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Assassinat de Norbert Zongo, RSF demande la réouverture de l’enquête

12 ans après, Reporters sans frontières ne veut pas laisser le crime du journaliste burkinabé impuni

Au Burkina on est là car les autorités politiques, à commencer par Blaise Compaoré, le chef de l’Etat, n’ont jamais voulu faire la lumière sur cette affaire qui implique de hauts responsables au sein du pouvoir. Norbert Zongo enquêtait sur une autre affaire qui impliquait le frère du président de la République, François Compaoré. Et, on sait très bien que les assassins de Norbert Zongo sont à chercher du côté de la garde présidentielle. C’est pourquoi, on ne cesse de demander la réouverture du dossier parce que l’affaire a été close par la justice du Burkina, il ya au moins deux ans. Un juge d’instruction a été nommé et il n’a jamais rien fait. Aujourd’hui, nous demandons une vraie enquête même douze ans après, et qu’on essaie de voir ce qui s’est réellement passé et qu’on traduise en justice les assassins de Norbert Zongo.
Reporters sans frontières

Le 13 décembre 1998, le journaliste burkinabé Norbert Zongo était découvert mort, calciné, à bord d’un véhicule ainsi que les trois personnes qui l’accompagnaient. Leur véhicule se trouvait à une centaine de kilomètres au sud de Ouagadougou. Ce décès avait alors provoqué un grand émoi dans l’opinion publique et suscité des interrogations. La mort suspecte du journaliste a fait l’objet d’un procès qui s’est conclu par un non-lieu, le 19 juillet 2006. Pour le secrétaire de Reporters sans frontières, Jean-François Julliard, le président Blaise Compaoré en tête, n’a pas voulu que la lumière soit faite, car le journaliste menait un travail d’investigation, impliquant le frère du président. Douze ans après, le 13 décembre 2010, Reporters sans frontières demande la réouverture du dossier, et que les assassins de Norbert Zongo soient jugés.

Norbert Zongo était le directeur de l’hebdomadaire L’Indépendant. Il a été retrouvé mort, avec trois autres personnes, carbonisés dans leur véhicule, le 13 décembre 1998, à Sapouy (Sud). Au moment de son assassinat, le journaliste enquêtait sur la mort suspecte de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère du chef de l’Etat. Sous la pression de la rue, le président Blaise Compaoré a mis sur pied une Commission d’enquête indépendante (CEI) qui a identifié quelques mois plus tard « six principaux suspects » dans ce quadruple assassinat. En août 2000, trois militaires de la garde présidentielle, dont l’adjudant Marcel Kafando, ont été reconnus coupables d’ « avoir séquestré et torturé à mort » David Ouédraogo. En février 2001, Marcel Kafando a également été inculpé d’ « assassinat » et « incendie volontaire » par le procureur général dans le cadre du dossier Norbert Zongo. Or, malgré une inculpation aussi grave, Marcel Kafando a coulé des jours tranquilles en liberté, à son domicile de Ouagadougou. Le 19 juillet 2006, le juge d’instruction Wenceslas Ilboudo a finalement prononcé un non-lieu en faveur de « Marcel Kafando et X », sur la base de la rétractation d’un témoin à charge, huit ans après les faits. Cette décision a été confirmée en appel, fermant ainsi la procédure visant à élucider l’assassinat de Norbert Zongo. Seuls de « nouveaux éléments » pouvaient relancer l’enquête.

Le 20 octobre 2006, Reporters sans frontières avait remis au procureur du Faso la première version du rapport de la CEI, avant qu’elle ne soit édulcorée sous la pression de deux de ses membres, représentant le gouvernement. Certains passages du texte, détaillant les contradictions de François Compaoré dans sa déposition et revenant sur le rôle joué par l’homme d’affaires Oumarou Kanazoé pour tenter de faire taire Norbert Zongo, avaient été purement et simplement supprimés. Les conclusions de la CEI y étaient beaucoup plus affirmatives et circonstanciées sur le sujet, mettant plus précisément en cause les « six principaux suspects » désignés, tous membres de la garde présidentielle. En dépit de ces nouveaux éléments, les suspects n’ont jamais été inquiétés. Marcel Kafando est décédé en décembre 2009.

La mort de Norbert Zongo il y’a 12 ans avait provoqué l’émoi dans le pays
Tchadonline.com)/n


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