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Angeline Solange Bonono, écrivaine camerounaise et femme de culture

Aventure littéraire, droit d’auteur, carrière professionnelle, Angeline Solange n’élude aucune question. Entretien!

Pouvez-vous nous raconter votre parcours depuis l’enfance?
Mon parcours depuis l’enfance ? Aïe ! Vous me demandez là d’écrire trois tomes du roman de ma vie! Je vais, pour me sortir d’embarras, me borner à résumer mon curriculum vitae : Baccalauréat A4, Allemand, Licence en Lettres modernes françaises, première Maîtrise en études théâtrales, deuxième Maîtrise es Lettres modernes françaises, Diplôme de Professeur des lycées d’enseignement général (Dipes II), DEA en Littérature Française et en ce moment, Doctorante en Littérature Française. Sur le plan professionnel: J’enseigne le français dans les lycées d’Ebonè, de Nkongsamba, d’Obala, au Lycée Général Leclerc, d’où je suis partie depuis quatre ans car j’ai été nommée Inspecteur pédagogique régional de Français et je suis enseignante vacataire au Département de Littérature africaine de L’université de Yaoundé I. Sur le plan culturel: beaucoup d’expérience, des ateliers partout dans le monde, des résidences.quelques publications.

Vous êtes écrivaine. Combien d’ouvrages avez-vous à votre actif et quels sont les thèmes dominants de votre discours littéraire?
Une dizaine d’ouvrages publiés et beaucoup d’autres aboutis mais inédits. Les thèmes tournent autour de L’Homme, car L’Homme est au centre de l’univers et de la littérature. Comme tous les écrivains, je traite des problèmes de la condition humaine, des problèmes physiques, métaphysiques, la confrontation entre l’Homme et son univers, les malheurs, les instants de bonheur.

Comment en êtes-vous arrivée à l’écriture et quelles sont vos sources d’inspiration?
J’arrive à la littérature à la suite d’un traumatisme: la mort de mon Papa (dont je ne me suis d’ailleurs jamais remise). J’exprime la fêlure, la béance laissée par cette rupture dans un poème chaotique et douloureux. Ma source d’inspiration principale, c’est l’Homme.

Depuis le début de votre aventure dans l’écriture, quelles sont les difficultés que vous avez rencontré ? Avez-vous connu le syndrome de la feuille blanche?
Les affres de la feuille blanche? Non, jamais! Mon principal obstacle c’est MOI, parce que je suis paresseuse et je ne travaille pas assez. Ma maladie, c’est la procrastination. Cela me dégoûte de moi-même.

Avez-vous une préférence particulière pour l’une de vous uvres? Pourquoi?
Non! Tous mes textes sont mes enfants. Une mère adore tous ses enfants. C’est comme si vous me demandiez lequel de mes gosses, je préfère !

Qu’est-ce que l’écriture vous apporte dans la vie? Etes-vous comblée par vos uvres? Gagnez-vous de l’argent avec vos uvres?
Comblée! Non! Matériellement, parfois. Surtout, je voyage souvent à cause de mon travail d’écrivaine qui m’ouvre sur le monde et me fait citoyenne du monde. Psychologiquement, je ne suis jamais satisfaite de mes uvres. Je ne travaille pas assez!

Quels sont vos auteurs préférés et quel est l’état de vos relations avec les auteurs camerounais en général, les auteures en particulier et les auteurs de la diaspora?
Mes auteurs préférés sont : Mongo Béti, Ferdinand Oyono, Pabé Mongo, Séverin Cécile Abéga, Mpoudi Ngollè, Bernard Marie Koltès, Rimbaud, Nerval, Chénier, Voltaire, Rousseau, Georges Sand, Françoise Sagan, Jean-Paul Sartre, Régine Desforges, Simone de Beauvoir, Gaston Kelman, Franz Fanon, Maryse Condé, Calixte Beyala, Léonora Miano, Bessora, Ken Bugul, Jag, François Nkémé, Gaston Paul Effa, Eugène Ebodé.Je dirai que j’aime toutes les belles plumes, Marcel kemajou Njanké.et autres. Mes rapports avec les auteurs camerounais sont bons.

Que pensez-vous de Calixte Beyala et des femmes auteures camerounaises en général?
Calixte est véritablement une grande icône de la littérature francophone. Elle est inégalable. Les femmes auteures camerounaises se débrouillent très bien. Nous avons nos s urs de la Diaspora Léonora Miano, Nathalie Etoké, qui sont des étoiles de notre littérature. Des auteures camerounaises résidentes au Cameroun bossent aussi, mais elles ont le malheur d’être invisibles. Les uvres ne sont pas diffusées, distribuées. Des graves problèmes d’édition. C’est la galère pour nous!

Quel regard jetez-vous sur la question des droits d’auteurs et de la création littéraire au Cameroun?
Le Droit d’auteur! Une grosse mafia! Il faudrait d’abord que les élections soient transparentes. Que les gens qualifiés soient reconnus. C’est évidemment une pure vue de l’esprit! Aujourd’hui, il n’y aucune redistribution des droits. Le droit d’auteur a régressé. La situation est proprement chaotique. Et ça ! C’est triste d’autant plus que l’institution littéraire tarde, (à cause des intrigues et des guéguerres) à se mettre en place. La création littéraire au Cameroun, souffre de tous ces maux affreux qui peuvent être guéris, si la corruption s’arrête. Evidemment, c’est un fantasme !

L’inspecteur pédagogique Angeline Solange Bonono
Journalducameroun.com)/n

Vous êtes enseignante (de Français) de formation. Quel impact cette profession a eu dans votre carrière littéraire?
Ma formation d’enseignante de Français, à l’évidence, nourri énormément ma carrière littéraire.

Vous êtes aussi comédienne. Qu’est-ce qui vous a inspirée cette vocation?
Comédienne ? Il y a si longtemps ! Me définir encore aujourd’hui comme comédienne, serait triché. C’est le métier le plus dur dans le théâtre. N’est pas comédien qui veut! Je ne suis plus comédienne et même quand je l’étais, ce n’était qu’en tant qu’amateur.

Durant votre parcours, vous avez rencontré Séverin Cécile Abéga, François Bingono Bingono, Pabé Mongo. Quels rôles ces personnalités de la culture camerounaise ont joué dans votre carrière artistique?
Ces personnalités ont contribué et contribuent encore à ma formation, à ma construction. Je leur suis éternellement redevable. Séverin Cécile qui n’est plus physiquement avec nous, est toujours là à côté de moi.

Vous venez de publier votre tout dernier ouvrage «Le Journal Intime d’une Epouse. », aux éditions Sopecam. Pouvez-vous nous résumer ce roman et nous dire le message qu’il est sensé véhiculer?
Je n’aime pas résumer mes écrits. Ce roman pose le problème des mariages forcés. Aujourd’hui, beaucoup de filles sont poussées au mariage par les familles qui les vendent aux prix fort. Beaucoup de mariages Internet sont déclenchés par les parents qui poussent leurs filles à aller chercher les vieux Blancs.

Quels sont vos projets à court, moyen et long terme sur les plans artistique et professionnel?
Des projets! J’espère avoir une bonne année 2010. Une bonne publication d’un de mes romans inédits.

L’écrivaine S. Bonono
Journalducameroun.com)/n



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