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Appel à l’Afrique et au monde pour sauver AfricAvenir International (partie 1)

Par Prince Kum’a Ndumbe III, professeur emérite des universités

Chers compatriotes d’Afrique et de la Diaspora, Mes chers amis, chers sympathisants, voici ce que j’écrivis dans mon cahier intime le 1er novembre 1968 à Lyon en France, où j’étais en deuxième année d’université. Il y a longtemps, n’est-ce pas ? Mais lisez avec moi en ce 21 août 2013, puisque par vos mails et appels, vous me demandez ce qu’il faut faire pour ne pas fermer la Fondation AfricAvenir International que j’ai lancée en 1985. J’avais écrit ceci depuis ma chambre d’étudiant : « Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. J’ai 24 ans et je voudrais savoir ce que moi, je pense de ma vie, soit ce que je veux faire de ma vie. Et pourtant, je ne peux jusqu’à l’heure actuelle attribuer un autre sens à ma vie que celui qui mène à la libération totale de tout le peuple africain, au respect de la dignité de l’homme noir et par tout ce processus à un apport personnel à l’humanité. Mais puisque c’est une conviction que j’ai depuis le cours élémentaire première année de l’école primaire, soit bientôt depuis 13 ans, cela semble avoir un peu de poids. Mais ce qui compte pour moi, c’est d’attendre. Attendre jusqu’à ce que j’aie réalisé ce but. Alors, je dirai : « Kum’a Ndumbe III, tu es un homme sérieux. Va, j’ai confiance en toi. » Mais pas avant. Et je me demande si jamais j’en arriverai là. Il faut que non seulement j’en arrive là, mais que je dépasse ce stade pour aller plus loin. Quand je parle de libération de l’Afrique et du Noir, dans tout cela ; il y a l’amour, l’art, la religion, etc.. Une chose s’éclaircit donc : ma vie n’a de sens que dans la libération totale de l’Afrique. Je ne sais pas si j’ai bien exprimé ce que je ressens. Mais toujours est-il que cette formulation primaire s’améliorera de jour en jour et n’atteindra son expression finale qu’après ma mort. Ce que je demande à moi-même, c’est de remplir ma tâche. Je suis entre le passé et l’avenir. Je suis donc situé indépendamment de moi-même. Il importe donc de faire son petit travail dans l’époque présente qui demain sera histoire. Comme il y a un problème concret de l’unification de l’Afrique (je signale que libération totale de l’Afrique suppose son unification) et du mépris éprouvé par certaines races à l’égard de la mienne, cette situation concrète m’offre donc une base de travail solide. C’est donc une base plausible.» J’ai écrit ceci pour moi-même il y a donc 45 ans. Une question m’a préoccupé tout le long de ma vie : « Comment a-t-on réussi à enfoncer les Africains et les Noirs dans un trou aussi noir et profond et que même en ce début de 21è siècle, ils arrivent difficilement à comprendre ce qui leur est arrivé, ils se plaisent à vivre dans un perpétuel génocide intellectuel et spirituel et se résignent à être les prostitués des autres ? » J’ai consacré ma vie à chercher et à donner des éléments de réponse et à indiquer les voies pour une marche équilibrée des Africains et de l’homme noir dans la marche de l’humanité moderne. Grâce à la miséricorde divine, à la générosité de mes ancêtres, de parents et amis, voici l’héritage que moi, fils d’Afrique ouvert au monde, j’ai pu constituer jusqu’en cette année 2013 :

I. La pensée et la vision du monde comme fondements de tout héritage
Livres et articles
Mes écrits de 1958 à 1967 n’ont pas encore pu être retrouvés, mais la majorité de ceux rédigés de 1968 à 2013 ont pu être conservés. Si une bonne partie attend encore d’être publiée, il existe une liste d’environ 150 publications, livres et articles disponibles aujourd’hui de par le monde. Mes écrits scientifiques, qu’ils plaisent, déplaisent, soient combattus ou mis à l’index, ont une base scientifique solide. J’ai obtenu un baccalauréat maths – sciences allemand au « Lycée Impératrice Marie-Thérèse » de Munich en 1967 avec éloge, une licence en juin et une maîtrise en Etudes Germaniques en septembre 1970 à l’Université de Lyon II avec mention très bien, un doctorat en Etudes Germaniques et un doctorat en Histoire le même jour en janvier 1975 à l’Université de Lyon II avec mention très bien, un Diplôme Universitaire d’Etudes Générale en Administration économique et sociale en 1979 à l’Université de Lyon II et une Habilitation en Sciences Politiques en 1989 à l’Université Libre de Berlin obtenu avec la meilleure mention, « en première lecture et à l’unanimité du jury ». C’est parce que j’ai bouleversé les thèses scientifiques qui existaient sur Hitler et l’Afrique que j’ai été admis à titre individuel, sur proposition du Professeur Pierre Léon de l’Université de la Sorbonne, comme premier Africain à siéger au Comité International d’Histoire de la Deuxième Guerre mondiale en 1974, alors présidé par Henri Michel, à côté d’éminents professeurs titulaires de chaires dans plusieurs universités dans le monde et de Généraux soviétiques, américains, canadiens, français, etc., je n’avais pas encore trente ans. Je n’ai donc pas de leçons scientifiques à recevoir de ceux qui aujourd’hui, parce qu’ils gèrent des fonds colossaux, croient pouvoir décider de la valeur scientifique de mes travaux et font parfois tout pour que mes écrits ne circulent pas. J’ai eu le privilège d’enseigner à l’Université de Lyon II, à l’Université Catholique de Lyon, à l’Université Libre de Berlin et à l’Université de Yaoundé I. Mes étudiants, un jour, témoigneront. Je sais que j’ai compris une chose essentielle : certains peuvent tolérer qu’un Africain excelle en sport ou en musique. Mais stop : pas dans le domaine de la pensée. Un intellectuel africain est très apprécié quand il accepte d’être l’élève pour ne pas dire l’esclave d’un maître issu de l’Occident. Il est généreusement financé quand il met en application chez lui la pensée venue d’ailleurs et quand sur place, il devient le policier en chef pour que la recolonisation mentale de l’Africain soit assurée de manière durable par l’éducation, les structures publiques de son pays et par les donations privées. J’ai consciemment refusé ce rôle. Je suis un prince qui ne se vend pas et qui ne trahit pas son peuple, et je construis par la pensée. Nous en avons assez de ce système de pensée qui s’appuie sur la domination et l’exploitation des autres, avec des discours lénifiants sur la paix, la démocratie et l’égalité des chances. Arracher aux autres ce que Dieu leur a donné, tout accumuler pour soi et faire des autres les esclaves mendiants même sur leur propre territoire, ce système de pensée a fait suffisamment de dégâts depuis le début de l’humanité. Avez-vous vu les images sur les massacres en Egypte, sur l’assassinat de Kadhafi, sur l’arrestation de Gbagbo ? Avec les technologies sophistiquées disponibles en ce 21è siècle, laisser ce système de pensée guider la politique, l’économie, la science, la culture et la religion, c’est programmer consciemment une confrontation planétaire sans précédent qui pourrait mettre fin à l’existence de l’homme dans notre galaxie. Or des laboratoires entiers sont gracieusement financés dans le secret pour préparer et déclencher cette confrontation militaire apocalyptique. Ceux qui l’élaborent sont convaincus qu’ils écraseront les autres, qu’ils seront les heureux élus qui vont survivre et jouir sans concurrence ni partage de l’abondance des richesses divines disponibles dans la voie lactée. Je leur réponds : il n’y a pas qu’Hitler qui a pu se tromper. Le 21è siècle a besoin de la pensée multiple, d’une ouverture créatrice menant à une pensée nouvelle capable d’aider l’humanité à se sauvegarder et à respecter la nature qui l’entoure et qui l’entretient dans la voie lactée, nous avons besoin d’une pensée qui permet de consolider les acquis de chaque peuple là où il vit, de partager et d’échanger librement avec les autres, une pensée qui se soucie avant tout de la promotion de chances pour les 11 milliards de personnes que nous serons d’ici 2100, une pensée d’abord soucieuse de la sauvegarde d’une paix durable pour l’humanité entière et non pas une paix temporaire et précaire pour quelques uns seulement. J’ai rédigé mes publications en français, en allemand, en duala et en anglais. Il s’agit de livres ou articles sur l’histoire, la politique, les relations et la coopération internationales, les conflits en Afrique, la déviation des économies africaines, le génocide intellectuel dans les écoles et universités africaines, le génocide spirituel et la mise en prostitution spirituelle des Africains et des Noirs dans les églises et mosquées. A côté de ces publications scientifiques, j’ai eu la grâce de pouvoir parler aux c urs par l’écriture littéraire. Vous trouverez ainsi des pièces de théâtre, des nouvelles, des poèmes, des romans, des contes que j’ai publiés en duala, en français et en allemand. Avec ces écrits, je pense avoir contribué à un socle d’équilibre pour l’Africain et le Noir au 21è siècle, je pense avoir donné une modeste contribution à une nouvelle base fondamentale de la pensée pour le destin commun de l’humanité.

Documents audio et vidéos
Des documents audio et audio-visuels qui expriment ma pensée à travers interviews radios, télé et documents sonores ou qui témoignent de mon expérience en Afrique, en Europe ou aux USA ont pu être rassemblés. Actuellement, une cinquantaine existent online et peuvent être utilisés. Ce sont plus ces documents que mes écrits qui ont attiré l’attention et la sympathie de la jeunesse en Afrique et dans les autres pays sur mon uvre.

Partie II


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