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Aristide Loembet est expert de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale. Il fait le bilan du Siarc 2010

« Le SIARC est une bonne initiative du gouvernement camerounais que je félicite pour l’organisation »

Monsieur Aristide Loembet, quelles sont vos impressions au terme de cette deuxième édition du Salon international de l’artisanat de Yaoundé (SIARC 2010)?
En l’absence du Chef de Délégation empêché parce que se trouvant sur un autre site, je peux dire qu’en tant que fonctionnaire de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), venu appuyer les artisans dans le cadre de leurs activités, le SIARC est une bonne initiative dans la mesure où il permet aux artisans de montrer au monde ce qu’ils savent faire. Par rapport à cela, l’enthousiasme ayant été au rendez-vous, nous avons toutes les raisons d’être satisfait. Le SIARC est une bonne initiative du gouvernement camerounais que je félicite, du reste, pour la qualité de l’organisation.

Est-ce que par le fait de la présence des officiels de la CEEAC, on peut parler d’une action d’envergure dans l’optique du renforcement de l’intégration sous régionale dans le domaine de l’artisanat?
Oui, mais je dois dire de prime abord, que nous débutons avec cette stratégie d’appui aux artisans, parce que pour nous les enjeux sont de taille. Je fais ici allusion, entre autres, à la décision de la plupart de nos Etats d’intégrer dans leurs stratégies de développement la création des PME susceptibles de créer la richesse essentielle et aux accords de partenariats économiques (APE) qui obligent nos structures de productions nationales à être plus compétitives pour faire face à la concurrence internationale. La CEEAC s’est engagée, dans l’optique à terme de développer des soutiens techniques au bénéfice des artisans, d’encadrer, de conseiller dans un premier temps quelques groupements communautaires d’artisans et autres Petites et moyennes entreprises(PME), à renforcer leurs capacités en matière d’arrimage aux normes de qualité, de productions et en matière de visibilité managériale, au moyen du renforcement des capacités de gestion, pour permettre au moment où nous allons d’ici quelques mois repartir dans les négociations des APE avec l’Union Européenne, que la question sur la mise à niveau de ces entreprises soit abordée en ayant conscience des desiderata réels de nos artisans.

Dans le cadre de votre présence au SIARC 2010, quelles sont les actions que vous avez menées?
En terme d’actions menées, la CEEAC a coordonné les travaux en atelier ; nous étions aussi là pour appuyer le ministère en tant qu’institution sous régionale, et témoigner aux institutions présentes notre engagement et notre volonté à être aux côtés des artisans et des PME de la sous région. Nous avons aussi été dans les stands, pour aider les artisans à mieux présenter leurs produits, à mieux les expliquer aux visiteurs. En définitif, nous étions là pour dire aux gens qu’en réalité, nous n’avons pas toujours raison d’aller tout prendre ailleurs, nous avons beaucoup de bonnes choses sur place qui ne demandent qu’à être valorisées.

Est-ce que les visiteurs se sont intéressés à votre action, est-ce qu’ils les ont vraiment comprises?
Nous n’étions pas des exposants, nous encadrions des exposants ; c’est eux qui ciblaient les visiteurs conformément au concept que nous avions mis en place dans le cadre de ce Salon. Nous étions chargés de les accompagner dans ce cadre. Par contre, nous avions le souci de la visibilité de la CEEAC comme Institution supranationale chargée de l’Intégration. Nous expliquions notre présence, notre rôle et puis on s’est engagé pour un mariage de raison. Dans cette optique, nous avons loué des stands que nous avons gracieusement offerts à des exposants que nous avions au préalable triés selon les filières, les techniques utilisées et les produits valorisés. A cet effet, l’accent a été mis surtout sur les produits issus de la forêt et les produits de récupération.

On sait que la culture originaire d’Afrique centrale se vend très bien sur le marché international, est ce qu’il est sérieusement envisagé une politique commune de valorisation du patrimoine artisanal?
Tout à fait, vous êtes exactement dans la droite ligne de ce que nous sommes en train de faire. Au sein de la CEEAC, Il a été mis en place une cellule chargée du secteur privé et un Expert chargé des questions de biodiversité a été recruté. Le but étant d’encourager la mise en place dans nos Etats-membres d’un tissu d’hommes et de femmes d’affaires organisés et de trouver des créneaux en vue d’assurer un développement durable de l’activité artisanale. La politique générale de l’environnement de la CEEAC étant mise en place, et il nous reste simplement à mettre en place des stratégies pour mener à bien ces objectifs.

Comment envisagez-vous de gérer la coopération avec les Etats qui ont déjà leurs propres politiques en la matière?
Mais nous allons harmoniser ! il est vrai qu’en Afrique centrale ça peut paraître difficile, mais nous le faisons déjà dans d’autres secteurs, d’autant mieux que nous avons l’onction des Instances de la Communauté. Nous pensons fort justement que les experts des Etat-membres et la CEEAC se prêteront une fois de plus à l’exercice pour qu’un cadre concerté de travail, de discussions, soit mis en place.

Une question personnelle, quelle impression vous laisse votre séjour au Cameroun?
Vous savez le Cameroun, ce n’est pas la première fois que je m’y rends, la première fois j’ai beaucoup observé les gens. Je dois dire que j’ai rencontré des Camerounais ailleurs, que ce soit dans mon pays d’origine (Gabon) ou en dehors. Le Cameroun, je pense et c’est un avis personnel, est un pays où les jeunes de l’Afrique centrale devraient se rendre tant, pour leur instruction, tellement on y trouve des écoles et universités, que pour leur formation personnelle. A défaut, ils auraient beaucoup à perdre. Le peuple, les jeunes, y sont tellement dynamiques. La passion, la détermination. Dans ce cadre, j’ai eu l’occasion de voir des matchs de la CAN Angola 2010 sur place, j’ai vu la ferveur des supporters, j’ai vu combien de fois un peuple peut soutenir son équipe de football même dans des dispositions difficiles. La technicité, l’esprit imaginatif, créatif et de débrouillardise des jeunes camerounais. Cela m’a beaucoup enseigné et c’est très bien.

Aristide Loembet
Journalducamrroun.com)/n


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