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Assurances : L’impératif de la responsabilité sociétale

Durant la 37ème assemblée de la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF), les assureurs ont été entretenus sur le concept novateur de la responsabilité sociétale

Les entreprises dans leurs activités, prennent des décisions, posent des actes qui impactent sur l’environnement dans sa globalité. C’est en réponse à cette prégnance sur le quotidien que le concept de responsabilité sociétale des entreprises(Rse) est né. La responsabilité sociétale, le concept qui désigne la responsabilité d’une entité (agent économique, groupe, collectivité, etc.) relativement aux conséquences sociales, sanitaires et environnementales de ses activités, notamment pour ses parties prenantes. C’est un processus permanent de progrès (de type amélioration continue, et non un état). C’est une notion notamment mise en avant par des organisations de consommateurs, des partisans du développement durable et de l’intégration de l’éthique dans l’économie. La responsabilité sociétale des organisations (entreprises, collectivités territoriales, syndicats, associations) a fait l’objet d’une norme internationale, adoptée par le vote en 2010 de 86 pays de la norme ISO 26000. Elle résulte d’un projet initié par des organisations de consommateurs en 2001, « inquiets des conditions de travail des salariés faces aux pratiques de certains grands groupes». La responsabilité sociétale repose principalement sur deux principes : vouloir assumer la responsabilité des impacts de ses activités et de ses décisions sur l’environnement et la société ; en rendre compte, en s’appuyant sur des indicateurs crédibles et transparents. Pour une entreprise, on parle ainsi de responsabilité sociétale des entreprises. La responsabilité sociétale est une approche éthique, et non morale. Elle peut faire partie des allégations environnementales citées par l’entreprise, dans son rapport sur le développement durable par exemple, mais il n’existe pas encore de référentiel consensuel permettant d’objectivement mesurer la responsabilité sociétale d’une organisation ou d’une entreprise. Les groupes de travail ont été néanmoins caractérisés par une faible présence des pays en développement et par un déséquilibre de représentation en faveur des représentants des entreprises et en défaveur des représentants des ouvriers et employés.

C’est pour combler ce déficit que Thierry Téné co-fondateur de Responsabilité sociétale entreprises (Rse Afrique), s’est engagé à vulgariser le concept au sein des entreprises et des organisations en Afrique. La dernière organisation ayant profité de cette nouvelle vision de la gouvernance, est la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines(Fanaf) lors de sa 37 ème assemblée générale récemment achevée. En effet le secteur des assurances est particulièrement indiqué, car ses activités impactent sur l’environnement social, économique, etc. De ce fait, ses responsabilités sont importantes dans un contexte où il n’a pas bonne presse. Le Premier ministre Philémon Yang à l’ouverture des travaux avait déclaré que les assureurs doivent contribuer à réduire les souffrances des victimes. Et pour enfoncer le clou de la prise de conscience des acteurs du secteur pas toujours sans reproche, le ministre délégué gabonais auprès du ministre des finances et président en exercice de la conférence des ministres de la Cima déclarait que  »les souffrances corporelles ne sauraient attendre d’être otages des lenteurs techniques et de la bureautique ». Thierry Téné dans son exposé face aux assureurs va leur rappeler de premier abord qu’ils ont un déficit d’image d’une part des assurés qui ne sont satisfait de la qualité des prestations. Il y a d’autres part les autorités, pour qui les assureurs ne sont que préoccupés par leurs recherches des bénéfices. Face à cet état, les assureurs doivent mettre leurs actions sous le prisme de la transparence et du respect de l’éthique, faire preuve de citoyenneté en implémentant l’Iso 26000, mettre en pratique le principe de l’assurance responsable.

Les assureurs autour du ministre camerounais des Finances à la fin des assises

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Selon Thierry Téné, les assureurs doivent s’engager dans des actions de développement au sein des communautés, de même dans le cadre du respect de la norme Iso 26 000, il faut mettre en place une gouvernance dans la gestion des entreprises parfois gérer par des familles, respecter les droits de l’Homme en mettant en place un environnement sain de travail. Pour Thierry Téné, offrir une assurance à un usager sans lui expliquer toutes les implications de sa souscription est un manque d’éthique, car la vérité ne lui sera opposée que le jour du sinistre. D’où le respect du principe de l’assurance responsable tant en interne qu’en externe. Il recommande aussi que les assureurs s’investissent dans les produits innovants tels les micro-assurances adaptés aux ressources des usagers, l’assurance météo et récoltes, l’investissement dans les projets structurants, etc. Dans le cadre de Rse, les assureurs selon Thierry Téné prennent un risque en assurant une entreprise qui viole les droits de l’Homme et du travail. En somme une bonne stratégie de Qualité, Sécurité, Santé et d’Hygiène est économiquement plus rentable que les pertes financières liées à la mauvaise qualité, aux accidents et arrêts de travail. Idem pour l’impact de la déclaration des salariés auprès des organismes de sécurité sociale et la productivité ou la motivation de ces derniers. Pour la gouvernance et la corruption, on suivra la même logique. La mise en place de plusieurs comptabilités parallèles peut s’avérer plus coûteuse économiquement pour l’entreprise car au final le dirigeant ne sait plus vraiment quelle est le bilan financier exact de son entreprise. Le comportement du dirigeant a des répercussions sur celui des collaborateurs. Comment demander aux salariés d’être loyaux et d’éviter tout détournement lorsque le gérant favorise la corruption ?


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