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Après avoir massivement voté, les Iraniens attendent les résultats

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Les Iraniens, qui ont votĂ© massivement et avec enthousiasme vendredi, Ă©taient samedi dans l’attente des rĂ©sultats de l’Ă©lection prĂ©sidentielle.

Les bureaux de vote ont fermĂ© vendredi Ă  minuit (19H30 GMT), lors d’un scrutin prĂ©sidentiel dĂ©terminant pour l’avenir du sortant Hassan Rohani et les premiers rĂ©sultats partiels devraient ĂŞtre dĂ©voilĂ©s dans la matinĂ©e Ă  TĂ©hĂ©ran.

Le ministère de l’IntĂ©rieur a dĂ» Ă©tendre le vote jusqu’Ă  minuit puisque des milliers de personnes faisaient encore la queue lorsque l’heure de fermeture initiale, 20H00 locales (15h30 GMT), eut Ă©tĂ© dĂ©passĂ©e.

Après 12 heures de vote, Ă  20h00, 30 millions d’Ă©lecteurs sur les 56,4 millions inscrits avaient votĂ©, selon plusieurs mĂ©dias.

M. Rohani, religieux modĂ©rĂ© de 68 ans, brigue un dernier mandat de quatre ans et affrontait Ebrahim Raissi, religieux conservateur de 56 ans proche du guide suprĂŞme, l’ayatollah Ali Khamenei.

Avant même la fin du vote, le camp Raissi a dénoncé des « infractions » et demandé une intervention immédiate contre « des actions de propagande de certains responsables et partisans du gouvernement » en faveur du président sortant.

Il a Ă©galement dĂ©noncĂ© une mauvaise prĂ©sentation du nom d’Ebrahim Raissi sur les listes des bureaux de vote et l’absence de suffisamment de bulletins dans les « zones dĂ©shĂ©ritĂ©es » plus favorables au candidat conservateur.

– Dès le premier tour ? –

M. Raissi se veut l’avocat des pauvres et entend donner la prioritĂ© Ă  « l’Ă©conomie de rĂ©sistance », axĂ©e sur la production et les investissements nationaux.

Deux petits candidats peu connus – un rĂ©formateur ayant appelĂ© Ă  voter Rohani et un conservateur – Ă©taient aussi en lice.

Sauf surprise, le vainqueur devrait être élu dès le premier tour, dont les résultats définitifs sont attendus dimanche au plus tard.

En famille ou entre amis, les Ă©lecteurs ont attendu patiemment, parfois pendant des heures, leur tour de voter en prenant des selfies et en discutant politique dans la courtoisie.

« J’ai toujours voté », annonçait fièrement Mahnaz Rafii, une professeure de thĂ©ologie de 50 ans, qui a choisi Raissi.

« La participation enthousiaste des Iraniens Ă  l’Ă©lection renforce la puissance et la sĂ©curitĂ© nationales », s’est fĂ©licitĂ© le prĂ©sident Rohani après avoir votĂ© Ă  TĂ©hĂ©ran, baignĂ©e de soleil.

Lui et son adversaire ont appelé au « respect » du choix des Iraniens, quel que soit le résultat.


L’un des premiers Ă  avoir votĂ© a Ă©tĂ© Ali Khamenei, qui a appelĂ© ses compatriotes Ă  aller aux urnes « massivement, le plus tĂ´t possible ».

Parmi les nombreux Ă©lecteurs, Amir Fathollahzadeh, 51 ans, a votĂ© pour la première fois. « J’ai perdu presque tout mon +business+ ces dernières annĂ©es, mais je vote Rohani pour ne pas perdre aussi ma dignitĂ© et ma fierté », dit-il.

En revanche, Moshen, 32 ans, qui travaille dans le secteur culturel, a choisi M. Raissi car l’Iran « est entourĂ© d’ennemis ».

– Attirer davantage d’investissements –

Le scrutin s’est tenu deux jours après la dĂ©cision amĂ©ricaine de renouveler l’allègement des sanctions contre l’Iran, conformĂ©ment Ă  l’accord nuclĂ©aire de 2015 entre TĂ©hĂ©ran et six grandes puissances, dont les Etats-Unis.

Le prĂ©sident Rohani, Ă©lu en 2013, a consacrĂ© la majeure partie de son premier mandat Ă  la nĂ©gociation de cet accord ayant permis d’entamer l’ouverture Ă©conomique et politique de son pays.

Mais la méfiance demeure entre Téhéran et Washington, qui ont rompu leurs relations diplomatiques peu après la révolution islamique en 1979.

Le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, hostile Ă  l’Iran, a rĂ©servĂ© son premier dĂ©placement Ă  l’Ă©tranger Ă  un sommet avec des dirigeants musulmans dimanche en Arabie saoudite, grand rival rĂ©gional de TĂ©hĂ©ran.

MalgrĂ© cette hostilitĂ©, l’ambition de M. Rohani est de poursuivre l’ouverture au monde pour attirer davantage d’investissements, tandis que M. Raissi veut dĂ©fendre les classes les plus dĂ©favorisĂ©es par la prĂ©fĂ©rence nationale dans le domaine Ă©conomique.

Outre la conclusion de l’accord nuclĂ©aire qui a permis notamment une reprise des exportations de pĂ©trole, le prĂ©sident sortant a rĂ©ussi Ă  faire chuter l’inflation de 40% en 2013 Ă  9,5%.

Sans le remettre en cause, Ebrahim Raissi a dĂ©noncĂ© le manque de rĂ©sultats de l’accord nuclĂ©aire qui n’a pas attirĂ© les investissements espĂ©rĂ©s et n’a pas profitĂ© aux plus dĂ©favorisĂ©s dont il se fait l’avocat.

Il a mis en avant les mauvais chiffres du chĂ´mage (12,5% de la population, 27% des jeunes) et accusĂ© le gouvernement de n’avoir agi que pour « l’oligarchie ».

La prĂ©sidentielle Ă©tait couplĂ©e Ă  des municipales: l’enjeu dans les grandes villes de TĂ©hĂ©ran, Machhad (nord-est) et Ispahan (centre) est un changement de la majoritĂ© conservatrice qui les dirige.

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