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Arrestation de Jean-Marc Bikoko: libérons la parole pour construire le Cameroun.

Par Vincent-Sosthène Fouda, président du Mouvement camerounais pour la social-démocratie (MCPSD

Le Président Paul Biya dans un entretien à Radio Monte Carlo déclarait il y a quelques années qu’il aimerait qu’on retienne de lui qu’il est celui qui a amené la démocratie au Cameroun. Aussi est-ce avec consternation que le Mouvement Camerounais pour la Social-Démocratie a appris l’interpellation et l’incarcération de monsieur Jean-Marc Bikoko de la Dynamique Citoyenne, organisation de la société civile qui a une existence légale au Cameroun.

Cette arrestation brutale au regard des images qui nous sont présentées, oblige le Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie (MCPSD) à attirer l’attention des autorités administratives du Cameroun sur leur comportement qui met en péril les trois piliers nécessaires à la démocratie.

Construire la démocratie c’est justement permettre aux citoyens de pouvoir échanger sur leurs préoccupations, sur leurs désirs, de projeter par leurs échanges le type de société dans laquelle ils aimeraient vivre. Interdire donc que des hommes et des femmes membres de la communauté nationale s’expriment constitue en soi une crise de la démocratie.

L’Etat-Nation camerounais est fondé sur la volonté populaire encadrée par des dispositions constitutionnelles de créer au quotidien les conditions d’un «vivre-ensemble» entre les 256 ethnies présentes sur le territoire nationale. C’est cette volonté qui structure et façonne l’identité nationale. L’enfermement tribal et ethnique que nous vivons en ce moment sonne donc le glas des idéaux fondateurs de l’Etat-Nation.

La crise économique profonde que nous vivons avec un discours économique et monétaire unidirectionnel aliène les ménages tandis que la ménagère est étranglée par la misère sans que les hommes puissent en débattre librement.

Enfin le péril du peuple. Le Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie constate avec amertume que la jeunesse camerounaise grandi dans une société de privation de la parole, de modèle d’éducation mettant ainsi en péril chaque jour la notion de citoyenneté.

Le Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie s’interroge pour savoir si la notion de citoyenneté dans notre pays est une fiction ou une illusion?

Nous exigeons la libération sans condition de la famille de monsieur Jean-Marc Bikoko, invitons les autorités administratives camerounaises à aider les forces de l’ordre à remplir au mieux leurs missions et non à les liguer contre le peuple.

Fait à Yaoundé le 19 septembre 2015


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