgent l’homme et font partis de l’apprentissage de la vie ». Il avoue que certaines attaques le font rigoler parce qu’étant « de quartier » c’est-à-dire d’une « bassesse au dessous de la ceinture ». Par exemple, « quand on dit que je frime, qu’est ce que cela peut bien faire du moment ou j’accompli bien ma tache ? C’est pour cela que je ne répond pas à toutes les attaques et à tout le monde ». D’après lui, « on mène des combats de personnes plutôt que d’idées ». Ange Sama croit déceler dans ce genre d’attitudes l’une des principales raisons qui plombent l’évolution du « berceau de ses ancêtres ». Le militant du rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) qu’il est estime que le « Cameroun serait bien si tous les camerounais avait lu le livre de Paul Biya (le président de la République ) intitulé Pour le libéralisme communautaire, compris et appliqué les orientations qui y sont proposées.
Marié et père de deux enfants, Ange Sama est issu d’une famille composée. « Je suis un hybride (Bamiléké, Beti, Douala, Anglophone). J’ai deux pères : celui qui m’a mis au monde et le père Azar chez qui j’ai reçu une grande partie de mon éducation ». Il dit n’avoir aucune préférence entre ses « deux pères » car pour lui, tout le monde dans son entourage familial a apporté quelque chose dans sa vie ; que ce soit sa feue mère ou sa défunte s ur Elise Azar, dont le tournoi Yelaim (Yaoundé Elise Azar international meeting) porte le nom ; signe de ce qu’il reste grandement marqué par la disparition de l’ex épouse de Bonaventure Mvondo Assam (neveu du chef de l’Etat). Il se réjouit d’appartenir à « une famille dans laquelle règne une solidarité sans pareil ».

Ange Sama rejette les accusations selon lesquelles il « coucherait » systématiquement avec toutes les athlètes de la fédération qu’il dirige et c’est cela qui expliquerait les brouilles avec Françoise Mbango qui aurait refusé de se prêter à l’exercice. « Je n’est jamais voulu coucher avec Mbango, clame-t-il, c’est ma petite s ur et si les gens savaient que c’est loin d’être ce qu’ils imaginent : dans tous les cas, je suis le parrain. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ». Ange Sama ne précise pas de quoi ou de qui il se réclame « le parrain ». Par ailleurs, il explique son différent avec Roger Milla par le fait qu’il (Sama) a « débarqué »le secrétaire général de Terre d’Afrique (fondation de Roger Milla) au poste de secrétaire général d la fédération d’athlétisme malgré les arrangements de campagne.
Sama Douala, qui dirige une structure de restauration et de transport révèle qu’il se consacrera à ses activités s’il n’est plus à la tête de la fédération d’athlétisme sans toute fois renoncer à aider les athlètes d’une façon ou d’une autre. Il se veut être « un homme de c ur » et envisage construire une maison pour Sarah Etonè. Dans cette optique, il lance un « SOS »dès la mi-octobre 2008 afin que « tous les camerounais cotisent pour cette « grande dame ». Ange ou démon, Ange Sama apparaît comme une personne courbant difficilement les chines. Il est vrai q’au Cameroun, actuellement, l’on se méfie des « apparents révolutionnaires » et « empêcheurs de tourner en rond ».

Ange Aimé Sama Douala
journal du Cameroun)/n
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