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Armée ivoirienne: Au c ur du bras de fer Gbagbo-Ouattara

L’armée est au centre de l’épreuve de force entre L. Gbagbo et A. Ouattara, l’un essaie d’en garder le contrôle quand l’autre y cherche des appuis

Le nerf de la guerre…
« C’est l’armée qui déterminera le vrai gagnant entre Gbagbo et Ouattara », analyse un journaliste ivoirien spécialisé dans les questions militaires, interrogé par l’AFP. Laurent Gbagbo a un avantage de taille sur Alassane Ouattara: les milliers d’hommes recrutés depuis 2002 au sein de l’armée, qui lui sont redevables. « Ce sont des +soldats de guerre+, de purs produits de la crise, qui ne réfléchissent pas, avance le journaliste. On les retrouve essentiellement dans la Garde républicaine et le Cecos », une unité créée pour lutter contre le grand banditisme à Abidjan et qui, très bien équipée, a pris une place centrale dans le dispositif sécuritaire du pouvoir. Par ailleurs, M. Gbagbo n’a pas ménagé ses efforts pour s’assurer du soutien des officiers généraux de la gendarmerie, de la police et de l’armée. « Si je tombe, vous tombez », leur avait-il lancé en août lors du cinquantenaire de l’indépendance ivoirienne. De son côté, le camp Ouattara se montre confiant. « On a été contacté par plusieurs officiers des Fanci (Forces armées nationales de Côte d’Ivoire). C’est clair que ce n’est pas toute l’armée qui soutient Gbagbo », affirme un proche de M. Soro.

Aussi divisée que les politiques
Les chefs de l’armée loyalistes? Ils ont rapidement fait allégeance au président sortant dans cette nouvelle crise. Mais dans son ensemble, l’armée est « aussi divisée que les politiciens », souligne ce journaliste sous couvert de l’anonymat. Conscient de cette « fracture » au sein de la « Grande muette », M. Ouattara, reconnu par une communauté internationale quasi-unanime comme le chef de l’Etat légitime à l’issue de la présidentielle du 28 novembre, s’emploie à faire basculer dans son camp certains officiers. Pour la première fois, son Premier ministre et chef des FN Guillaume Soro a appelé jeudi l’armée (18.000 hommes officiellement) à se placer sous l’autorité de M. Ouattara. Pour l’instant, cet appel reste sans effet visible même s’il se murmure dans son entourage que plusieurs officiers loyalistes ont reconnu sa légitimité.

Ne « pas faire la guerre aux ivoiriens »
Dans l’épreuve de force en cours, le ministre de l’Intérieur de M. Gbagbo, Emile Guiriéoulou, a fait une sortie fracassante samedi en accusant des diplomates « occidentaux » à Abidjan de vouloir « déstabiliser » le régime en tentant de faire passer des officiers du côté de l’ex-opposant. Quant au chef d’état-major, le général Philippe Mangou, il a averti dimanche la mission onusienne Onuci et la force française Licorne déployées dans le pays qu’elles ne devaient pas « faire la guerre aux Ivoiriens ». Lors d’une tournée dans des casernes à Abidjan, il a rappelé novembre 2004, quand plus de cinquante manifestants ivoiriens étaient tombés sous les balles françaises. Comme l’attestent les tournées de certains chefs pour mobiliser la troupe, le message est bien passé au sein d’une haute hiérarchie militaire choyée par le président sortant qui a multiplié les promotions. « Tout le monde est gonflé à bloc, on n’attend que les instructions », indiquait cette semaine un officier du 1er Bataillon des commandos parachutistes (BCP) d’Abidjan basé à Akouédo, dans l’ouest de la ville. Selon un autre haut gradé, en cas de nouvelle confrontation, l’armée ne commettra pas « les mêmes erreurs » qu’à l’éclatement de la crise de 2002, quand des sous-officiers avaient fait défection au profit de la rébellion. Et de confirmer la suspicion entre militaires: « on se connaît maintenant et on sait qui est qui ».

L’armée ivoirienne à la croisée… des destins!
AFP)/n
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